CHAPITRE II La peinture « a tempera» et les procédés connexes. Subdivisions de ordre de peintures. La sur panneau dans cet - peinture l'Egypte ancienne. - Sarcophages polychromés. - N ature de la technique Œuvres grecques. L'Ialysus de Protogène. Les peintures employée. - - - portatives à Rome. Les rapports de Pline. - Recettes du Papyrus de Leyde - et de l'Anonyme de Lucques. La vogue du tableau portatif pendant le haut - moyen âge. Les recherches alchimiques. - L'œuf, image de l'œuvre - philosophique. Transmission des formules alchimiques de l'Orient. - - Un article du Pseudo-Démocrite. - Les indications du Pseudo-Héraclius, de la Schedula Theophili et de l' Hermeneia athonite. - La peinture en détrempe dans les manuscrits de J ehan le Bègue. Les - instructions de Cennino. - Leurs analogies avec les méthodes byzantines. - Attestations de Vasari. - Analyse des procédés du Trattato. - Articles des manuscrits de Bologne et de Strasbourg. Cette catégorie de peintures se subdivise plusieurs sous­ en genres, dont chacun comprend une variété technique distincte, variété dépendante de la nature du subjectile (bois, toile, papier, cuir, etc.) ou de celle de l'agglutinatif à l'aide duquel se délayaient les matières colorantes (colle, gomme, œuf, etc.). Cependant, comme, ces diverses méthodes offrent un même caractère général, nous les grouperons sous une rubrique col­ lective et les étudierons simultanément, en accordant toutefois une attention spéciale à la peinture à l'œuf sur panneau (la tempera des quattro-centistes italiens), qui occupa une place d'honneur dans l'art médiéval jusqu'à sa dépossession par la peinture à l'huile. L'Egypte ancienne connaissait et mettait en pratique la peinture sur panneaux portatifs. Hérodote relate qu'Amasis fit présent à la ville de Cyrène d'une statue dorée de Minerve et de son propre portrait (I) (probablement peint sur bois); d'autre (1) HÉRODOTE: Euterpe, II, c. 82. Amasis (forme grécisée de Ka-Rnum-ab-Ahmès), - 'pharaon de la XXVI" dynastie (569-526 av. J.-C.). Il protégea les arts, et dota son pays de nombreux monuments. Sous son règne, le commerce de l'Egypte fut ouvert aux' Grecs. If 104- - part les sculptés égyptiens, tel un bas-relief de Béni­ monuments Hassan datant du temps des Osirtasen (1), exhibent des àrtistes indigènes' accroupis devant un panneau de bois ou de toile qu'ils couvrent de dessins ou de peintures. En sus-de ce genre d'ouvrage, dont aucun exemplaire ne subsiste, 011 pr-atiquait communément une ornementation polychrome des sarcophages de bois contenant les momies, en suivant selon toute probabilité des procédés identiques ou connexes. En effet, l'Égypte ancienne renouvelait pour le défunt .les procédés' d'embaumement dont la légende attribuait le premier usage à Horus qui, avec l'aide d'Anubis, de Thot, d'Isis et de Nephthys, recueillit et préserva les restes osiriens; enfin, le corps momifié était souvent renfermé dans unsarcophage confectionné d� bois, de toile encollée, ou de papyrus, orné de peintures représentant' diverses divinités, les voyages de l'âme dans le-royaume d'Osiris, etc. Ces peintu­ res, qui variaient en richesse et en qualité selon .le mérite per­ sonnel du mort, ou le rang jadis occupé par lui. dans la hiérar­ chie sociale, consistaient en général de dessins aux contours d' ocre brûlé, enluminés de tonalites .rouges, bleues ou vertes, s' enle­ vant sur fond jaunâtre. Les surfaces à décorer recevaient au préalable un enduit de plâtre fin mêlé de colle animale, sur lequel on peignait avec les couleurs délayées dans divers agglutinatifs : les expérien­ ces de M. Laurie ont établi l'usage de la colle (2); Perrot, Prisse d'Avennes et Mérimée (3) opinent pour l'emploi de la gomme adragante, Berger pour celui de l'œuf (4). Un texted'un papyrus de Boulacq, cité par Berger, certifie que « la figure du dieu Chern doit être peinte sur la toile avec la couleur verte (xenti) mêlée à du miel » (5). (I) Reproduit par WILKINSON: The ancient Egyptians; ch. IX, p. 277 (Ed. abr.), (2) A. P. bA.URIE : Materials of the Painters Craft, etc. Ch. II. Pigments and vehi- - - cles in Egypt, p. 28. (3)' Cf. BERGER: Beitrâge. Vol. l, p. II. (4) Berger, ibid. « Zur Herstellung des Grundes ist wahl der tierische Leim als besonders geeignet seit den âltesten Zeiten in Anwendung gebracht worden Als Anreí­ ..... bemittel für Farben hat sich durch einschlagige Versuche die Ei-tempera als das zweckmâs- � sigste erwiesen. » (5) -Le miel mêlé au pourpre est mentionne par Plutarque (Vie d'Alexandre) et Vitruve (L. JI, c. 13). Cf. Berger: Beitrâge, Vol. II, page 12; Nous donnons ici le résultat - des expériences du Prof. Laurie: « Before being painted on, the surface -(du sarcophage) was covered with a thin coat of gesso, consisting of chalk mixed with glue. In the case of one fragment I have examined, special means were adopted to attach the- gesso firmly to the wood below. This matter to which, shall find later, much was a as we importance was at- .. TOS Cette méthode se justifie par les conditions climatériques Iocales, qui atténuaient les inéonvénients résultant de l'emploi d'une matière essentiellement hygroscopique. Les analyses, effectuées Qar le chimiste John, des peintures ornant les sarco­ phages de la collection Minutoli indiquèrent l'usage de couleurs détrempées à l'eau de colle, sur un substratum de toile, de réseaux de fils de parchemin, de craie, le tout agglutiné à la colle (1). L' ouvrage achevé recevait souvent, après siccité, une couche de vernis résineuxta). De légères variations de technique se remarquent d'ailleurs d'époque en époque durant la longue succession des dynasties égyptiennes (3). La peinture sur panneaux de bois portatifs fut pratiquée de bonne heure en Grèce; Protogène, Zeuxis, Timanthe, etc., exécutèrent de nombreuses de cegenre la Apelle, œuvres ; mode probablement favorisée par l'adoption, du temps en fut de Panainos, des expositions de tableaux, dont les premières furent ouvertes à Delphes et à Corinthe, à l'occasion des jeux Pythiques et Isthmiques (4). Pline relate également qu' Apelle de Cos, après achèvement d'un tableau, avait coutume de l'exhiber sur un tréteau à la vue des passants (5), fait qui 'présuppose une . tached by the Italian painters of the fifteenth century. In order, then, to attach the gesso, the surface of the wood had been torn or scraped up, and then laid over with. a mixture of sand which the fibres of the wood still attached mixed, and on this bed of and-glue through were sand the fine gesso was spread. The other fragment I examined, of about the XIXth dynasty, may be described more fuJIy. Over the wood white gesso, and this had been painted with black and with was laid a an apparently stencilled pattern of yellow ochre. Over the whole of this had been laid a reddish-coloured varnish, which was in in excellent condition. On treating with alco­ places hol the varnish at once dissolved, leaving the painting underneath unaffected ..... On boiling disin­ the painted surface and gesso with water after removal ofthe varnish, it was completely tegrated, so that there was no indication of a medium like oil or wax, insoluble in water; and in down the water solution after filtration, a residue of translucent brown evaporating plates was left. The brown plates were of animal and while not giving all the reac­ origin, tions of glue, are apparently glue which had become slightly modified by time. Whether any other medium besides glue had been' used to lay the pigment on the gesso surface if would beimpossible to say. The gesso itself was certainly composed of chalk and glue. » Laurie: Materials of the Painters Craft, etc., p. 26-28. . (I) v. zum Tempel desjupiter Ammon und nach Oberligypten, nebst MINUTOLI: Reise . ehem. Analysen V. Prof. John. (Berlin, 1827), p. 336. (2) Voy. cr-dessus (note) le passage extrait de l'ouvrage de Laurie. Ce vernis se voit encore sur nombre de peintures de l'époque. (3) C'est ainsi, par exemple, que, selon le Prof. Laurie, l'emploi du vernís fut limité à une période comprenant les XIX. et XX· dynasties. Berger consacre une intéressante étude aux variations de technique qui caractérisent �es différentes époques. (4) PLINE: Hist. Nat. L. XXXV, c. 35. Panainos y disputa notamment le prix avec Timagoras de Corinthe, qui demeura vainqueur. (5) PLINE: Hist. Nat. L. XXXV, C. 36. ... 106 - peinte sur toile ou panneau. Citons toutefois M. Paul œuvre ' Girard (1) : Il ne paraît pas que les Grecs de l époque clas­ « sique aient peint sur toile, du moins sur toile libre. Les décors d' Agatharque et de ses successeurs étaient, selon toute vraisem­ blance, sur panneaux de bois. Pline a l'air de citer comme une exception un portrait de Néron, sur toile, qui était plus grand que nature (2). Les quelques textes que nous possédons relative­ ment à de pareilles peintures appartiennent à la plus basse grécité. Deux toiles peintes, de provenance égyptienne, qui sont au Louvre, datent également d'un temps fort rapproché de nous. Ce que nous savons, c'est qu'on connaissait en Grèce l'usage du chevalet (ôxplblXc;, x¡ÀÀlbac;). C'est sur un chevalet que semble posé, dans l'atelier de Protogène, le tableau sur lequel Apelle trace ses lignes de plus en plus ténues (3). Une caricature de Pom­ péi, qui représente un peintre faisant un tableau (4), prouve qu'à l'époque hellénistique, sinon antérieurement, le chevalet avait exactement la même forme qu'aujourd'hui. » Quant à la nature de la technique pratiquée par les ima­ « giers de l'antiquité grecque, les textes paraissent indiquer la » détrempe sous quelqu'une de ses formes. C'est ainsi que Pline relate, à l'endroit du Ialysus de Protogène, transporté à Rome et conservé dans le temple de la Paix, que l'artiste, désespérant de rendre un effet d'écume, lança de dépit son éponge chargée de couleurs sur son tableau, et obtint ainsi.du hasard le résultat qu'il cherchait (5). U ne anecdote similaire était rapportée (I) P. GIRARD: La Peinture Antique; ch. III, § 8, p. 260-26I. (2) Il s'agit du colossal portrait de Néron, haut de 120 pieds, exécuté par ordre de cet empereur, et placé dans les jardins de Maius, où il ne tarda pas à étre anéanti par la foudre. Cf. PLINE; Hist. Nat. L. XXXV, c. 33. Rappelons ici que suivant le méme. auteur (L. XXXV, 36), ce fut grâce à l'autorité du peintre Pamphile, maître d'Apelle, que d'abord à Sicyone, puis dans toute la Grèce, on apprenait avant toute chose aux enfants à peindre sur buis. Ailleurs, Pline félicite les anciens de n'avoir point favorisé les peintures qui, fixées à demeure sur les murailles, ne pouvaient être sauvées en cas d'incendie. PLINE: Hist. Nat. L. XXXV, 37, (3) PLINE: Hist. Nat. L. XXXV, c. 36. (4) Reproduite par MAZOIS : Maison de Scaurus, p. 118, pl. 7. (5) PLINE: Hist. Nat. L. XXXV, c. 36. Au dire du même historien, le roi - Démétrius, craignant de détruire l'Ialysus de Protogène, renonça à s'emparer de Rhodes qu'il assiégait. Pline rapporte un curieux détail technique de l'exécution de ce tableau; selon lui, Protogène, pour défendre la peinture des dégradations et de la vétusté, y aurait mis quatre fois la couleur, afin qu'une couche tombant, l'autre lui succédât. Cf. Pline, ibid. - Comp. un passage d'une lettre d'Albert Dürer à Jakob Heller de Francfort, écrite à Nuremberg am Sonntag nach Bartlmaei » Sie ist mit « (26 août) 1509: « (le tableau) guter Ultramarin unter-uber-und ausgemalt, etwa 5 oder 6 mal., Und da sie schon ausgemacht 1°7- - du peintre Néalcès (1). Plutarque, dans son Amatorius, semble distinguer entre la peinture ordinaire, à l'eau, et l'encaustique, dont les produits étaient plus durables. , Les données se précisent quelque peu en abordant la pein­ ture romaine, héritière des procédés grecs. A Rome comme en Grèce, les peintures portatives, sur panneaux de petit ou moyen format, étaient exécutées en grand nombre. Sous la république, on avait vu Valerius Messala et L. Scipion, frère de Scipion l'Africain, exposer, l'un à la curie Hostilie, l'autre au Capitole, des tableaux représentant des victoires remportées par eux (2) ; l'usage devint courant d'en exhiber au public dans le Forum, sous les Vieilles-Boutiques (3), ou encore d'en orner les temples. Les petits sujets de genre jouissaient d'une faveur spéciale; Pline cite à ce propos les ouvrages de Piraëicus le Rhyparographe, de Calliclès, de Calatès (4), etc. Grâce à différents passages disséminés dans les écrits du même auteur, il est possible de reconstituer approximativement la méthode employée dans la facture de ces tableaux. Dans la plupart des cas, le procédé semble avoir été celui de la peinture à la cire; ainsi furent produites, entre autres, certaines œuvres de la célèbre Lala de Cyzique, qui travaillait à Rome du temps de Varron probable toutefois qu'un nombre considé­ (5): il est rable de ces peintures de format exigu dut être exécuté à la détrempe. Pline nomme en effet plusieurs substances employées dans ce but: il nous apprend que la sarcocolle (gomme extraite de la Penoea Sarcocolla L.) était utilisée par les peintres (6) ; autre part, il avertit que le noir (atramentum) se mêlait à la war, hab ich sie dornach noch zwiefach ubermalt, uf dass si lange Zeut wahre, Ieh weiss, da Ihr sie sauber haltt, dass sie 500 J ahr sauber und frisch sein wird ». (Albrecht Dürers schriftlicher Nachlass, herausgegeben von E. Heidrich. Berlin, Ig08, p. 168). - (1) PLINE: Hist. Nat. L. XXXV, c. 36. (2) PLINE: Hist. Nat. L. XXXV,7. c.On y lit aussi que Lucius Hostilius - Mancinus, qui le premier était entré à Carthage lors de l'assaut, offensa Scipion Emilien en exposant sur la place publique un tableau représentant cette ville et le plan de J'attaque; il se tenait auprès, ajoute Pline, pour en expliquer le détail au peuple, complaisance qui lui valut le consulat à J'élection suivante. (3) PLINE: Hist. Nat. L. XXXV, c. 8. Cf. aussi PÉTRONE: Satyricon, ch. 83. - (4) Pline, ibld., e 37. L'ancien préteur - Titidius Labeo avait déjà peint de son temps des petits tableaux dont il tirait vanité; « cela », écrit notre compilateur, « était lm objet de moquerie et de risée » (Pline; ibid., c. 8). (5) Pline; ibid, c. 40. (6) PLINE: Hist. Nat. L. XIII, c. 67. « (Cummis) fit e sarcolla- ita vacatur arbor et cummis - utilissima pictoribus ac medicis, .. )J - 108- gomme pour écrire, mais à la peinture (1) colle pour la (murale), et qu'en général la colle de Rhodes était celle que pré­ féraient les artistes (2). ,De jnême l'emploi de l'œuf est claire­ ment indiqué dans un passage du trente-cinquième livre de l'Histoire Naturelle, relatif aux combinaisons du purpurissum avec d'autres couleurs (�). Il est toutefois incertain s'il s'agit du jaune (luteum) ou du blancd'œuf (candidum) ; selon Pline, ce dernier servait parfois aux opérations de Ja dorure, (4). Le Papyrus X de Leyde, dont la composition est probable- ' ment due à quelque artisan alchimiste de Thèbes, vivant vers la fin du troisième ou le début du quatrième siècle (5), reprend la suite de 'ces traditions techniques. Le paragraphe 74, consa­ cré à la fabrication d'une teinture ou d'une encre d'or simulée, contient les instructions suivantes: Chélidoine, partie; résine 1 « pure, 1 partie; arsenic couleur d'or, I partie, de celui qui est . fragile; gomme pure; bile de tortue, 1 partie; partie liquide des œufs, 5 parties; prenez de toutes ces matières sèches le poids de 20 statères; puis jetez-y 4 statères de safrande Cilicie. On em-' ploie non seulement sur papier ou parchemin, mais aussi sur marbre bien poli; ou bien si vous voulez faire un beau dessin sur quelque autr-e objet et lui donner l'apparence de l'or». En écartant, dans cette formule, les matières colorantes, on trouve comme agglutinants la gomme et l'œuf. La bile mentionnée au cours de la remplissait" probablement le double rôle de recette délayant d'agent tinctorial. Son emploi semble également et dériver d'un usage' antique; Pline rapporte déjà que du fiel de taureau on tiraitune couleur d'or La 63 du Papyrus, (6). recette affectée à la chrysographie, contient des indications plus pré­ cises : « Fleur du cnécos (7), gomme blanche, blanc d'œuf (I) PLINE: L. xxxv, c. 43. « Omne autem atramentum sale perficitur, librarium cumme, tectorium glutino admixto, quod aceta liquefactum est, ' aegre eluitur. » Ce passage coïncide avec Vitruve, LVII, c. ro, (2) PLINE: L. XXVIII, C. 71 : « Glutinum praestantissimum fit ex auribus taurorum etgenitalibus Rhodiacum fidelissimum eoque pictores et medid utuntur », ..... (3) PLINE: L, XXXV, c. 26. « Pingentes sandyce sublita, max ex ovo inducentes pur­ purissum, fulgorem minií faciunt ; si purpuram facere malunt, caeruleum sublinunt, max purpurissum ex ovo inducunt. » (4) PLINE: L. XXXIII, c. 20. « Marmori et iis quae candefieri non possunt, avi can­ dido iIlinitur », etc. Voy. aussi L. XXXIII, C. 32, fin. (S) yay. plus haut. Ire part., ch. I - 'oJ _ (61 PLINE: HistvNàt. L. XI, 75.'« Taurorum felle au reus ducitur color. » Parlant c. du fiel du veau marin, Pline le déclare « renommé pour plusieurs usages", qu'il ne spécifie d'ailleurs pas. (7) Plante analogue au carthame (Note de Berthelot). -¡.. .. . , _4_ - 10g- . - mélangés dans une coquille, incorporez et avec de Ia bile de tortue, à l'estime, -comme on fait pour les couleurs; faites em­ ploi. très amère-sert aussi pour la couleur ». Les La bile de veau substances .agglutinantes sont similaires à celles .de l'article précédent; c'était évidemment là procédé d'usage courant. un La mention de gomme associée poudre d'or ou à une tein­ à la ture dorée revient plusieurs fois dans le cours du traité (1). Cinq cents ans après la rédaction du papyrus thébain, un moine- byzantin, demeuré anonyme, consignait dans le recueil de pratiques industrielles actuellement connu sous le nom de _manuscrit de Lucques la formule suivante. : « Chélidoine, 3 drachmes; résine fraîche et très claire, 3 drachmes; gomme couleur d'or, 3 drachmes; orpiment brillant, 3 drachmes: bile de tortue, 3 drachmes; -blanc d'œuf, 5 drachmes. Le tout fait 20 drachmes. Ajoutez 7 drachmes de safran de Cilicie. On écrit ainsi non seulement sur du parchemin, mais aussi sur un vase de verre ou de marbre» (2). La transmission des traditions techniques s'atteste ici à travers une longue série de siècles, marquée par la ruine de l' Empire et l'organisation d'une société nouvelle. Cette recette,« » écrit M. Berthelot (3),- « se trouve littéralement, sauf de très légères variantes, dans le Papyrus de Leyde. Le safran et la bile de tortue sont aussi mentionnés dans .le numéro 36 du papyrus de. Leyde. Comme le gapyrus de Leyde a été trouvé à Thèbes, et extrait probablement d'une momie au commencement siècle, on a ici la preuve du XlX" certaine qu'il existait, au temps de l'empire remain, des recettes techniques très répandues, qui se sont transmises dans 1es manu­ scrits, depuis l'Egypte jusqu'à l'italie; une partie de celles des Compositiones tire de là son origine». Au douzième-siècle encore nous -trouvons cette recette- incluse dans la collection de la Mappœ Clavicula (4), en compagnie d'autres formules offrant une très sensible parenté avec celles du papyrus de Leyde (5). Les textes relatifs à peinture sur panneau demeurent la rares durant la premiè-re moitié' de l'époque médiévale. On sait (I) Papyrus de Leyde, § 34, So, 53, 58, 72, 75, etc, (dans ce. dernier paragraphe la nature de la gomme est indiquée. C'est de l'adragante). (�) ANONYME DE LUCQUES: § 67. Scríptio similis auri. (3) BERTHELOT: La chimie au moyen âgé. Vol. I, ch. I, p. 17. _ (4) Mappre Clavicula; ch. 43, éd. Way; _ (S) Ainsi entre autres leparagraphe 45 (« 3 jaunes d'œuf et un branc; gommey a 'P.; safran, I-p, », etc.), Comparer avec le § 58 du.Papyrus de Leyde. De même le § sí (Ecriture - f en lettres d'argent) coïncide avec l'article '79-du Papyrus. Etc. t- néanmoins par le témoignage de Bède le Vénérable que des tableaux portatifs se vendaient à Rome, sous Jean V, vers l'an 686; et que Benedict Biscop, abbé de Wearemouth, s'étant rendu dans cette ville pendant le pontificat d'Agathon, yacquit nombre de peintures qu'il rapporta en Angleterre (1). A Nicée, on plaçait dans la cathédrale les portraits des trois cent dix-huit évêquesqui s'étaient rendus au concile de 787, œuvres ana­ logues peut-être aux icones du sixième siècle rapportées du Sinaï par l'évêque Porphyre Ouspenski, et se trouvant actuelle­ ment au musée de Kiew (2). Si l'emploi de l'encaustique se maintint en Orient durant le haut moyen âge, fait qu'attestent de nombreux textes contemporains, entre autres une lettre de Boèce à Symmaque (3), et divers passages de Procope, de saint Chrysostome, de saint Jean Damascène, d'Anastasius Sinaïta (4), etc., l'Occident, de son côté, semble avoir fréquemment usé de la peinture en détrempe. L'anonyme de Lucques, rédigé selon toute apparence par un Grec, ne mentionne que la pein­ ture à la cire sur tandis la panneau, que Mappae Clavicula, compilée par un artisan d'Occident, tout en reproduisant le pas­ sage des Compositiones, ajoute le détail supplémentaire: sus­ « cepit lignum simplicem cum unctione collon commixtum (5) », La Clavicula renferme en surcroît des recettes de chrysogra­ phie similaires à celles de l'Anonyme de Lucques ou du Papy­ rus de Leyde, où reparaît l'usage de l'œuf et de la gomme (6). N ous constaterons d'ailleurs, à l'article de la miniature, l'impor­ tance attribuée à la peinture à l'œuf par un ouvrage composé vers l'année 1100, l'Anonymus Bernensis. (I) Vener. Bed. Hist. abbat. Wiremut. L. I. - La peinture sur toile est mentionnée par Tertullien (Apolog., c. XVI), S. Astérius (Paneg. S. Euphrem.), Boëce (Dé arithmet. praef.), etc. Cf. Eméric-David : Hist, de la peint., p. 102, note 2. (2) EMÉRIC-DAVID: op. cit., p. 70. - Sur les icones de Kiew, voy. Diehl: Manuel d'art byzantin, p. 212. (3) BOETHIUS: De institutione arithmetica. Praef. (4) Cf. entre autres BERGER: Beitrâge, vol II, p. Ig. (5) Voici les deux textes comparés: MS. de Lucques § 72. Mappœ Clavicula CXCII. « Ita memoramus omnium operationes, « Ita memoriamus omnium operationes qure in parietibus simplice, in ligno cere qui in parietibus simplicem, in ligno cere commixtis colloribus in pellibus ictiocollon commixtum, suscepit lignum simplicein cum unctione collon commixtum. In pan­ commixtum. » num vero cere commixtis coloribus in pellibus unctiocollon commixtum. » Saint Isidore de Séville parle également depeinture à la colle; il s'agit, il est vrai, de peinture murale. Voy; Orig. lib. XIX, c. 17. - Comp. Vitruve: L. VII, c. io. (6) Mappœ Clavicula, § 33, 34, 38, 40, 43, 45, etc. - III Pendant que se perpétuaient ainsi en Occident, dans les ateliers monastiques, les méthodes techniques de l'antiquité, la science de la peinture, en Orient, bénéficiait indirectement des travaux subtils et obscurs des alchimistes grecs, syriens et arabes. Des recettes relatives à la chrysographie, la peinture et la teinturerie, ou à la fabrication du cinabre, du vert de cuivre, de la céruse, etc., se relèvent fréquemment au cours desrecueils hermétiques; en outre, l'emploi courant, dans les diverses opéra­ tions alchimiques, des substances organiques utilisées par les peintres dut résulter en une connaissance approfondie de leurs propriétés et de leurs possibilités latentes. En effet, nous voyons constamment reparaître, dans les formules de ces vieux recueils, la mention de la gomme et de l'œuf; dans la Pratique de Justi­ nien (1), la Chrysopée du moine Cosmas (2), celle de Nicéphore Blemmidès (3), etc. Les propriétés et la composition chimique de l'œuf, notamment, devinrent l'objet d'études spéciales dont pou­ vaient parfois résulter des trouvailles intéressantes pour la technique de l'art; c'est ainsi que le Liber Sacerdotum, traduit de l'arabe et se rattachant à la vieille tradition égyptienne du cc Livre tiré du sanctuaire des temples (4), fournitune curieuse » recette sur l'extraction de l'huile d'œufs (5), utilisable en pein­ ture, et dont l'adoption a été préconisée de nos jours (6). Nombre de ces formules, il est vrai, présentent un caractère purement symbolique; l'œuf représentait en effet, dans la pensée des I alchimistes, l'image de la création du monde et de l'œuvre phi-· I losophique. Ainsi le Livre des Huit Tombeaux fait allusion à ·1 l'œuf du monde, créé par Phtah (7) ; ailleurs, dans le Traité sur l'œuf philosophique, une signification emblématique est attri­ buée à toutes ses parties (8) ; les mêmes idées, du reste, avaient (I) Pratique de l'Empereur Justinien; § 2. Berthelot: Coll. - des anc. alch. grecs. Vol. III; Traités techniques, p. 368. (2) Explication de la science de la Chrysopée par le saint moine Cosmas. - Berthelot, op. cit., p. 416. (3) Nicéphore Blemmidès: Chrysopée. - Berthelot, ibid., p. 423. (4) BERTHELOT: Coll. des alch. grecs. Vol. III. Trad., p. 334, note. (5) Liber Sacerdotum, § 183. Ad faciendum oleum ovorum. Comparer: Doctrine - de Démocrite le Philosophe. L. VI, § 39 (Berthelot: La chimie au moyen âge; vol. II, p. 68). Cf. aussi Liber Sacerdotum, § 199. Qualiter fiat aqua de ovis. (6) (7) Vibert : La Science de la Peinture, p. 245-246 (Paris, 1901). Les Huit Tombeaux. Sur l'art divin et sacré des alch. grecs. Vol. III, p. 302. philosophes. Berthelot: cen. des r (8) Sur l'Œuf Philosophique. Berthelot; op. cit., vol. I, p. 18. Trad. - L'énumération I de ces parties symboliques semblerait constituer, selon Berthelot, la première forme des lexiques alchimiques. Voir aussi l'écrit suivant, la Nomenclature de l'Œuf (Ibíd., p. 21, trad.) • . - II2- cours Occident-; Roger Bacon, dans son ouvrage inti­ en tulé De Secretis operibus artis et naturae (Bibl. Chern. de Manget, t. I, p. 622), attribue à Aristote les paroles sui­ . vantes : O Alexandre, je veux te raconter le plus grand « des secrets... Prends cette pierre qui n'est pas une pierre; présente en tout temps, en tout lieu On rappelle l'œuf phi­ ... losophique (1). » y n exemple de la transmission des procédés alchimiques de l'Orient aux ateliers de peinture occidentaux est offert par un texte du Pseudo-Démocrite. Ce .dernier traité est compris dans la collection des écrits alchimiques syriaques, dus apparem­ ment aux travaux de traduction et de compilation de la science de la .. antique auxquels se- livrèrent, après la conquête arabe Perse et de la Syrie, les savants syriens qui traváillaient sous la Pseudo­ protection et le patronage des califes abbassides. Le Doctrine de Démocrite, comme l'intitule l'alchi­ Démocrite, ou miste syrien, est une « composition faite à l'époque où les Byzan­ tins réduisirent en forme d' extraits et de résumés .systématiques de ainsi le voit dans les ouvrages qu'on les auteurs l'antiquité; de Photius, de Suidas, dans les collections de Constantin Por­ Le cinquièmelivre traite de la compo­ phyro-genète, etc. » (2). sition. de l'élixir philosophique au' moyen œufs, lesquels des représentent ici. « une notion demi-réelle, demi-symbolique et mystique, qui joue un grand rôle chez les alchimistes grecs, sur­ tout chez le Chrétien et l'Anonyjne (3kAu chapitre IV, qui » détaille la iabrication d'un vernis pour dorer du cuivre ou une « livre des neuf idoles», on lit: Prends le jaune des.œufs « ..... nettoie de cette manière : place le jaune dans la paume de la main gauche et nettoie-le avec un petit couteau ou avec une incline un 'peu ta éponge; pique avec une aiguille à sac; main et fais écouler .tout le jaune. Ce qui s'écoulera, recueille-le dans un mortier (4) Ce procédé se trouve nettement repro­ ... » Quit au troisième livre d'Héraclius, à propos de' peinture à l'œuf, « Vitellus hoc modo paratur. Sume vitellum in media manu, etspunge vel spina vel stila, et digito superposito, expn- (1) BERTHELOT: Coll. des alch. grecs. VòL I, p. 19. Trad., note r. La chimie au moyen âge; Vol. II, Introd., p. VIII. (2) BERTHELOT _: formules l'association d'éléments positifs et (3) Ibid., p. X. On- r-ªmarque dans ces irréels signalée au dêbut de cet ouvrage. de Démocrite le Philosophe: L. V, ch. 4. Elixir d'œufs, - Bèrthelot: (4) Doctrine La chimieau moyen âge; Vol. IL, p. 43-44' Trad. - II3 me, et in vase recipe (1). Le cas présente un curieux exemple ... » des affinités qui reliaient parfois les formulaires semi-mystiques prosaïques recueils de de l'alchimie orientale aux . d'at;lier l'Occident. Les anciennes méthodes de peinture se continuent chez la Héraclius, renforcées par quelques pratiques nouvelles. Toutes se trouvent énumérées à l'article XXVIII du troisième livre, intitulé: De pratica generali in mouen do omnes colores. « Seien­ dum quod omnes colores .cum aqua clara moli pos­ autem est sunt, si postea exsiccari permittantur, ut postea glarea, vel '. oleum, vel aqua gummata, aut a�cetum, seu vinurñ, necnon cer­ vesia, quomodo misceantur aut temperentur. La méthode 1>. suivie pour préparer le blanc d'œuf, ad colores ex ea tempe­ " randos (2), est décrite au paragraphe XXXI. -On rendait les " panneaux de bois aptes à recevoir la peinture soit au moyen d'un enduit de céruse broyé à l'huile de lin, soit en les recouvrànt de cuir ou de parchemin (3); pour la toile, un simple encollage suffisait (4). Aucune mention n'est faite de la peinture à la cire; il est probable que son emploi avait été à peu près abandonné dans l'intervalle de temps qui sépare le manuscrit de Lucques du dernier des livres héracliens. Les renseignements fournis par la Schedula Theophili con­ stituent la continuation et le prolongement de ceux des Libri Eraclii, de la Clavicula et de l'Anonyme de Lucques. Comme Héraclius, le moine Théophile prépare ses panneaux de bois en les tendant de cuir ou même, au besoin, de toile. Ind-e co ope­ « riantur (les panneaux) corio crudo equi, sive asini, sive bovis, quod aqua madefactum, mox ut pili erasi fuerint, aqua aliquan­ tum extorqueatur, et ita humid urn casei superpona­ cum glutine tur» (5). La colle de caséine mentionnée ici se retrouve chez l'Anonyme de Lucques et la Mappae Clavicula(6); Théophile (I) Héraclius; L. III, § 32. Quomodo vitellum oví paratur. (z) De modo parandi glaream ovorum ad colores ex ea temperandos. Héraclius; - ' L. III, § 3I. (3) HERACLIUS: L. II I, § 24' Quomodo aptetur lignum antequam pingatur. - L'en­ - duit à l'huile constitue uneexception dont la pratique ne se propagea guère: au XIVe­ xVe siècle, Cennino enduisait encore ses panneaux de plâtre délayé à la colle. (4) Héraclius; L. III, § 26. Si vis pingere lini pannum, et aurum in ipso ponere, sic praepara, - On y peignait « cum coloribus cola vel ovo vel gummi distemperatis ». Ibid. Schedula : L. I, c. 17. De tabulis altarium et ostiorum, et de glutine easei. (5) (6) Anonymus LUCKNSIS: De petre gluten. - Mapp. Clavic, § CXXIII. Gluten de ligno vel osse. eh recommande l'emploi pour assembler les planches d'un pan: . neau destiné à la peinture (1). Sur le panneau revêtu de peau ou de. toile s'étendait un enduit de fin - plâtre délayé à la colle de peau. cc Posthaec talle gypsum more calcis combustum, sive cretam, qua pelles deal- bantur, et terediligenter super lapidem cum aqua: deinde mitte . in vas testeum, et infundens gluten corii, pone super carbones, ut gluten liquefiat, sicque línies cum pincello super ipsum corium tenuissime ; ac deinde, cum siccum fuerit, aliquantulum linies spissius; et si 'opus fuerit, linies tertio. Cumque omnino siccum fuerit, deinde radendo cum ferro adœqua, postea toIle herbam, quœ vacatur asperella_ (2) et ex ea fricabis ipsam dealbaturam, ... donee omnino plana et lucida fiat (3): Les couleurs se broyaient » à ta gomme (de cerisier ou de prunier) ou -au blanc d'œuf. « : Sume gummi, quod exit de arbore ceraso sive pruno, et .. concidens illud minutissime vel minutatim pone in vas fictile, et aquam abundanter infunde, et pone ad solem, sive super car­ bones lenti ignis in hieme, donee gumrni liquefiat, et ligna rotundo diligenter commisce. Deinde cola per pannum, et inde tere colores et impone. Omnes colores et mixturtê eorum hoc gummi teri et poni possunt, prœter minium et cerosam et carmin, qui-cum çlaro avi terendi et ponendi sunt» (4). Sur ie travail achevé on passait un vernis à l'huile où on avait dissous une résine, gummi fornis (5). Les délay'ants indiqués par Hera- « » � clius reparaissent donc chez le moine Théophile (6). Un rappro­ chement intéressant peut également s'effectuer entre la Schedula et le passage suivant de l'Hermeneia athonite : Lorsque YOUS « voulez enduire les tableaux avec du-plâtre faites cuire des ... peaux pour faire de la colle neuve Prenez la quantité néces­ ... saire pour les tableaux que vous avez à préparer, et ajoutez-y un peu d'eau pour la rendre moins épaisse Passez une couche de ... collè sur les tableaux il faut qu'elle soit absorbée par la ... planche... Lors donc que 'les tableaux seront secs, mêlez du-- '" (1) SCHEDUI.A-: L. I, c. 17. - Voir aussi Cennino: Trattato, C.-lI2. _ (2) C'est la prêle. Cf. aussi Héraclius; L. III, c. 24' (3) SCHEDULA : L. I, c. 19. - De albatura gypsi- super corium et lignum. (4) Ibid; e, 27. - De coloribus oleo et gummi terendis. L'ichtyocolle, dontPline - (VI r, 57) attribuait-l'invention à pédale, et dont l'usage-dans-la peinture est mentionné par J'Anonyme de Lucques et la Clavicula, est. citée par Théophile sóus le nom de « huso )) co' XXX), et employée par lui comme délayant dans la « peinture d'or», (5) SCHEDUÚ : L. I, C. 21. - Dé glutine vernition. (6) Cf. HÉRACLluS ;_L 111, § 26, 28. Voy text�s précités. .. .. plâtre avec de la bonne colle, en quantité suffisante pour d0Í11�ër trois ou quatre couches ... Passez ainsi deux ou trois couches; à Ja quatrième, vous du péséri (1). et une petite quantité ajouterez de savon, que repasserez plusieurs fois, et l'opération sera vous finie »- (2). A part l'adjonction finale de péséri et de savon, des­ tinée à rendre l'enduit plus élastique, le procédé s'assimile à celui du moine de Helmershausen. Ailleurs, nous apprenons que l'on peignait sur bois à la colle ou à l'œuf (3); œ dernier était aussi employé SUI' toile (4). L'usage du vernis est également cité dans le manuel grec (5). A partir du treizième siècle, les textes relatifs à ce- genre de peintures se multiplient dans les traités occidentaux. Pierre de S. Audomar, qui paraît avoir vécu à cette époque parmi les reli­ gieux retirés à l'antique abbaye mérovingienne de Saint-Bertin, laissé a sur cette branche de l'art quelques indications comprises dans ouvrage intitulé ( De Coloribus faciendis », destiné son principalernent, il est vrai, à l'usage d-es enlumineurs, et renfer­ mant des emprunts faits à la Mappœ Clavicula, au livre premier de la Schedula, à Héraclius, L'usage de peindre à l'œuf sur etc. panneaux de bois (6) ou sur mur (7)_s'y trouve cité à plusieurs reprises. Le traité de Jacques- Coene, copié en 13g8 par Alche- (I) Huile de lin cuite. _ (2) Herm., ch. 6. « Comment il faut enduire de plâtre les tableaux. de » (Traduction Didron.) (3) Herm., ch. 15. « Comment il faut dorer une clôture qui est en place. Sous les - sculptures, vous mettrez de la couleur de la colle de peau ou avec de l'œuf, etc. ), - avec (4) Herm., ch. 27. « Comment il faut travailler sur toile avec de l'œuf,_etc. » (5� Herm., ch. 27. La composition des vernis est donnée dans les chap. 29-35. Sur la question de savoir ce que le moine Denys entendait par la peinture à l'œuf, citons Berger (Beitrage, II, p. 76) : « An allen jenen Stellen, wo im MS. einfaçh ""'làv geschrieben steht, wahrscheinlich das ganze Ei verstanden ist. Darnach ist in § I zum Pausenabnehmen, § 15, urn zwischen vergoldete Holzsculptur mit Farben zu malen, § 27, um auf Tuch zu malen und § 50, zur Grundierung in moskowitischer Manier Eibindemittel, aber kaum Eiweiss ailein zu » Il ajoute néanmoins plus loin: « Eigentümlich bleibt-es immerhin, verstehen ... dass als solchès im ganzen MS. nicht Eigelb (xop.ós) genannt ist Auf diesen bemerkens­ .... werten Umstand sei deshalb hingewiesen, weil die als « griechisch » bezeichnete Manier des Theoph. Eigelb für Tafelmalerei nicht kennt, sondera Eiweissund hinzu gefügt, dass im Strassburger MS. gleichfalls unter «griechischen Sitten» Maler�i mit Eiweiss, Gummi oder Oel verstanden wird. Die Uebereinstimmung der frühgotischen Art des Nordens mit der des Athos tritt dadurch noch mehr hervor ». .... (61 PIERRE DE SAINT·A�OMAR L-iber de coloribus faciendis, § 158. « : It�m de tiendo viridi aliter quam erís. - ... Hoc'distemperatur primum cum aqua, deinde cum ovo ad lignum vel --§ Item de viridi faciendo. primum cum murum » 159, « ... - Hoc distemperatur ... aqua post cum ovo ad lignum vel murum », (7) Op. cit., § 168 : « Quomodo preparetur et purgetur azurium. Hune colorem - cum aqua et cum ovo in materia ponet. » --§"I72. «. De nigro colore, etc. .. Carbones - cum ovo distêmperatos i assumes, iñ materiis similiter, vel cum aqua, vel cum ovo » rius à la dictée du célèbre - II6- peintre flamand et inséré dans la collection des écrits de Jehan le Bègue, renferme des instructions 1 ,j J plus détaillées. Au chapitre I (§ 291 des mss. de Le Bègue) s'in­ I� scritunedescription minutieuse de la dorure sur parchemin, toile II! et panneaux de bois revêtus d'un- enduit (in ligneis tabulis deal­ batis), suivi- d'instructions concernant la fabrication des couleurs et leur délaiement au blanc d'œuf ou à la gomme (I). L'usage de la gomme seule est mentionnée dans les recettes fournies à Alcherius par le peintre-enlumineur Antoine de Compiègne, et qui visent non seulement l'enluminure, mais encore la peinture « in tabulis ligneis, creta alba dealbatis» (2). C'est la continua- tion de la méthode préconisée par la Schedula (3). , L'exposé le plus complet des pratiques de cet art est toute­ fois à trouver dans le Trattato de Cennino Cennini. La peinture l'œufsurpanneau, ou tempera, commela nommaient lespeintres à italiens quattro-centistes, occupe une place prépondérante dans l'ouvrage de Cennino, qui se trouve ainsi relié plus directement aux procédés byzantins que les recueils techniques septentrionaux, dont la filiation plus complexe remontait en partie aux enseigne­ ments des Grecs, en partie aux traditions antiques ou encore à d'anciennes pratiques locales. D'après le témoignage de Vasari,en effet, ce genre de peinture, que Cennino considérait comme plus 1 essentiel que la fresque même (4), était celle qui caractérisait la manière byzantine (5). Il écrit notamment dans l'Introduction aux arts du dessin, à l'article consacré à la peinture: Avant « Cimabué, et depuis cette époque, on a toujours vu des œuvres peintes en tempera par les Grecs sur panneau et quelquefois sur mur. Ces vieux maîtres avaient l'habitude, quand ils voulaient plâtrer leurs panneaux de les recouvrir d'abord d'une toile de ... lin fixée avec de la colle animale (6), puis de plâtrer cette toile (I) ALCHERIUS: De Coloribus diversis, etc., § 291 : « Ad ponendum aurum burnien­ dum super diversis, etc. II § 293. « Color rosae in tela linea, sindone, papiro, pergameno seu . carta, et in tabulis dealbatis fit hoc modo. » § 294. « Color blavetus. est bonus in tela .. linea, sindone, papiro, pergameno seu carta, et in tabulis dealbatis, id est gersatis. » Etc. -(Merrifield: Orig. Treat. Vol. I, p. 258). - (2) Alcherius, ibid., § 298, 299, 301. (Merrifield; op. cit., p. 280). I (3) Voy. plus haut. l (4) Trattato : ch. 103. ce Ma vogliamo ritornare al nostro colorire, e di muro andare aIle tavele, o vero ancone, ch'è la più dolce arte e la più netta, che abbiamo nell' arte nostra. E tieni bene a mente, che chi imparasse a lavorare prima in muro, e poi in tavola, non viene cosî perfetto maestro nell' arte, come perviene a imparare prima in tavola et poi in muro. » (5) Voy. plus haut, Ire partie, ch. IV. (6) Voy. SCHEDULA : L. I, ch. 19, fin. l 1 117 - pour peindre dessus; ils délayaient les 'couleurs destinées à ce travail avec du jaune d'œuf ou tempera, dont voici la 'èomposi­ tion : ils prenaient un œuf, le battaient et y broyaient un rameau tendre de figuier, de manière que le suc de cette plante se mêlât à l'œuf, et donnât la détrempe des couleurs avec lesquelles ils exécutaient leurs œuvres» (1). Vasari n'est pasmoins catégorique sur ce point dans sa Vie d' Antonello de Messine: Ils (les tre­ « centisti) avaient toujours continué à n'employer sur panneau et sur toile d'autre méthode que la tempera, mode inauguré par Cimabué, en 1250, alors qu'il travaillait en compagnie de quelques maîtres byzantins, et qui fut ensuite appliqué par Giotto, et tous les maîtres dont il a été parlé jusqu'ici» (2). Cennino, d'autre part, déclare tenir par voie de tradition directe les enseignements techniques de Giotto, qualifiés de grecs « » par Vasari; en effet, le chapitre I du Trattato contient l'attesta­ tion suivante: « Moi, Cennino, né d'Andrea Cennini de la Colle di Valdelsa, fus instruit dans pendant douze ans par mon cet art maître Agnolo, fils de Taddeo de Florence, lequel Agnolo apprit l'art de son père Taddeo, qui était filleul de Giotto et fut son élève durant vingt-quatre ans» (3). C'est, effectivement, un développement de la technique byzantine que présente le Trattato de Cennino. A peu d'excep­ tions près, les anciennes méthodes grecques de la peinture sur panneau et sur toile s'y trouvent consignées, non toutefois sans avoir subi de notables amplifications et perfectionnements (4). . . (I) VASARI; Les vies des plus excellents peintres, etc. Introd., ch. VI. De la peinture a tempera. - Comp. Cennino : tempera» est employé ici dans Trattato, c. 72. - Le terme « le sens peinture à l'œuf. Voy. sur ce point Baldwin Brown: Vasari on Technique (Lon­ de dres, 1907), p. 224, note 3. (2) VASARI: Vies, etc. Antonello da Messina. « Cennino di Andrea Cennini, da Colle di Valdelsa nato, fui (3) Trattato, c. 1. - informato nella dett'arte dodici anni da Agnolo di Taddeo da Firenze mio maestro, il qualeimparò la dettà arte da Taddeo padre, quale suo il suo padre fu battezzato da Giotto, e fu suo discepolo anni ventiquattro ». Cf. aussi Trattato, c. 67. (4) BERGER (Beitrâge, vol. II, p. 96-97) écrit à ce propos: tt Alle andere byzantinischea Manieren» (à l'exception de la peinture à la. cire) « sind aber in Cennini's Buch nicht nur erhalten, sondern auch erweitert und vervollkomnet. Die Glanz-und Matt-vergoldung mit Punzierung und Auszierung (Herm. § 7, 13; Cenn. c. 125, 134'138, 140, 142); die Beizen­ I vergoldung fur Wand und Stein (Herm. § 70; Cenn. c. 139, 151), die Knoblauchbeize (§ 28; C. 153) sind beiden gemeinsam. Die Angaben über Miniaturmalerei mit Eiklar und Assisen­ J verwendung (§§ 27, 49; C. 157) finden sich bei Cennini noch deutlicher und in allen Details wiederholt. Die Bereitung des Leinëls (§ 29; C. 92); das Malen mit Oelfarben (§ 53; C. 89"94) j I die Angaben über Firnisse (§§ 30, 31, 33; C. 155 ohne genaue Bereitungsangabe) sind in beiden MS. beschrieben, so dass man unter allen Umstânden zur Erkenntnis der Uebe­ I reinstimmung gelangen muss ». 1 I. I - 118- Le chapitre 64 du manuel italien, consacré à la confection des pinceaux, offre similarité presque complète une avec les instructions du moine de la laure athonite (1). La prépara­ tion de la colle de peau servant aux enduits des panneaux se trouve décrite aux chapitres 109 et 110 du Trattato et au § 5 de l'Hermeneia; celle de l'enduit lui-même, consistant de plâtre Oe gesso de Cennino) délayé à la colle, respectivement aux cha­ pitres 1 15-119 et 6 des deux ouvrages (2). Suivent, dans l'un et l'autre manuel, les instructions pour la dorure (3). La gravure de l'esquisse à la pointe, mentionnée dans le traité grec, est également connue de Cennino, la réserve qui toutefois aux contours avoisinant tes parties dorées du tableau (4). Quant peinture à la à l'œuf, à laquelle Cennino consacre une description occupant six chapitres (c. 145-150), nous avons signalé plus haut les passages du Guide relatifs à ce procédé. Enfin le vernis que le moine athonite conseille de passer sur la peinture à l'œuf, après achèvement du tableau (5), se retrouve chez Cennino au chapitre 155 du Trattato, de même dans que - la Schedula de Théophile. Rapportons ici, á titre illustratif, les données essentielles du Trattato suivant leur progression dans cet ouvrage: l° Chap. 113. Come si dee incorninciare a lavorare in « tavola », etc. Préparation du panneau de bois de peuplier, de tilleul ou de saule, 'bouchage des creux avec un ciment composé de sciure de bois mêlée de colle, encollage préalable du panneau. 2° Come si dee impannare in tavela- Chap. 114. cc Appli­ » cation de bandes de toile encollées à la surface du panneau. . 3° Chap. 115. cc In che modo si debbe ingessare un piano (I) Hermeneia, c. 3. « Sur la préparation des pinceaux ». Comp. aussi Cennino, c. 65, et Herm., § 54. (2) L'emploi de bandes de toile, collées sur la surface du panneau, rappelant l'antique procédé égyptien, et que Cennino recommande au chapitre Il4 du Trattato, est rendu superflu dans la méthode grecque par l'adjonction de matières huileuses à la dernière couche de l'enduit. Voy. Berger: Beitrage; vol. II, p. 97. Vasari attribue le premier usage de la toile collée sur panneau à Margaritone d'Arezzo. (3) Cennino ; Trattato, c. 131-139, et Hermeneia, §§ ro, Il, 12 et particulièrement le § 13, « Comment il faut dorer les images». L'usage du raki ici pour fixer les feuilles employé d'or est probablement d'origine arabe. (4) Hermeneia, § 13; Cennino, c. 123. , (5) Hermeneia, § 27. - Il est intéressant de, comparer la méthode de préparer la toile, donnée dans ce même chapitre, avec celle fournie au chapitre 162 du Trattato. Nous trouvons dans les deux cas l'usage de châssis de bois et de l'enduit de de composé plâtre, colle, et de miel ou sucre (l'Hermeneia y adjoint le savon). 1 I • IIg a stecca, di gesso grosso. » Pose du premier 'enduit, di tavola, composé de gesso grosso (1) délayé dans de l'eau de colle. " -4° Chap. 116. « Come si fa il gesso sottile dá ingessare tavole. Préparation du gesso sottile pour le second- enduit. » 5° Chap. U7. Come s'ingessa un ancona di gésso sottile, ( e a che modo si tempera. Application (par-dessus la première » couche de gesso grosso) du second enduit, consistant en gesse - sottile délayé à la colle de peau. 6° Chap. 120 et 121. A che modo _dei cominciare a radere « in piano d'ancona ingessato di gesso sottile. Siccome si » - « dee radere il gesso sottile su per li piani », etc. Aplanissement de la surface de l'enduit avec un fer (raffietto). " 7° Chap. 122. « Come principalmente si disegna in tavela con carbone, e raffermo .con inchiostro. » Dessin au fusain sur le panneau ainsi préparé, et reprise de l'esquisse à l'encre. 8° Chap. ] 23. « Siccome dei segnare i contorni delle figure per mettere in campo d'oro. » Gravure à la pointe des contours brochant sur les parties dorées du tableau (2). .. 9° Chap. 124- et 125. « Siccome si rilieva di gesso sottile in tavola, e come si legano le pietre preziose. » - « Come dei improntare aleuno rilievo per adornare alcuni spazii d'ancone. » Exécution de moulures de plâtre en relief, destinées à recevoir une dorure et des cabochons de verre de couleur (3). (I) Plâtre (sulfate de calcium) cuit. Parfois (Tratt., c. IlS, 184) Cennino le nomme volterrano, (2) Voy. plus haut. (3) Ces ornements en relief, parfois sertis de gemmes artificielles, constituent dorés et des éléments les technique des maîtres primitifs. L'origine en est pro­ curieux de la � - un plus bablement byzantine. Les peintures de Filippo Memmi, de Lorenzo Monaco, de Gentile da Fabriano, etc., offrent de nombreux échantillons de dorures en rèlief, gravées et estampées, du paysage, transfer­ lesquelles, accentuées par les couleurs chatoyantes des draperies ou ment le tableau en véritable pièce d'orfèvrerie. On insérait souvent dans les moulures des nimbes des verres de couleur imitant des pierres précieuses; un tableau de Guido da Siena, entre autres, conservé â la Galleria delle Belle Arti à Sienne, représentant une Vierge avec garde encore incrustés dans le pourtour des nimbes de grands cabochons de cristal. , I l'Enfant, Le même procédé du relief était musée, exhibe parfois poussé à outrance; un tableau siennois, daté de 1215, du Christ dont le corps a été entièrement modelé en plâtre et recouvert un Dans une peinture de Carlo Crivelli, conservée à la Brera de Milan, ensuite de peinture. t I figurant la Madone accompagnée de quatre saints, les clefs tenues par St Pierre sont moulées en ronde-bosse, et la main du saint par une cordelette. Rappelons à ce sujet rattachées à Didron écrivait.: «C'est au relief des nimbes que j'ai soupçonné, en 1836, sous un badigeon que très épais, l'existence de peintures à fresque dans une des chapelles absidales de Saint­ Julien de Brioude. Ces fresques représentaient de grands saints en pied, parmi lesquels ... les nimbes» j'ai cru reconnaître saint Pierre au relief de ses clefs peintes et modelées comme (DIDRON: Manuel d'iconographie chrétienne, etc" p. 25, note r). ! . .. - 120- 100 Chap, 131. Come bolio in tavola, e come « sl mette il si tempera. Assiette pour recevoir la feuille d'or, composée de » bol d'Arménie délayé au blanc d'œuf (1). 11° Chap, 134. « Di che modo si mette l'oro in tavola. » Pose de l'or en feuille, 12° Chap. 135-. Che pietre son buone a brunire », etc. « Pierres servant à brunir l'or; hématite (lapis amatisto), saphirs, émeraudes, etc. Cennino recommande aussi les dents de carni­ vores. 13° Chap. 136. « Come si fa la pietra da brunire oro. )? Fabrication du brunissoir. 14° Chap. 137 et 138. « Come si dee brunire l'oro », etc. Brunissage de l'or. 15° Chap. 140 et 141. Come dei « principalmente volgere le diademe, e granare in su l'oro »; etc. Gravure et estampage des parties dorées du tableau. 16° Chap. 145. « Come si colorisee in tavola, e come si temperano i colori. Instructions pour la » peinture et le délaie­ ment des couleu_rs (.,. ti conviene temperare i tuoi colori sempre con rossume d'uovo, e ben temperati sempre tanto rossume : quanto il colore che temperi ). Suivent, dans les prochains ... chapitres, des conseils sur la façon de représenter les draperies « d'azur, d'or et de pourpre », les chairs, l'eau « avec ou sans poissons (2), etc. » et 155. « Del verniciare. » 17° Chap. 154 « Del tempo e del modo di verniciare le tavole. » Vernissage du tableau achevé. L'ouvrage de Cennino marque le point culminant atteint par la peinture (e a tempera » médiévale avant sa décadence (I) L'invention de cette assise, ainsi que celle de la pose et du brunissage de la feuille d'or, est erronén¡.ent attribuée par Vasari à Margaritone d'Mezzo. Voy. la biographie de ce dernier dans les Vite. (2) Les traditions de l'iconographie byzantine sont très marquées dans cette partie de l'ouvrage de Cennino, Citons, à titre d'exemple de la naïveté de notre auteur, le passage en question: Quando volessi fare un'acqua, un flume, o che acqua tu volessi, o con pesee o « senza, in muro o vero in tavola fa i pesci, aombrando con .. , questo verdaccio pur sempre l'ombre in su dossi, avvisandoti ch'é pesci, e generalmente ogni animale irrazionale, vuole avere il suo scuro di sopra e l'lume di sotto... E si volessi fare alcuno disvariato pesce, cardalo d'aleune spine d'oro» (Trattato, c. 150). Ailleurs, en du donné au dépit conseil, ¡( chap. 28 du Trattato, de tenir la nature comme le guide le plus sûr de l'artiste, il écrit: cc Se vuoi pigliare buona maniera di montagne, e che pajno naturali, togli di pietre grandi che sieno scogliose, e non polite; e ritrane del naturale, dando i lumi e scuro, secondo che la ragione t'acconsente » (Trattato, c. 88). " �t ,- f 12I - rapide et son abandon final, occasionnés par le développement ! extraordinaire de la peinture à l'huile. Le manuscrit de Bologne, probablement postérieur au 'Trattato d'un demi-siècle environ, f � et portant des traces manifestes d'influence arabe ou hispano­ se borne à les indications si "V mauresque (1), reproduire fréquem­ ment réitérées dans les manuels précédents; § 213, fabrication du gesso sottile (comp. Hermeneia et Trattato) ; § 229. eau - « » de gomme; § 149, 224, 236, œuf mêlé au suc de figuier (2); § 204, vernis (aquam que est bona ad ponendum super figuris et altris miniis); recettes dues à maître Jacques de Tolède (Jacobus de Tholeto) (3). Le manuscrit de Strasbourg, d'autre part, traite dans sa troisième partie de la peinture en détrempe suivant la manière lombarde ou byzantine, nach kriegeschem sitten », ({ c'est-à-dire à la gomme (gomme arabique et de cerisier, gummi « cerasi »): (4) pratique qui s'assimile à la méthode préconiséepar le moine Théophile dans la Schedula diversarum artium (5). Ter­ minons enfin par l'intéressante recette figurant auparagraphe 68 du manuscrit, probablement à classer également dans la caté­ gorie des formules d'origine « grecque» (6) : « Nun wil ich leren wie man alle varwen mit lim tpiere sol uff holtz oder uff muren oder uff tüchern. Und zu dem ersten wie man den lim dar zu bereiten sot das er lange wert und nüt ful wirt und ouch nüt übel smeket wirt. Nim bermit schaben und wesche die vorhin schën mit wasser und süde dar under ein lutern lim weder ze stark noch ze krank und wenn der lim ze hant gesotten ist so tu ein schüssel vol essichs darin und las das wol erwaIlen und tu in derin ab von dem fur und sige in durch ein tuch in ein schën geschirr und setz ihn do kül habe, so belibet er er lang frische und gut. 1st der lim gestanden als ein gal rein (7) und was varwen tu wilt tpier. so nim limes als vil du wilt und ouch als vil wassers als des Jimes si und müsche den lim und las das (I) Voy. plus haut, Ire part., ch. V. (2) Cette adjonction de suc de figuier servait à la fois de dissolvant et de préservatif. Elle est recommandée par Cennino (Tratt., c. 72) et mentionnée par Vasari dans l'Introduc­ tion de ses Vies (c. XX). Cette substance avait déjà attiré l'attention des médecins et des naturalistes de l'antiquité, qui avaient étudié en partie ses propriétés. Voy. Pline: Rist. Nat., L. XXIII, c. 63; COLUMELLE: De re rustica, L. VII, c. 8; DIOSCORIDE: De Materia Medica, I, 183. (3) Voy. plus haut, Ire part., ch. V. (4) Ms. de Strasbourg, § 50. (5) Schedula, L. I, c. 27. (6) BERGER: Beitrâge, Vol. II, p. 146. (7) C'est-à-dire prise, ou transformée en gelée. - I22 - wasser under enander und ouch vil honges darunder und werme das enwenig und zertrib das honig gar wol under den lim und do mit sol man álIen varwen tpier. weder ze dik noch ze dünne als die andern varwen von- den ich vor han geseit, und dis varwen mag man-ouch alle woI überstrichen mit vernis so werdent si gIantz und maginen niemer kein wasser noch regen - geschadén, das si ir varwe noch ir glantz nüt verlierent )) (1). (I) Ms. deStrasbourg, § 68. Berger; Beitrâge, Vol. II., 169. - Pour J'usage de la colle depeau comme délayant, comp. Mappae Clavic., § CXCII. .. • CHAPITRE UI La peinture des manuscrits. techniques de la miniature à travers les âges. LeLivre U nité.des procédés - des Morts. - peint dans la Grèce antique et à Rome. Le livre Manuscrits - des derniers temps de l'Empire. Le Virgile de la Vaticane: - Facture de - ses miniatures. Formules de chrysographie du P-apyrus de Leyde. - L'écri­ - ture en or dans l'antiquité et au moyen âge. Son emploi par les Byzantins,- les Syriens et les Arabes. Recettes des manuscrits alchimiques grecs et - syriaques. Association - de la chrysographie et du parchemin pourpré. - La pourpre des anciens. Un article des Traités Démocritains. - - Textes du manuscrit de Lucques, de la Clavicula, du Liber Sacerdotum, etc. - Abandon graduel de ces procédés; leur survivance dans les formulaires .. Peintures des manuscrits à l'époque mérovingienne. - La miniature angle-saxonne. - Les écoles carolingiennes. L'Anonymus - Bernensis. - La miniature allemande et la Schedula. - Le traité de Pierre de St-Audomar. - Nouvelle technique de la dorure. - L'âge d'or du livre miniaturé; biblio­ philes et enlumineurs. - Le De Arte Illuminandi. Les traités de Cennino, - de Le Bègue, etc. - L'Illuminierbuch de Valentin Boltz. Décadence et - - de la peinture appliquée livre. extinc!ion au Contrairement aux aut res- branches de l'art donna pratique offre des diversités variant d'époque en époque, en suivanttoute­ fois une loi générale de progression et de perfectionnement, la technique de la miniature exhibe une fixité relative, sur laquelle ne semblent avoir considérablement influé ni les conditions de temps ni celles de lieu. Le matériel de l'enlumineur; en effet, reste de siècle en siècle à peu près identique; les progrès accom­ plis dans cet art résident plutôt dans l'accroissement de l'habileté artistigue que dans le développement de la science technique; et il est probable que les méthodes employées par l'enlumineur du Livre des Morts d'Ani (1), qui travaillait au quatorzième siècle avant notre ère, ne différaient que peu de celles mises en œuvre par les miniaturistes occidentaux du moyen âge. Dès l'antiquité la plus reculée, la représentation picturale a (I) Publié en fac-similé complet en 18g0 par le Musée Britannique . ., - 12+- - été associée à l'expression écrite de la pensée, fait dont les bas­ reliefsassyriens. souvent traversés par une large bande d'écriture cunéiforme gravée par le scribe, offrent un exemple curieux (1). Les premiers textes illustrés de peintures sont fournis par les formulaires de prières de l'antique Egypte, désignés par Cham­ pollion sous le nom de Rituels funéraires, puis par Lepsius sous le terme plus correct de Livre des Morts, Todtenbuch. Ces for­ mulaires, destinés à être ensevelis avec le défunt, contenaient une collection de prières en 165 chapitres, chaque article débu­ tant par un titre tracé à l'encre rouge, accompagné d'une vignette illustrative (2), souvent grossièrement ébauchée, et enluminée de teintes sourdes (contours noirs avec rehauts d'ocre rouge pour marquer les détails des vêtements, etc.). Ces peintures sont exé­ cutées avec des couleurs délayées à la gomme (provenant de l'acacia qui croissait abondamment en Egypte) (3) sur des feuilles de papyrus (4). Il n'est pas improbable que les grandes collections littéraires de la Grèce antique, telles que celles de Polycrate de Samos, d'Euclide d'Athènes ou d'Appellicon de Téos, n'aient renfermé des livres peints et décorés. Pline rapporte que les médecins grecs Cratévas, Denys et Métrodore avaient fait peindre dans leurs ouvrages la représentation des plantes qu'ils décrivaient (5), et la série de portraits dont Varron fit orner ses Hebdomades était due pinceau d'une artiste grecque, Lala ou Laia, origi­ au naire de la ville deCyzique, colonie milésienne de Phrygie (6). La peinture appliquée au livre se constitua à Rome à l'état d'une branche particulière de l'art. Atticus avait publié un volume de biographies en vers accompagnées de portraits (7); Sénèque fait mention de livres ornés de peintures (cum imagi­ nibus) (8), et Martial parle d'un exemplaire des œuvres de Virgile dont la première page offrait le portrait de l'auteur (9). Il (1) La Sculpture antique, par P. Paris, L. I, ch. II, P.'77. - Cf. aussi Perrot: Hist. de l'art-dans l'antiq. (2) Voy. WILKINSON: The Ancient Egyptians, vol, II, p. 38r. (Ed. abrég.) (3) Cf. LAURIE: Materials of the Painters Craft, etc., pp. 16-17. (4) PLINE CHist. Nat., L. XIII, c. 22-26) donne une intéressante description des pro­ cédés de fabrication du papyrus (papyrus hiératique, Fannien, Saïtique, etc.). Cf. aussi Isidore de Séville: Etym., VI, 10 (De cartis). (5) PLINE: Hist. Nat., L. XXV, c. 4. (6) PLINE: Hist. Nat., L. XXXV, c. 40. (7) Voy. LECOY DE LA MARCHE: Les Manuscrits et la Miniature, p. I2g. (8) SÉNÈQUE: De Tranquill. Anim., IX. (g) MARTIAL: Epigr., L. XIV, 186. - Les initiales à figures ou ornées ne 125 est aussi que les premiers Itinéraires, qui énuméraient possible les mirabilia Romae », aient été ornés d'illustrations repro­ cc duisant les monuments remarquables de la ville (1) . .. Rien ne nous est parvenu de cette période primitive de l'art; et les plus anciens monuments survivants de ce genre appar­ I tiennent à sont la Genèse grecque de l'âge de la décadence de la Vati­ l'Empire. plus Vienne, les deux Virgiles de Les célèbres cane, l'Iliadede l'Ambrosienne, le Dioscoride exécuté pour la prin­ cesse Juliana Anicia, les fragments de la Genèse Cottonienne (2), etc. technique de la miniature antique est le plus adéquate­ La ment représentée par le premier des deux Virgiles de la Biblio­ thèque du Vatican. Datant probablement du quatrième siècle, ce manuscrit renferme une cinquantaine de peintures dont l'iné­ galité d'exécution est attribuable à une collaboration d'artistes. Le clair-obscur est ignoré, les lumières se traduisent par du blanc, les ombres par des traits sombres, l'or couché au pinceau est employé pour rehausser l'éclat des armes ou pour rendre des effets de clarté sur les feuillages, les plis des draperies, etc. Le traitement du nu rappelle parfois les peintures de Pompéi, et montre une technique qui n'est pas sans analogie avec celle dés fresques antiques (3). Ces miniatures, suivant M. de Nolhac, « sont faites à la gouache par teintes successives; les teintes légères ont tenu; d'autres, trop épaisses, ou se trouvant sur des fonds moins susceptibles de les conserver, sont tombées par plaques sous le frottement, emportant quelquefois le fond sur lequel elles avaient été placées. Ces peintures diversement écaillées permet­ tent de se rendre compte de la manière dont on les a exécutées. Aucune trace de dessin primitif ne se retrouve sur les fonds» (4). Les ciels présentent parfois des teintes roses, bleues et vertes, que l'on retrouvera plus tard dans certaines miniatures ornant furent peut-être pas inconnues des anciens. L'idée d'une pareille figuration semble s'ébau­ cher dans une épigramme de Martial (L. XIII, ép, 75) : « Turbabis versus, nec littera tata volabit, _ Unam perdideris si Palamedis avern. » Et Ausone écrit dans son alphabet grec et latin: « Hœc gruis effigies Palamedica porrigitur �». Voy. Bordier: Description des MSS. grecs à la Bibl. Nat. (I) BaISSIER: Promenades archéologiques à Rome, etc, p. 148. (2) Le rouleau du Livre de Josué (Cod. gr. vat., n. 405), avec ses peintures de carac­ tère antique, parait n'être qu'une copie libre datant du VIle ou VIII" siècle. (3) P. DE NOLHAC : Le Virgile du Vatican et ses peintures (Paris, 1897), p. 35. Notons ici l'usage des rehauts d'or, qui prit plus tard une si grande extension chez les miniaturistes des écoles byzantines du xe ou XI" siècle, (4) Ibid. : p, 31. des volumes byzantins ou carolingiens, entre autres la Bible d'Alcuin. L'Iliade del'Ambrosienne, de son côté, offre certaines analogies techniques avec le Virgile de la Vaticane; on a vu dans les sujets dont elle est illustrée un souvenir de peintures murales grecques, èomme le combat de cavalerie dont Euphra­ nor de Corinthe décora le Portique Royal au d'A. Céramique thènes, les compositions de Nicias, qui, d'après Démétrius de Phalèrevse plaisait aux combats, ou encore la Bataille d'Issu-s, de lapeintresse Hélena (I). Les premiers textes concernant les procédés à l'usage des enlumineurs sont contenus dans le Papyrus de Leyde et sont relatifs non à la miniature proprement dite, mais à l'art connexe ou collatéral de la" chrysographie. Elles sont, suivant M. Ber­ thelot, des fofmules précises de praticiens, intéressant directe­ « ment le scribe qui transcrivait ce papyrus, et toute la classe, si - -_ importante en Egypte, des hiérogrammates; car il ne s'agissait pas seulement d' écrire ou de dessiner sur papyrus, mais aussi - sur marbre ou sur tout autre support» (2). La mode médiévale de l'écriture en or dérive eneffet directement d'un usage antique. La septième olympique de Pindare, transcrite lettres d' or, en avait été consacrée dans le temple d'Athéna à Lindos (3); Ptolé­ mée Philadelphe reçoit du grand-prêtre Eléazar un exemplaire chrysographié des livres saints judaïques (4); Suétone relate que Néron déd-ia des vers, écrits de la même manière.ià Jupiter (5) ; et Julien Capitolin.: dans sa de biographie Maximin l'empereur eJeune, cite un Homère pareillement enrichi (6). A l'époque chrétienne, l'usage fastueux de'I'écriture d'or associée au par-' chemin teint en -pourpre 'prit une grande extension, vainement combattue par S. Jérôme (7) et S. Jean Chrysostome (8). Un (I) C'est l'opinion, notamment, de J. H. Middleton - (IlluminateECMSS. in classical and mediœval times, p. 34. Cambridge, 1892). _ (2) BERTHELOT: Coll. des alch. grecs: Vol. I; Introduction, p. 52-53. Certaines de ces recettes devinrent plus tard 'des formules de transmutation alchimique. � (J) CH. GRAUX: Une Olympique de Pindare écrite à l'encre d'or. Revue de Philo- logie, avr. 1881. _ (4) Josèphe: Antt. Jud. XII, 2.: (5) SUÉTONE: Nero; c. 10. (6) Voy. WATTENBAca: Das Schriftwesen im Mittelalter (Leipzig, 1896), p. 132. - (7) « Iñficiuntur" membranœ colore purpureo, aurum liquescit in litteras, codices vestiuntur », etc. gemmfs S. J erom. Ad Eustochium de custodia � virginitatis, I, lIS. Cf. aussi du même auteur: Praef. in - Job; Ep. ad. Lœtam (107,12), et Isidore de Sévílle ; Orig. VI, II. (8) S. Joh. Chrysostom. Homil. 32. (Joh., vol. VlÍI, 188, ed. Montfaucon). _I - I27- livre d'Evangiles' chrysographié fut remis par Constantin à S. Nicolas de M yre; plus tard, les, basileis byzantins eux­ mêmes, tels l'empereur Artémius (713) ou Théodose III (I), pratiqueront cet art. En Occident, nous -voyons S. Boniface demander dans une lettre à l'abbesse de Eadburga tran­ scrire les épîtres de S;- Pierre en Íettres d'or, en signe de vénération pour les livres sacrés (2), et Wilfrid, archevêque de York au septième siè.cle, doter le trésor de son église d'un évan­ géliaire écrit en or sur pourpre, luxe que son biographe Eddius n'hésite pas à déclarer chose presque miraculeuse, « inauditum - ante saeculis nostris quoddam miraculum » (3). De nombreux \ spécimens de cet art subsistent; citons comme exemples de chrysographie sur 'parchemin blanc le Psalterium Aureum de S. Gall, le Livre d'or de Stockholm, et certaines parties du Sacrarnentaire de Dragon (4), et comme échantillons de l'écriture métallique alliée vélin pourpré le Psautier de S. Germain au la célèbre traduction ou de'la Bible de l'évêque Ulfilas, Gonser­ vée à la Bibliothèque d'Upsala. L'art du chrysographe, que les Byzantins empruntèrent. à l'antiquité classique, et auquel ils donnèrent le nom de XplJO'o,,/plXtpiC( ou XplJO'o,,/plXp.p.ilX, fut pratiqué par les Syriens, et passa par leur intermédiaire aux Arabes, suivant la voie de transmis­ sion indiquée chapitre précédent (5). Le traité intitulé De la au .« très précieuse et célèbre Orfèvrerie» (6), dont la composition générale _place, selon Berthelot, vers le onzième siècle; mais se qui se rattache aux antiques traditions gréco-égyptiennes, et offre de nombreux points de contact avec le Papyrus de Leyde, le Pseudo-Démocrite, la Chimie dé Moïse,- etc., renferme des formules « sur la manière de faire des-lettres d'or» (7). Dans le traité de Zosime se relève un article trait à la confec­ ayant tion d'un « mercure doré, qui sert aussi pour (écrire dans) les (I) Cédrénus, - Voy. Wattenbach . op. cit., p. 253. (2) WATTENBACH; óp. cit. p. 254-255 • . :: (3) CCW¡¡S�WOOD: Palaeographia sacra pictoria. Purple Greek Mss., p. 2 •. (4) Voy. MOLINIER; Les Manuscrits et les Miniatures, P, II3. De nombreuxexemples sont cités par . Wattenbach, pp. 132-139 et 251-261. - (5) L'historien arabe Ibn Hayyan relate qu'une lettre, écrite en caractères d'or et d'argent sur papier azuré, fùf envoyée en 949 par l'empereur Constantin VII à Abderrah­ man - II-I, calife de Cordoue, Voy. Merrifield, voL-I, p. LXXXII. (6) Publié par M. BERTHELOT: Collection des Alchimistes _ grecs, vol. III, p. 307, Traduction, (7) § 19 (Recette pour l'écriture en lettres d'or), § 20, § 49 . • , ,.,.- -1 i • li vres» (1). Les manuels d' alchimie syriaques contiennen t égale­ mentde nombreuses indications relatives à cet art (2); telles les for-. mules inscrites dans un manuel hermétique d'origine syriaque cité par Berthelot: § 3. Pour peindre et écrire sur du papier, etc. - § 6. Autre' préparation pour écrire en or. :- § g. Pour �. écrire en or (Prends du plomb et tonds-le à plusieurs reprises, en le trempant dans de l'eau froide. Ensuite broie l'or ¥avec' du mercure pur, jusqu'à ce 'tu'il s'amollisse. Alors ajoutes-y de l'eau de gomme arabique, et écris, en y trempant un calarne fendu et humecté). § 24. Lettres en § 25. Autre - argent. - préparation (Lames d'argent broyées avec du sel et du natron, addition de bile de buffle). Etc. Ces recettes s'apparentent - étroitement à celles-du Papyrus de Leyde. Relevons une der­ .. nière formule tirée du même recueil, ayant trait à Ja chryso­ graphie sur parchemin pourpré: § 39. Figures d'or sur une peau de pourpre (Elydrion et or broyés ensembl-e; addition de colle, ou de gomme arabique) (3). La teinture en pourpre, tant estimée des anciens, constituait en effet le complément ordinaire de l'art de la chrysographie. L'antiquité (4) avait presque exclusivement utilisé la matière colorante du murex brandaris qui produisait la pourpre des environs de Cérigo et des côtes de Laconie; du murex tronculus, dont on extrayait la pourpre de Tyr; enfin celle du buccin, coquillage que l'on retrouve encore de nos jours dans les mers d'Europe (5). Les Syriens, comme les Grecs de Byzance, appli- (I) Traité de Zosime, L. IX, c. 4 (Travail du mercure qui sert à l'or) .:.._ Voy. aussi . L. VII, C. 21 (Comment on doit dorer). BERTHELOT: Coll. des Alch. grecs. (a) Voy. une recette pour une « encre d'or » comprise dans un traité d'alchimie syriaco-arabe, chez BERTHELOT: La chimie au moyen-âge; vol. II, p. ZOI. (3) BERTHELOT: La chimie au moyen âge; vol. II, p. 204 et suiv. Cf. aussi dans le - même traité les §§ 7, '17,26,28,37, 38. (4) Pline fournit une relatipn très complète sur la pourpre et sa préparation suivant les méthodes pratiquées par les teinturiers romains. Voy. Hist. Nat. L. IX, c. 53-65. Selon le même auteur (Hist, Nat. XXII, c. 3), (( les Gaulois Transalpins reproduisent avec des herbes la pourpre tyrienne, la conchylienne, et toutes les autres couleurs », Ailleurs, Pline mentionne le vaccinium gaulois (airelle, vaccinium dont on myrtilus), fabriquait une pour­ pre inférieure servant à.teíndre les vêtements des esclaves (Hist. Nat. XVI, c. 31). Ovide nous apprend que les anciens coloraient les manuscrits (volumina) au moyen de' ce même . vaccinium. Cf Ovide: Les Tristes; Elégie I, vers 5. Voy. aussi le Thesaurus �.' linguse latinee de Stephanus, à ce mot. Selon Vitruve (L. VII, c. on des couleurs 14) fabriquait pourprées . en.teignant la craie le des racines de la garance et'dé l'hysgine « avec suc ». Voir aussi L. VII, c. 13 (De ostro). (5) La Grande Encyclopédie, T. XXVII, art. Pourpre. Diverses espèces de coquil­ - lages fournissant des matières colorantes sont mentionnées par Aristote (Histoire des animaux, L. IV, c. 13, etc.). La pourpre de Cos et de Laconie est citée par Horace (Odes: . ; '. • .. quèrent cet art manuscrits; l'art de teindre à la décoration des le vélin en pourpre Ephraïm le Syrien (mort en 378 est cité par ap. J.-C.) comme l'une des occupations des moines (1). La liste des matières tinctoriales s'était considérablement étendue depuis l'époque romaine; on lit notamment dans les Traités Démocri­ tains, à l'article des Questions naturelles et mysrérieuses, § 2 (2) : « Voici qui entre dans la composition de la pourpre: l'algue ce - .qu'on appelle fausse pourpre (3), le coccus, la couleur marine, (4) l'orcanette de Laodicée, le cremnos (5), la garance d'Italie, le phyllanthion d'Occident (6), le ver à pourpre, .tiré de le rose d'italie. Celles qui ne donnent pas de teinture fixe ... , sont de nulle valeur. Telles sont la cochenille de Galatie, Ja cou­ leur d'Achaïe, qu'on appelle laccha, celle de Syrie qu'on appelle ,. rhizioii, le. coquillage et le double coquillage de Libye, la coquille d'Egypte de la région maritime qu'on appelle pinna, la plante appelée isatis et la couleur de la Syrie supérieure que l'on appelle murex. Ces couleurs ne sont pas solides, ni estimées parmi nous, excepté celle de l'isatis» (7). Le manuscrit de Lucques effectue, en Occident, la conti­ nuation de ces pratiques; les recettes de chrysographie y sont fréquentes (8) (l'identité de telle de ses formules avec celles du Papyrus de Leyde a été signalée ailleurs); d'autre part,. on y rencontre des instructions pour la teinture en pourpre, appli­ cable au parchemin (9). Des recettes pour « écrire en lettres d'or » se relèvent dans la Mappae Clavicula (10) et dans un traité Livre IV, 13; II, 18), celle de Mélibée par Lucrèce (Livre II, 499), etc. Cf. aussi l'His­ - toire ecclésiastique de Bède le Vénérable, c. I, et la chronique apocryphe de Richard de Cirencester, c. V, § 4. (I) Parœnesís, 48. Cf. Wattenbach : op. cit., p. 138-13g. (2) BERTHELOT: Coll. des anc. alch, grecs. \701. I; Deuxième partie, p. 44 (Traités Démocritains : Questions naturelles et mystérieuses, § 2). (3) Aristote parle (Hist. des animaux, L. VI, c. 12) d'un fucus que l'on recueillait dans l'Hellespont, et dont on aurait tiré une couleur pourpre. 4 Orseille. (5) Matière inconnue. (6) Ou des plongeurs (?). (Berth.) tiré de quelque manuel de teinturier (7) Tout ce morceau paraît être un fragment en rapport le paragraphe suivant, qui relate une curieuse pourpre, et ne montre aucun avec opération magique, l'évocation « de l'Hadès» de l'âme du philosophe Démocrite. (8) ANONYMUS LUCENSIS: § 64, Chrysographia; § 65, Alia Chrysographia; § 66, Alia " auri scriptio; § 67, Scriptio similis auri; § III, De Crisografia: § II2, De tertia Crisografia. (g) Anonym. Luc, § II. De Pèlle alithina etinguere. Voy. au § 3.1, qui traite de " la confection du l'allusion à la teinture de ce dernier. parchemin, MAPPlE CLAVICULA: 38. Aureas litteras scribere. § 40. Aliter. Voy. aussi - § - (10) les §§ 41, 42, 43, 44, 45, 46, 47, etc. 9 .. =. " - 130 - de provenance arabe, le Liber Sacerdotum (1) ; d'autres encore chez l� Pseudo-Héraclius (2), le moine Théophile (3), ainsi que dans l'Hermeneia athonite (4). Toutefois, à partir du onzième siècle, la mode de la chrysographie commence, en Occident, à_ tomberendésuétude. Vers 1213, il est vrai, l'abbé Pierre de Haut­ villiers fait exécuter un exemplaire chrysographié des Evan­ giles( 5); plus tard encore, Godfrid de Croyland, depuis '¡ 299 abbé d'i; Peterborough, fait don au cardinal Gaucelin d'un Psautier « literis aureis et assuris scriptum et mirabiliter lurninatum » (6); ce sont néanmoins là faits exceptionnels pour l'époque. Auderneu­ rant, depuis le treizième siècle, l'antique encre d'or composée d'une poudre métallique associée à quelque délayant fait place à un procédé plus complexe, consistant à tracer les caractères avec une composition formant relief; sur cette assise s'apposait l'or en feuille (7). Cependant, malgré leur abandon presque complet, les formules anciennes continuent à s'inscrire dans les manuels techniques. U ne foule de recettes de ce genre se rencon­ trent dans les écrits de J ehan le Bègue (8) et dans le manuscrit de Bologne (9). Ce dernier recueil contient une curieuse rémi­ niscence de l'archaïque usage, depuis longtemps abandonné, de la chrysographie sur vélin pourpré; la technique; toutefois, dif­ .' . fère considérablement des procédés anciens (10). Une recette, publiée dans 1es Réliquiœ Antiquœ de Wright et Halliwell, mérite d'être reproduite à titre de curiosité:' « For to write golde. Take grey pomys, grynde yt smalle, temper yt with - as rede ynke ys, and gleyre wryte therwith; and qwhan yt ys (I) LIBER SACERDOTUM : C. 201, 204, 206. (2) HÉRACLIUS: L. l, c: 7 ;- L. III, c. 43. - (3) SCHRDULA THE.OPHILI: L. I, c.,34, 35,36,37. .. (4) HERMENEIA : c. 39, 72. (5) Gallia christiana. IX, 255. (6) Cf. Wattenbach; op. cit., p. 254. (7) Le fameux Psautier de Peterborough, conservé à la Bibliothèque de Bruxelles, offre un exemple remarquable de ce procédé. 'i# (8) Mss. de jehan -le Bègue. Experimenta de coloribus, §§ I; 22 (Ad faciendum -. litteras, que videantur 26, 32 (Si esse vis facere'colorem de 24 (Ad faciendum litteras aureas ver argenteas), 25, aura), 23, argenteum ad scríbendum), _35:=- Voir aussi panni aureum vel les recettes ajoutées par Jehan le 'Bègue au recueil d'Alcheríus (Merrifield, vol. I, p. 290 et . - I suiv.) les articles 310 (Pour escrire ou paindre d'or), 312 (Pour escrire de laton et pareille­ I ment d'or et d'argent), 320, 321 (Pour faire lettre d'argent sans argent), 323 (Pour escrire dar et comment il se doit mollir), 324, 328 (A faire lettre dar fin), 336, 339. (9) Ms. DE BOLOGNE: L. VI, §§ 153, 154, 156 (Ad fatie;dum aureum collarem pro - scribendo), 157, 158 (Ad scribendum aurum cum callamo), 163 (A fare lettere dora provata ef vera), 164, 165, 168, 169. o (10) Ms. DE BOLOGNE: L. VI, § 174 (Ad auricellam purpuream fatiendum), .. drye, rub thereon gold or sylver, and as the metal ys, so yt wylIe _ be senet an than borne yt with a tosch of a calf". (1). Des instructions analogues parmi les Experimenta de se trouvent Co]oribùs de Le Bègue, aux articles 22 (Ad faciendum lineras, que videantur esse de aura) et 35 (Si vis facere literas coloris erei, argentei, aut aurei). Cette longue série de recettes de chry­ sographie réelle ou simulée se continue dans le manuscrit de Strasbourg (2), le Liber. l11uministarius (3), l'I11uminirbuch de Valentin Boltz (4), les manusçrits de Padoue et de De Mayerne (5), le « De Atramentis )) de Caneparius (6), etc., pour aboutir enfin de nos jours, par une transmission ininterrompue, aux formules des Manuels Raret. A côté de cette branche subsidiaire de l'art de l'enlumineur se développait la miniature proprement dite. Les procédés tech­ niques employés dans l'exécution des 'peintures qui ornent, en Occident, les premiers manuscrits de l' Europe continentale, du sixième au huitième siècle, accusent une barbarie extrême. Le plus souvent, cette ornementation se restreint à des initiales ichtyomorphes ou ornithoéides .dessinées au trait et bariolées de couleur, de préférence rouge ou verte. Le fait de cette longue stagnation de l'art du livre peut paraître singulier, vu l'extension ." des communautés monastiques, dépositaires des rest�s d'e la science antique; en effet, au quatrième siècle déjà, S. Martin et S. Hilaire fondent à Ligugé le premier monastère des Gaules, bientôt suivi par celui de Marmoutiers; S. Honorat d'Arles bâtit l'abbaye de Lérins; Luxeuil s'élève dans les solitudes des Vosges (7). Nombre de ces fondations renfermaient des biblio- (I) Extrait d'un ms. de Cambridge, datant du xVa siècle: Comp. Liber Illuminis­ tarius (Fol. 17'), etc. (2) Ms. de Strasbourg; § 19 (Wiltu goldin geschrifft machen), 20 (Wellent ir silbrin . geschrift haben), 21, 22. (3) Liber Illuminist. Ad preparandum incaustum aureum .....:. De scriptüra áurea; . - Golt aus der federen schreyben. Quomodo scribatur cum auro vel argerito. - Etè. Cf. - L. Rockinger (Zum baierischen Schriftwesen im Mittelalter). Abhandl. d. :'hist. Klasse d. kôn, Bay. Akad. d. Wissensch. Vol. XII. Abth. I u. II (Tom. XÚII)"�úñléJ:l; 1872. (4) VALENTIN BOLTZ: Illuminirbuch, § 28 (Gemalen gold oder s¡¡ter'ausi g.er fadem . zeschriben, etc.). (5) Ms de Padoue, § 60.·-:- De Mayerne, § 268. (6) CANEPARIUS: DE ATRAMENTIS: Quinta descriptio, de atramentis scriptoriis diversi coloribus. - Plusieurs recettes de chrysographie, non comprises dans les recueils techniques, se relèvent chez les auteurs du moyen âge. Voy. par ex. le grammairien Papias (XIa s.) au mot Libri de son Vocabularium latinum» Du CANGE: Gloss. medo et inf. . « '(cité par lat., à l'article.Aurigrafus), (7)Cf. MONTALEMBERT: Les Moines d'accident, vol. I, p. 222, 228',232, et vol. II, p. 3Il. . - • • - 132- . thèques considérables Biscop (vers pour l'époque : S. Benoît 674) fonda à l'abbaye de Wearmouth bibliothèque qu'aug­ une menta son successeur Ceolfrid (I); la chronique "abbatiale de S. Wandrille relate que le neveu de Wandregisile, Godon, rapporta comme don du pape Vital (657-672) volumina sacra­ « rum scripturarum diversa veteris ac novi testamenti, maximeque ingenii beatissimi atque apostolici gloriosissimi papae Gre­ gorii (2); et malgré l'insécurité des temps, les bases de nom­ » breuses bibliothèques s'établissent sur le continent, à Bobbio, au Mont-Cassin enItalie; -à Glanfeuil, à Saint-Rémi de Reims, à Luxeuil en Gaule (3); en Angleterre, citons celle de Hexham, réunie vers l'an 700 par l'évêque Acca (4), etc. Le règne de Charlemagne marque les débuts d'un âge d'or pour les arts du scribe et de l'enlumineur. Au huitième siècle, cependant, l'Angleterre comptait déjà deux écoles de miniature: l'une celtique, originaire d'Irlande, se transmettant par l'inter­ médiaire de Lindisfarne et lona; la seconde représentant le classicisme antique décadent, apparemment importé dans le sud de l'Angleterre par les missionnaires romains de S. Augustin (5). A ces écoles, disparues pendant la période tourmentée des inva­ sions danoises, succède la miniature anglo-saxonne proprement dite. Son premier centre fut l'abbaye de New-minster, dont la charte de fondation, accordée en 966 par le roi Edgar, constitue un des monuments les plus remarquables de la peinture primi­ tive anglaise (6). Parmi les produits de l'école de Winchester se comptent le fameux Benedictional d' Aethelwold, exécuté par Godemann (7) ; le Missel de Robert de Jumièges (8); les Evan­ giles de Trinity College, à Cambridge (9), etc.; au douzième siècle, l' art de la miniature a essaimé dans l'île, et des écoles (I) Cf. CAHIER: Nouv. MéI. d'ArchéoI. (Bibl.), p. 55. Bède le Vénérable relate - / que Biscop se rendit en 671 à Rome, « librosque omnis divinae eruditionis non pau­ cos vel placito pretio emtos vel amicorum dono largitos retulit ». Voy. Wattenbach ; op. • cit, p. 537. (2) Chrono Fontanell. C. 7. Mon. Germ. II, 274 (voy. Wattenbach; op cit., p. 538). - (3) Cf. CAHIER: Nouv. Mél. d'Arch. (Bibl.), p. 63. (4) Bède le Vénérable; L. V, 20. (5) Voy. J. A HERBERT: Illuminated Manuscripts, chap. VII, p. 122. (6) British Museum; Vesp. A. VIII. Cf. WESTWOOD: Facsimiles, p. 130-2, pI. 47 - - WARNER: Reprod. of illum. Mss in the Brit. Mus. - l, 4. (7) Voy. Archaeologia, vol. XXI:V, pp. 1 117, et G. F. WARNER & H. A. WILSON: - The Benedictional of St Aethelwold. - (IgIO.) (8) Cf. WESTWOOD: op_ cit., pp. 136-8, pl. 40. (9.) WESTWOOD; p. 140, pI. 42. - ¡33 nouvelles se forment à Durham, Westminster, Bury S. Ed­ munds (1), etc. Les scriptoria continentaux se signalent dès le neuvième siè­ cle par une productivité analogue; en terre d'Empire se fondaient les écoles célèbres d'où sortirent une foule de chefs-d'œuvre de calligraphie et de peinture; les livres d'évangiles de Charle­ le magne et de Lothaire, les bibles d' Alcuin et du comte Vivien, sacramentaire de Drogon et le psautier de Charles le Chauve; admirable et unique floraison d'art que ne pourront surpasser, aux siècles suivants, les fastueux manuscrits exécutés dans les ateliers germaniques de Trèves et de Ratisbonne. Un remarquable aperçu sur la technique de ·l'enlumi- . neur nous est offert par un texte datant du onzième ou dou­ zième siècle, malheureusement fragmentaire, l'Anonymus Ber­ nensis (2). Ce manuscrit, en effet, entièrement consacré aux procédés de l'enlumineur, présente un exposé détaillé de la pré­ paration de la clarea ou clair d'œuf dont les miniaturistes se « » servaient pour délayer les couleurs. L'opération est décrite en termes naïfs: Cum vero paraveris claream, a vitello separabis « albumen ovi et posito albumine in scutella fortiter sine cessa­ tione verberabis ipsum albumen ovi donee vertatur quasi in ... spumam aquae vel in similitudinem nivis et adhaereat in scu­ tella... Tamen hoc sciendum est, si percusseris septies aut decies verberando seu caedendo ipsam claream, postquam adhaereat scutellae, ut superius praenotatur, meliorabitur ... Cum enim caedetur clarea, pone scutellam in quieto loco et mundo parum inclinatam, ut decurrere possit de spuma clareae liquor... Decurso autem liquore clareae et mundata conca ovi infunde in eandem con cam eundem liquorem ... De ista clarea temperatur vermiculus, minium, safrannum et sanguis draconis et azorium et a quibusdam etiam ille color, r qui dicitur folium » (3). La concordance de cette dernière phrase • avec les instructions, probablement à peu près synchroniques, (I) HERBERT: Illum. Mss. p. I35. (2) Cf. HERM. HAGEN: Anonymus Bernensis, etc., dans les Quellenschriften, vol.VII, et G. LOUMYER: Un traité de peinture du moyen âge: I'Anonymus Bernensis (Berne I908). (3) Plus loin, l'auteur de I'Anonymus parle du « vitellum ovi » comme délayant pour les couleurs, Je qualifiant de « pinguior multo clarea». Cette pratique est anormale et con­ stitue une singularité dans les annales techniques de la miniature; au demeurant, notre auteur lui-même ne paraît pas convaincu de son excellence, car il ajoute: ex « ipsa pingue­ dine tam alacriter fulget omnis color rubeus, atque non est ex alia parte adhaerebilis, sed magis frangibilis et cadibilis », de la Mappae Clavicula est à de la remarquer (1). L'usage « clarea» est également recommandé par le manuscrit d'Héra­ clius, dont plusieurs chapitres, compris soit dans les ouvrages métriques, soit dans le troisième livre, contiennent des indica­ tions à l'adresse des scribes et des 'enlumineurs (2). L'écrit qui, à l'époque romane, offre peut-être le plus d'in­ térêt pour la technique de la peinture appliquée à l'ornementa­ tion du livre est de provenance allemande, là Schedula .du moine Théophile. L'époque carolingienne avait déjà vu en terre ger­ maine une remarquable floraison de l'art du miniateur, dont 1 l.es productions se groupaient autour.des ateliers et des scriptoria d'Aix, de Metz, de S. Gall et de Reichenau. Au dixième siècle, { favorisées par le renouveau artistique de la renaissance otho­ nienne, d'autres centres se forment, à Hildesheim, sous l'évêque Bernward à Trèves, où l'influence de Reichenau est , importée par l'archevêque Egbert; à Ratisbonne en Bavière (3), etc.; en sorte du douzième siècle qu'aux approches un style décoratif bien défini s'est élaboré, et des manuscrits fastueusementdécorés, tels que les Bibles de Worms (4), de Stavelot (5) et d'Arnstein (6), ou encore le lectionnaire d'Uta, abbesse de Niedermünster (7), et celui de Bamberg (8), exécuté pour Henri II l'empereur (I) Cf. la première et plus récente partie deIa Clavicula, §8. -« Colores in pargameno spissi et clari, hii sunt: Azorium, Vermiculum, Sanguis draconis, Carum, Minium, Folium, Auripigmentum, Viride Grecum, Gravetum Indicum, Brunum, Crocus, Minium rubeum vel album, .Nigrum optimum ex carbone vitis, Hii omnes colores destemperantur a glarea». (2) HÉRACLIUS; Liber primus et- metricus; c. II. Quomodo' fiant diversi colores de floribus campestribus ad scribendum apti. C.·VII!. De edera et lacea (Hune sibipictor - . amat et scriptor diligit eque). C. XI: De viridi colore ad scribendum. - Liber secundus ; - c. XVII. De viridi colore, etc. (Hinc quascunque cupís scripturas conde colori). Liber - tercius et prosaicus : e XXXI. De modo parandi glaream ovorum, ad colores ex ea tempe­ randos. C. XXXIV. - Quomodo poteris de bresilio operari (De hoc colorè in ligno et in muro operari poteris, mirabilius tamen in pergamenis). C. XLI. Quomodo ponitur aurum. - C. XLII. Quomodo aurum in pergamenis ponitur, C. LIII. Quomodo fit attramentum, - etc. Le ch. LVI du Livre III est consacré aux mélanges de couleurs employés en peinture - et en enluminure (De miscendis inter se coloribus pingendo et illuminando, etc.), Mrl Merrifield (Orig. Treat., vol. I., p. 250, note 7) croit yvoir une traduction de quelque' . recueil d'atelier .byzantin. Comp. Théophile; Sched, L. l, c. 14 (De mixtura diversorum -colorum in vestimentis imaginum quae fiunt in pergameno). .,' (3) HERBERT; IlIum. Mss., ch. VIII, p. 143-144, (4) British Museum; Harl., 2803-4. - WARNER; IlIum. Mss., pl. 16. (5). Exécuté parles moines Goderannus et Ernestus Em log3-7, dans l'abbaye bénédic- . tine de Stavelot (Brit. Mús. 28106-7). (6) Exécuté au XIIe siècle, pour l'abbaye des Prémontrés d'Arnstein, près Coblence. (Brit. Mus.-Harl., 27g8-9)' {7) Actuellement à la bibl. de Munich. Voy. G. SWARZENSKI;. Die Regensburger Buchmalerei des X. u. XI. Jhrts (rçor), pp. 88-122, 12-18. . pl. (8) Actuellement à Munich. entre 1002 et 10 14 (1), préparent la voie au dévelop­ les années pement de la miniature gothique. La Schedula de Théophile, composée vers la fin du onzième siècle, porte nécessairement les traces de cette préoccupation universelle. En effet, outre les recettes de chrysographie précédemment citées et un chapitre consacré aux combinaisons de couleurs .( in vestimentis imagi­ la fin du num quœ fiunt in pergàmeno» (2), on trouve vers premier livre les chapitres suivants .. : C. XXXI, Quomodo_ aurum et argentum ponatur in libris; C. XXXII, Quomodo decoretur pictura librorum stagna et croco; C. XXXIII, De molendo aura secundum Flandrenses; C. XXXVIII, De omni genere glutinis in pictura auri; C. XXXIX, Quomodo colores in libris ternperentur ; C. XL, De generibus et. temperamentis .folii ; C. XLV, De incausto. Au trente-neuvième chapitre, Théo- phile restreint l'usage de la clarea» à la céruse, au vermillon « et au carmin (3), les autres couleurs s'accommodant de la gomme, et le Espagnol (4) « s'étendant avec du vin. La vert » pratique (chap. XXXI) de recouvrir d'une première couche de cinabre délayé au blanc d'œuf les parties de la page destinées à recevoir la dorure, avant d) appliquer l'or, coïncide avec le procédé employé dans quantité de manuscrits byzantins, où le vermillon de l'assise perce actuellement sous les ors effaçés par le temps (5). Le traité de Pierre de S. Audomar « de coloribus pictorum et illuminatorum librorum faciendis » (6) reproduit partielle­ ment les données de la Schedula; c' est ainsi que le paragraphe 197 (Quomodo temperantur colores in libris ponendis et de qui bus liquoribus) constitue une paraphrase du trente-neuvième (I) Dates de son accession au trône et de son couronnement. (2) SCHEDULA: Un passage de Gudrun-lied atteste l'admiration de; L. I, c. 14, - I hommes _du XIle�XIIIe siècle pour cette branche de l'art: « Dô man Hartmuoten sach bî den recken stân, � man vant waetlîcher nie deheinen in allen slnen sorgen stuont er in der gebaere ais er mit einem pensel an ein permint IVoi entworfen man. lVaere» (Gudrun, 30 Aventiure). (3) Au chapitre suivant (De generibus et temperamentis folii), Théophile recom­ mande son usage' en travaillant avec le « folium ».' cc Et si placet similitudinem pallii in pagina facere purpureo folio linies per omnia rubeum folium ·tenue, deinde spissius ... et tertio si sit opus; ac postmodum linies desuper tenue vetus clarum, sine aqua percus­ sum.» Etc. (4) Vert de cuivre. Voy. Sched:L. I, c. 43. (5) Par exemple dans un ms. grec du XIe-XIIe siècle, contenant le_s hagiographies de Siméon le Métaphraste, conservé au British Museum (Add. Ms. -n870). Etc. (6) Lib. Magistri Petri de S. Aud. - Prohemium. , ',," - r36 - chapitre .(L. I) du manuel de Théophile (1). Ailleurs se relèvent les.indications usuelles - l'emploi des divers délayants utilisés sur dans la peinture sur parchemin, clair d'œuf (c. 172, 176, 177, etc.), colle (c. 186), vin (c. 152). etc. (2). Seule, une intéressante innovation figure au chapitre Ig0 (Quomodo in muro vel in pergameno ponitur aurum). Les anciens enlumineurs de là période carolingienne ou romane, tout en poussant jusqu'à l'abus l'emploi de l'or, semé à profusion sur les draperies, les ornements, les fonds, les initiales et jusque dans le texte même, í p ignoraient l'usage des ors en relief et brunis qui illuminent de leur puissant refiet métallique les pages des missels ou des bibles de l'époque gothique. L'effet décoratif obtenu par ces ors sail­ lants, qui scintillent disséminés dans les bordures marginales ou miroitent dans le champ des miniatures, est remarquable: citons, parmi les nombreux manuscrits qui atteignent en ce genre à la perfection technique, un minuscule psautier du treizième siècle, ayant appartenu à Gui de Dampierre, et con­ servé aujourd'hui à la Bibliothèque de Bruxelles. Le procédé, fort simple, consistait à donner à l'or une assise en relief com­ posée ordinairement de plâtre fin broyé à l'eau de colle (3) (par­ fois à la gomme (4) ou à l' al bumine) (5); on polissait ensuite cet I (I) Excepté la dernière phrase, qui paraît être un souvenir d'un passage de la Mappœ Clavicula. Comp.aussi Schedula: L. I, c. 38, et Pierre de S. Aud., § Ig6. Sched. L. I, - c. 40, et Pierre de S. Aud., § 166. Etc. (2) Suit ci-dessous la liste des articles du recueil de Pierre de S.- Audomar où mention spéciale est faite de J'art du scribe et de l'enlumineur: § 152 (De albo et viridi colore, etc.), § 153 (De aqua vel viridi colore ad scribendum). § 157 (Item de viridi eris, quo modo fit - pro scribendo). § 158 (Item de fiendo viridi, - etc.). § Isg (Item, etc.) - § 162 (De folio, - etc.). - § 166 (Quod folii tria sunt genera, etc.). § 172 (De nigro colore, etc.). - § 176 - (Deminio, etc.). § 177 (Quomodo misceatur minium cum vermiculo). - § 178 (Quomodo - lavatur minium). § 186 (Quomodo viscum vel gluten fit, etc.), - § 18g (De incausto, etc.), - - § 190 (Quomodo in muro vel in pergameno ponitur aurum). § Ig2 (Item, etc.). - - § Ig3 (Modus distemperandi gummas, etc.). § Ig4 (De advertentiís habendis). - § Ig7 - (Quomodo temperantur colores in libris ponendis, etc.). § Ig8 (Qui ex mixturis colorum - ad invicem plurimœ ipsorum varietates fiunt). § - 200 (Quod gumma cum prohibet fluxum incausti), (3) Voy., dans la collection d'Alcherius, la recette de Jacques Cona (Ad ponendum aurum burniendum, etc.). Mss. de Le Bègue, § 2g1 (Merrifield, vol. I, p. 258 et suiv.). - Cf. aussi le traité De Arte Illuminandi, c. 14 et IS. Liber Illuministarius, Fol. 228 et - 228' (Ain grundt zum vergulden), etc. (4) L'emploi de la gomme seule pour cet usage est très rare. On lit dans le Liber Illuministarius (Fol. 204'): « Wild machen ain gold oder silber grundt, so nym ain kreiden als 1/2 pon (Bohne) und kandi als i arbes (Erbse), mit gumi wasser abgeriben », (5) Voy. entre autres dans la collection d'Alcherius la recette d'Antoine de Compiègne (Ad ponendum aurum super diversis quod burniatur, etc.). Mss. de Jehan le Bègue, § 2g8 (Merrifield: Orig. Treat., vol. I, p .280 et suiv.). Cf. aussi Cennino; Trattato, c. 158. Etc. . enduit et on y fixait la feuille d'or avec du blanc d'œuf (pratique déjà connue de Pline); puis survenait l'opération du brunissage. Le risque l'épaisse assise, qui préoccupait les d'écaillement de anciens miniateurs (Í), a été généralement obvié par l'habileté de l' opérateur (2); les larges champs d' or exhaussés des minia­ tures du treizième siècle notamment suivent sans effort les flexions de la page. Les quatorzième et qùinzième siècles marquent l'apogée de l'ornementation du livre manuscrit. En France succèdent aux r bibliothèques modestes des derniers Capétiens de la ligne directe les grandes collections du Louvre, de Louis d'Orléans, de Jean de Berry et des ducs de Bourgogne. Des souverains bibliophiles occupent le trône de France : Jean le Bon demande à Pierre Bersuire une traduction des Décades de Tite-Live et à Jean de Sy une version de la Bible en langue vulgaire; parmi les scribes et enlumineurs retenus à son service, on connaît les noms de Jean Suzanne et de Jean de Montmartre (3). Sous Charles V, Nicolas Oresme touche 200 francs d'or pour une traduction des Politiques et des Economiques d'Aristote, et Raoul de Presles travaille à en français la Cité de mettre Dieu. D'autres noms encore sont relevés par M. Molinier, « Jean Golein, traducteur d'une foule d'ouvrages dont l'Information des princes, le Ratio­ nal de Guillaume Durand, les Collations de Cassien, les Chro­ niques de Guillaume, évêque de Burgos, et plusieurs ouvrages de Bernard Gui; Jean Corbichon, auteur d'une version du Livre (r) Liber Illuministarius. « Wil er springen, wends mit zucker; jst er ze swach, wends mit dem leim; und kan nit feIen ... » (2) « Et quia in hoc magis valet pratica quam scripta documenta, idcirco non curo particulariter que sentio explanare; sapienti pauca, etc.» Anonyme de Naples, c. 14 (De assisa ad ponendum aurum in carta). Les opérations de la dorure (pose de l'assise et de la feuille d'or, brunissage, etc.) s'effectuaient avant l'application des couleurs. C'est ainsi que le fameux Ormesby Psalter, exécuté probablement pour Guillaume de Warenne et conservé à la Bodleienne d'Oxford (Bodl, Douce 366), renferme quantité d'initiales inachevées, esquissées à la plume, dont les parties destinées à être dorées sont parfois recouvertes d'une assise en relief de couleur rose ou mêmes de dorures terminées. Le même volume offre ailleurs d'intéressants indices techniques: tel dessin partiellement colorié montre que l'enlumineur achevait de recouvrir de couleur toutes les portions de son esquisse qui devaient recevoir telle teinte déterminée, avant de passer au coloriage des autres parties du dessin. (3) « A Poitiers, les Anglais trouvèrent dans les bagages du vaincu une belle bible, historiale que le comte de Salisbury racheta aux pillards et un magnifique exemplaire ... des Miracles de la Vierge, de Gautier de Coincy, qui, racheté par Charles V, fut plus tard donné par Charles VI à son oncle de Berry.» Cf. Molinier: Les Manuscrits et les Miniatures, p. 224' ... - 138- des Propriétés des ,choses, de Barthélémi de Glanville; Simon de Hesdin, qui le premier mit en français l'ouvrage de Valère­ Maxime; Denis Foulechat, traducteur du Polycraticon de Jean 'de Salisbury, etc. (1). Nommons, parmi les enlumineurs de » Charles V, un certain Jean-le-Noir et surtout le fameux Jean de 'Bruges (2), qui exécute la miniature initiale de en 1372 la Bible offerte au prince par Jean Vaudetar. De son côté, le duc de Berry se montre amateur passionné, recourant aux talents des miniaturistes les plus renommés du temps, André Beauneveu de Valenciennes (3), Pol de Limbourg (4) et Jacque­ mart de Hesdin (5); goût que partagent, à différents degrés, la plupart des princes français, Louis d'Anjou, Louis d'Orléans, créateur de la bibliothèque de Blois, Charles Vl, etc, précurseurs des bibliophiles du quinzième siècle comme J acques d'Arma­ gnac, duc de Nemours, ou le roi René. En Italie, l'art dè l'enlumineur accomplit également des pro­ grèsnotables; quatorzième au siècle apparaissent déjà des artistes réputés, telle moine Don Silvestro, élogieusement mentionné par Vasari (6); mais le réel développement du livre peint se place en 1 I talie au siècle suivant. Les enlumineurs clercs et laïques se ,.,... à multiplient Florence; le couvent de San Marco, en particu­ lier, possède des ateliers productifs où travaille Fra Benedetto, frère de Jean de Fiesole: Angelico a pour élève Zanobi Strozzi, « qui illustre deux antiphonaires de Santa-Maria del Fiore. A Sienne, 'on cite Girolamo de Crémone, Libérale de Vérone et Francesco Roselli. On connaît aussi les noms de divers artistes ferrarais et vénitiens: Taddeo Crivelli, Francho da Russi, de M·antoue; Guglielmo de Magni et Guglielmo Ziraldi, qui travaillent pour les ducs de Ferrare, Borso et Her­ cule I«. A Pérouse, notons Giacomo Corporali; citons encore . t Monte, fils de Giovanni di Miniato, qui travailla' pour le dôme (1) MOLINIER: op. cit" p. 225. (2) Appelé aussi Hennequin de Bruges ou Jean de Bandol ou de Bondolf. (3) Auteur de 24 tableaux représentant des prophètes et des apôtres, placés en tête du Psautier du duc de Berry (Bibl. Nat: Lat. Fr., 13091), (4) Exêcute, en collaboration avec ses frères Hermann et Jehannequin, les miniatures des Très Riches Heures (Musée Condé, Chantilly)" (5) Miniateur des Grandes Heures (Bibl. Nat. Lat., 919) et des Très Belles Heures (Bibl. de Bruxelles, nO r roëo). l­ (6) Selon Vasari, Ja main droite de Don Silvestro aurait été conservée à l'instar d'une I relique dans le couvent des Angeli à Florence (fondé au XIIIe s. par Fra Guittone d'Arrezzo). Don Jacopo, moine du même monastère, également { prôné par Vasari, parait a voir été scribe plutôt qu'enlumineur. Cf. VASARI: Vie de Don Lorenzo Monaco, .. - r39 - de Florence et pour Mathias Corvin, enfin Attavante » (1). C'est l'italie aussi qui fournit le document leplus complet illustrant la du miniateur médiéval le manuscrit technique : de Naples, connu sous le nom du De Arte Illuminandi. Rédigé selon toute apparence entre les années 1350 et 1400 (2) par un homme du. métier, ce recueil renferme en ses trente-deux articles un véritable compendium des connaissances pratiques que se transmettaient les miniateurs italiens, connaissances familières, au demeurant, sauf quelques particularités locales, aux mmia-. turistes de l'Europe entière (3). Les « bittumina» ou délayants nommés par notre auteur sont identiques à ceux des manuels plus anciens: eau de colle ¡ , (colla cirbuna, colla carta rum, etc.), réservée aux opérations de la dorure; blanc et jaune d'œuf (clara ovorum; vitellum); eau t de gomme (aqua gummre, aqua gummata) faite avec la gomme arabique (gumma arabica) ou adragante (dragantum): à cette liste s'ajoutait l'eau de miel et de sucre (aqua mellis; aqua zuc­ chari), dont on additionnait les dits « bitumes »; sunt ad dulcifi­ cc candum necessaria- >J, lit-on au chapitre III (4). TIne longue (1) MOLINIER: op. cit., p. 2g6. - -Voy. aussi CAHIER: Nouv. Mél. d'Arch. (Biblio- thèques), p. 203. (2) Cf. LECOY DE LA MARCHE: L'art d'enluminer, p. 3-4. (3) Suit la liste des chapitres de ms. de Naples: § 1. Introduction, - § 2. De bittuminis ad ponendum aurum, - § 3. De aquis cum quibus temperantur colores ad ponendum in carta, - § 4. De coloribus artificialibus, comodo fiunt, et primo de nigro. § 5. De albo. § 6. De rubeo colore artificiali. - - - § 7. De glauco. § 8. De purpureo colore. § g. De glauco colore naturali. § 10. De - - - De viridi colore. 12. De colore azurio, sive celesti colore, naturali et artificiali, § II. § - - rosaceo, alias dicto rosecta, § 13. De colore brasili liquido et sine corpore ad faciendum - umbraturam. § 14. De assisa ad ponendum aurum in carta. - § 15. De modo utendi ea. - - § !-6. De aquis seu bictuminibus ad artem illuminandi necessariis, et primo de aqua colle. § 17. De clara ovorum, et quomodo preparetur, § 18. De acqua gumme arabice. - - - § Ig. :be aqua mellis vel zucchari. § 2Ô. De coloribus, quomodo debent moleri et invicem - misceri ac in pergameno poni. § ZI. De modo operandi colores. - § 22. Ad florizandum - de azurio de Alamannia. § 23. Ad florizandum cinabríum. - § 24. Ad faciendum corpora - littararum de cinabrio. § 25. De coloribus ad illuminandum cum pizello. - § 26. Ad - temperandum cerusam causa profilandi folia et alia opera pizelli. § 27. De croco. - - § 28. Ad faciendum scribendum de cinabrio. § 2g. Ad faciendum primam investituram - cum pizello. § 30. Ad illustrandum colores post operationem eorum. - § 31. Ad ponen­ - dum aurum cum mordente qui accipit aurum per seipsum. § 32. RegIa síngularis ad - faciendum gummam pinzello 'quam etiam optimam pro illuminatione litterarum, tam . cum cum penna. colla � (4) De Arte Illum. § 2. �(Bittumina ad ponendum aurum sunt hec, videlicet, I cirbuna aut cartarum, seu piscium, et his similia. » § 3. « Aque vero cum quibus ponun­ - tur colores sunt hec, videlicet, ovorum gallinarum clara et vitella eorum, gumme arabice et ! gumme draganti cum aqua pura fontis resolute. Et aqua mellis sive aqua zuêchari aut candi sunt ad dulcificandum interdum necessaria » Voy. aussi les § 16, 17, 18, 19. Comp. ces ... expérience avait fini par assigner à certaines couleurs un délayant, déterminé; si l'auteur du Naples manuscrit de détrempe la plupart de ses couleurs à (1), il l'eau de gomme réserve le clair d'œuf le safran (2) et le cinabre (3), . pour pra­ tique déjà connue de Théophile, l'Anonymus Bernensis, Pierre de S. Audomar (4), etc'. Les instructions relatives à la dorure (§ 14 et 15 du recueil) s'appareillent aux.méthodes courantes. Conformément à l'usage d'alors qui identifiait souvent, comme dans le cas de Gherardo (5) ou de Ste Catherine de Bologne, le peintre et l'enlumineur, Cennino admet dans soh Trattato quelques préceptes de miniature, formant un ensemble decinq articles (c. lS7-161)surledessinàlapointedeplomb,la dorure, la fabrication du porporina », l'or en poudre, les cou­ « leurs (6). D'autre part, le manuscrit de Bologne intitulé Segreti per Colori renferme une foule d'articles ayant trait à l'art du miniateur (7). Aucune de ces formules ne s'écarte des méthodes universellement acceptées. Signalons, au paragraphe 173, une influence allemande : ({ A fare scisa metere oro in carta per e per brunire secondo luso thodesco. » L'Allemagne produisait en effet vers cette époque un nombre relativement considérable de manuels d'atelier. Tandis 'y qu'en France les textes concernant la technique de la miniature se réduisent à une collection de recettes disséminées dans les écrits de Le Bègue (8) et aux préceptes recueillis par Alcherius instructions avec les indications de Théophile, de Pierre de S, Audomar, etc., données plus haut. Dans l'emploi du « vitellum avi», l'enlumineur italien s'accorde avec l'auteur de l'Anonymus Bernensis (Cf. par ex. le ms. de Naples, § 3 et 20, à l'article du vert de cuivre). (I) De Arte Illum., § 25. (2) Idem, § 27. (3) Idem, § 23, 24, (4) Cf. SCHEDULA: L. L, c. 3g. Anonym. Bern. (à l'article du - safran). - Pierre de S. Aud. § 165, 177 (numération de Le Bègue), etc. (5) Cf. VASARI: Vita di Gherardo. (6) CENNINO: Tratt., c. 157 (In che modo dei miniare e mettere d'oro in carta). - c. 158 (Un altra modo per mettere d'oro in carta). c. I5g (Di un colore simile all' are, il - quale si chiama porporina; e in che modo si fa). c. 160 (In qual modo si macina l'oro e - l'argenta, etc.). c. 161 (Ce dernier - chapitre, sur les couleurs employées pour peindre sur parchemin, n'est pas compris dans le ms. de la Vaticane, publié par Tambroni). (7) Ms. DEBOLOGNE: L. III, § 60-68. L. IV, § g2, g3, 104, roç. - L. V, II3, Il4, - 132, 133 (ces deux dernières recettes, dépourvues de titre, relatives à la fabrica­paraissent tion d'une encre rouge au moyen du «verzino »), 138. - L, VI, § 143. 144, 145, 149.I50, 153, 154, 156, 157, 158, 160, 163, 164, 165, 168, I6g, 172,173, 174, 175, 177. - L, VII, § 184, I8g, 203, 224, 225, 22g . . (8) Mss .. DE JEHAN LE BÈGUE: Experimenta de coloribus: §§' I, 2, 3, 13, 16, 18,20-28, 31-35, 38, 3g, 47, 104. _. Voy. aussi dans la collection de recettes annexées par Le Bègue I � .. de la bouche de Jacques Coene et d'Antoine de Compiègne, les recueils allemands forment une véritable série qui débute par le manuscrit de Strasbourg et continue par celui de Heidelberg (N° 309. Pal. germ. 676), le Liber Illuministarius des moines de Tegernsee et l'Illuminirbuch de Valentin Boltz de Rufach. . Les articles sur la miniature inclus dans lé manuscrit de Strasbourg renouvellent, 'au du délaiement des couleurs, sujet les indications de Théophile, d'Héraclius, de l'Anonymus Ber­ .. nensis général de la pr�sque totalité des auteurs tech- et en niques L'usage y reparait de l'eau de gomme, de l'œuf, de la colle de poisson (cette dernière entrant dans la composition d'une assise pour l'or, en conjonction avec la craie, creta pel­ « licaria, das ist die die kürsener hant ») (1), etc. Au para­ graphe 23, « meister Andres von Colmar» recommande l'ad­ dition de myrrhe blanche à l'eau de gomme (2); la préparation du clair d'œuf est similaire à celle pratiquée par Héraclius (3). Il suffit de mentionner ici la multitude de recettes d'enlu­ minure qui s'éparpillent dans les manuscrits de Heidelberg (N° 309. Pal. germ.295. Pal. germ. 638. 676. Pal. - N° - germ. 211, etc.) (4) et dans l'assemblage chaotique de formules diverses constituant le Liber Illuministarius et qui ne consistent du reste qu'en fastidieuses répétitions de traditions séculaires, ' où les mêmes données reviennent continuellement sans variation essentielle (5). L'ordre reparaît dans l'Illuminirbuch de Valen­ tin Boltz, destiné, il est vrai, à l'impression. La première édition manuscrit d'Alcherius Treat. Vol. I, p. 291.321) les § 3g3a, 305, 30g, au (MERRIFIELD: Orig. 310; 3Il, 312, 314, 320, 321, 323, 324, 328, 32g, 331, 336, 337, 33g, 343. Nombre de ces recettes, ayant trait à la chrysographie, ont été mentionnées plus haut. (I)Ms. de Strasbourg, § 13. (2) Idem, § 23. « Leg dazu ein settit wisser mirren. » (3) Idem, § 24. Héraclius, L. III, c. 31. L'usage du jaune d'œuf est également cité - par le ms. de Strasbourg (§ I, 3,5, 6,7, etc.) comme par le ms. de Naples et l'Anonymus Bernensis. Cf. BERGER: Beitrage, vol. II, p. 151. - (4) Cf. BERGER: Beitráge, Vol. II, p. 177 et p. 149 (note). (5) Le ms. de Heidelberg nO 30g (Pal. germ. 676) contient, il. côté d'autres matières, des instructions pour la fabrication de couleurs végétales et leur délaiement au clair d'œuf, pour la confection d'assise à dorer, pour la chrysographie et l'argyrographie, etc., qui présentent des similarités avec celles du ms. de Strasbourg (Voy. Berger, Beitr. Vol. II, p. 177). Nous donnons ici les quelques recettes du Liber Illuministarius (Fol. 23 et 23') Zu rubriques de . " plaber tincken. - De scriptura aurea. -= (Fol. 17' et 18) Quomodo fiat aurum (Fol. 14) musicum. (Fol. 17') - Litera argentea, (Fol. 227') Ain schôns rôsli. - (Fol. 27') De colore - parisiensi. (Fol. 26) De minio. - (Fol. 125'-127) Lasur peraitten zu florieren, etc. - - (Fol. ú) Gummi arabicum. (Fol. 228 et 228') Ain grundt zum vergulden. -� (Fol. 204') - Vergulden auf papir oder pergamen. (Fol. 235') Ad fundamentum siccum. - Etc. - , , , de ce traité fut imprimé à Bâle en 1549, sous le titre: « Illumi- nierbuch, wie . man allerléy far ben bereitten, mischen, schat­ tieren unnd ùfftragen soll, etc. » au point de vue (1)."'L'ouvrage, chronologique, n'appartient plus procédés au moyen àge, et les qu'il perpétue seront désormais. lé plus souvent appliqués au coloriage des xylographies et des estampes, ainsi que l'attestent entre autres nombre d'exemplaires des Heures de Simon Vostf€ . ou de Hardouyn. Les données de· I'Illuminirbuch coïncident -� avec celles du manuscrit de Strasbourg (selon Berger, la troi­ sième partie de ce dernier recueil aurait même servi de proto­ au formulaire de Le traité débute par la fabri­ type Boltz) (2). cation de temperatur wasser uff mancherley wiss », L'auteur J( en distingue six variétés; la première, « das erst und besr-», consistant en un mélange des gommes àrabique et adragante, et les quatre suivantes de substances diverses, colle de parchemin additionnée de miel; gomme de cerisier, Gummi Cerasarum, « das ist kriessbournen hartz» (déjà employée par le moine Théo­ phile); gomme d'amandier, « mandelboumen hartz»; clair d'œuf, albumen », etc.; la dernière enfin est une mixture « complexe des gommes arabique et de cerisier, additionnées d'ichtyocolle (bitumen), de myrrhe (wisse Myrrha). et de vinaigre (3). L'emploi de l'œuf entier. est mentionné dans un t > article du Livre II, intitulé « Rubrycken temperatur (4). » " A l'époque où Valentin Boltz composait son traité, l'art de la miniature appliquée au livre touchait à 'son terme.Dès la fin du quinzième siècle, tous les grands centres européens, àl'exemple de Mayence, de Strasbourg et Cologne, possèdent une imprimerie; U lrich Gering, Martin Krantz et Michel " Friburger fondent celle de Paris en 1469; William Caxton publie un ouvrage à Londres (i) Publié par C. Benziger (Callwey, Muních ; 1913). (z) Cf. BERGER: Beitrage, Vol. II; p. 149-150. Viel sicherer kônnen wir beweisen, « -. das die Rezepte des Strassburger Ms. (od. der • Urschrift) in der Folgezeit selbst als Vorbild gedient haben, und den Grundstock für Boltzen's Illuminierbuch .. , abgegeben haben » .... (3) Voy. ces articles dans BERGER: Beitrâge, Vol. Il, p. 187-188. loin dans l'Illuminirbuch : « Gummi mancherley anzeigung unnd gebruchen ». Suit sous cet en-tête une lyms, énumération - ·so Nous lisons plus die Illuràinisten­ descriptive de ces substances, dont I· nous donnons ici les rubriques: § 17, Perment lym. § 18, Huszlym (ichtyocolle). - - § 19. Mundlym. § zo. Tragant. - - § zr. Gummi Arabicum. - § zz. Wysz vom Eyg.­ § z3 -; Gummi lacea, (4) 1< Rubrycken temperatur. Nim ein gantz ey - wie vyl du'(oder in ein 'wilt), molscherben. Güsz darunder einer haselnussen grosz wyssen essich. Dz alles klopff wol - durcheínander. Brichs darnach mit d'fad'brechy. Ball es zu letst durch ein schwammen sechs mol und glantz. ungforlich, Temperier alle Rubrycken darmit an, zy werden schôn » .. " .' ... . . .. � .. .. - ....... -. ..... • en1480;'Sweyhheim et Pânnartz s'établissent à. Rome (1467), Balthazar Azzoguidï Jean de Spire à Venise, Bernardo Cenniniet la concourt à Floren e et Bologne, etc. D'autre part xylographie lemanuscrit à miniatures; ses avec pour détrôner l'imprimerie se répandent produits, souvent d'un très réel mérite artistique, partoutell nombre; c'est l'époque des Antoine Vérard, grand des Simon Vostre, des Kerver, des Pigouchet. L' enluminure et la miniature s'efforcent pendant quelque temps de s'adapter aux bor- conditions nouvelles; on' orne' de peintures (initiales, . � La grande- Bible de dures, etc.) les pages des livres imprimés. quarante-deux lignes, dite Bible Mazarine, entre autres, porte en souscription: Iste liber illuminatus, legatus et completus « est p. henricum Cremer vicariü ecclesie collegiate Sancti Ste- phani Moguntini sub anno dñi Melesimo quatringentesimo quin­ Marie» (I). quagesimo Sexto, festo assumptionis gloriose Virginis Le seizième siècle produisit encore des œuvres remarquables issues des ateliers de miniaturistes célèbres: en Allemagne le Missel d'Albert de Brandebourg, archevêque de Mayence, exé- cuté à Nuremberg en 1524 par' Nicolas Glockendon (2); eft France le Livre d'Heures d'Henri II, orné d'une série de minia- enluminés par tures exceptionnelles (3) ; en Italie, les manuscrits de bas Giulio Clovio, etc. Mais l'ère des éditions nombreuses et des AIdes et-des Juntes, des prix est arrivée avec les publications concurrence devint � ',:-.,. Estienne, des Dolet et des Plantin. Toute impossible, et quoique le livre peint etminiaturé puisse toujours valeur une raison d'être, on peut le � trouver dans sa artistique 'qonsidérer, au point de vue pratique, comme ayant cessé d'exister vers la seconde moitié du seizième siècle. Les procédés techniques de l'art expirant furent repris par les enlumineurs d'estampes et les miniaturistes sur ivoire, et nous les voyons .. reparaître sous cette forme dans les « Kunstbüchlin allemands, » • De Mayerne, les le traité de Christophe Ballard, le manuscrit de • du dix-huitième siècle.cetc., jusqu'à « Ecoles de Mignature » ! . nos jeurs, ,} (r) (2) Cf. BRADLEY Un manuscrit : Il1umi�ated Mss., chap. XI, analogue, le Livre de prières p. 240. de Guillaume de Bavière, exécuté par nurembergeoise des Glockendon, est conservé à la un autre artiste de la célèbre famille Bibl. de Vienne. - Voy. BRADLEY: op. cit., p. 192-3. Cf. QUENTIN-BAUCHARD : La Bibliothèque de Fontainebleau et les livres des (3) • derniers Valois (Paris, 1892). • . • '" .. - 144- • D'intéressants détails sur le matériel et et de l'enlumineur l'outillage du scribe rencontrent, en dehors des manuels tech­ se niques, chez nombre d'auteurs médiévaux. Certains de ces pas:­ sages sont notés ci-dessous. Confection du parchemin: Extrait d'un sermon d'Hildebert, archevêque de Tours (XIIe s.) (Wattenbach: Das Schriftwesen im Mittelalter, p. z08). Passage d'un sermon de Petrus - \ Cornestor (Migne: CXCVIII, 1738). Extrait du « De natura \ - animalium » de Conrad de Mure (Wattenb op. cit., zog). , - Texte d'Ull moine de S. Gall (vers goo) (Dürnrnler : Mitth, d .. Züricher Ant. Ges. XII, Z47). Extrait d'un calendrier de - l'an g6i (Wattenb., op. cit., p. 126). Extraits du - XX artium « "liber de Paulus Paulirinus » .' (xv- s.) (J. Kemke : Centralblatt f. Bibliothekswesen. VII. .J¡ - . Jhrg. Leipzig 18go, p. 144). Extrait - du Adv, Judœos de Pierre de Cluny, c. 5 (Andr. du Chesne: Bibl. Clun., p. 106g). Passages de César de Heisterbach et - d'Ernest de Prague, cités par Wattenb., p. aoê-zcç. Instruments du scribe: Isidore de Séville: Orig. VI, 13. - Règle des Chartreux, c. II, § 16. Glossaire de J. de Janua au - Vocab. Lat. de Papias (Watt., op. cit., p. 211). Passages d'un' - glossaire médiéval, cités par Wattenb, op. cit., p._213, z iS, 223, 22g, 275, etc. Anthol. Pal. ed. Jacobs I, - 28, 205, 206, 207, .. 208. Extrait d'un ms. du xm= s. à la bibl. de S. James à - S. Edmunds Bury (Middleton: Illuminated Mss. Appendix, p. 265). Format du parchemin: Extrait de Conrad de Mure: Summa de prosandi, compilata a magistro Cuonrado cantore ecclesie arte thuricensis, etc. (Quellen z. bay. u. deutsch, Gesch. Vol. IX, part. I, p. 417. Munich, 1863) .. Taille des plumes: Extrait du « Metra bona beneque scrip­ toribus attendenda »,' écrit par un moine d'Andechs en 1481 (Cod. lat. 31Z4 de la bibl. de Munich. Fol. 49 et 49'. Rock­ - inger : Abh. d. III. Cl. d. k. Ak. d.' Wiss. XII Bd. I Abth. p.52). Encres: Formules tirées de divers manuscrits, publ. par Wattenb., op. cit., p. 238, 23g. Cf. aussi Pertz: Archiv. X, 52g; Wright and Halliwell, Reliquœ Antiques, I, 317, etc. Chrysographie: Papias : Vocab. Lat. au mot Libri (Du Cange: Gloss. medo et infim. lat., à l'art. Aurigrafus). • � J Peinture a la ciré et à l'huile, Quoique la peinturecire, de même que celle à l'huile, à la ait été connue et mise en pratique durant le moyen âge, ni l'une ni l'autre de ces méthodes ne peut être considérée comme repré­ sentative des procédés techniques médiévaux, La peinture à la les Grecs et les l'encaustique, largement pratiquées par cire et Romains, demeurent essentiellement antiques, et leur souvenir s'efface en Occident dans les ateliers d'artistes à mesure que s'avance le- moyen âge; la peinture à l'huile, inversement, apparaît à l'état embryonnaire pendant la période médiévale, demeure stationnaire jusqu'au terme de cette époque, pour ne se développer qu'aux approches de la Renaissance. Elle appartient bornerons par conséquent donc aux temps modernes. N ous nous à donner, pour chacune de ces techniques, un résumé sommaire de leurs histoires respectives. • J> .' '" :10 _ .... e. T • • .- .... - �.... .. r \ I \ 1 ·1 t f 1 I -. : "" CHAPITRE IV La peinture à la cire. Diversité des Légendes relatives à l'invention- de la peinture à la cire. - procédés employés. Les textes de Pline. - L'encaustique appliquée à l'ar­- chitecture. Les portraits hellénistiques - du Fayoum. La peinture à la cire­ - citée par 1es auteurs byzantins. Son déclin graduel- et sa disparition des manuels techniques. « Ceris pingere ac quis primús excogita­ picturam inurere verit, non constat », écrivait Pline au chapitre 39 du trente­ cinquième livre de son Histoire Naturelle. Il réfute ensuite l'opinion de ceux qui attribuaient l'invention de cet art à Aristide 1I et son perfectionnement à Praxitèle en alléguant l'existence de tableaux encaustiqués dus à des maîtres plus anciens, tels ceux de Polygnote, ou encore ceux peints par Nicanor et Arcésilas de Paros. Pline relate, en surcroît, que Lysippe écrivit sur les pein­ tures qu'il exécuta à Egine le mot 'ElIÉxcœll (Lysippe a brûlé), « ce qu'il n'eût certainement pas fait si l'encaustique n'eût été inven­ tée) (1); enfin il nomme, parmi les artistes grecs qui peignirent à la cire, Pamphile, maître d'Apelles, et Pausias de Sicyone, fils de Bryès (2). SQUS la désignation générique de peinture à la cire, l'anti­ quité comprenait des procédés techniques assez variés. Pline .en distingue trois, qu'il caractérise dans les termes suivants : « Encausto pingendi duo fuere antiquitus genera, cera et in ebore cestro, id est, vericulo, donee classes pingi coepere. Hoc tertium accessit resolutis igni ceris penicillo utendi, qure pictura , I navibus nec sole nec sale ventisve corrumpitur : (3). A part la \ (I) PLINE: Hist. Nat., L. XXXV, c. 39. cit. L. XXXV, Pamphilus quoque Apellis praeceptor non l (2) PLINE: op. « c. 40: pinxisse tantúm encausta, sed etíam docuisse traditur Pausian Sicyonium primum in hoc . genere nobilem. Bryetis filius hic fuit, ejusdemque primo discipulus .» Etc. cit., L. XXXV, c. 41. Cf. aussi le même auteur, L. XXXV, ·1 (3) PLINE: op. - C. 31 : « Cerre tinguntur isdem his coloribus ad eas picturas, qure inuruntur, alieno parie­ tibus genere, sed c1assibus familiari ..• ll, ,_ l , lo mention du procédé de la peinture sur ivoire à l'aide du cestre, dont Pline cite l'emploi par la fameuse LaIa de Cyzique (1) et dont la nature exacte demeure inconnue (2), ce passage, pris en conjonction avec le titre du trente-neuvième chapitre 'du livre XXXV, fourni par l'Index à l'Histoire Naturelle (3), per­ met de préciser suffisamment la nature des méthodes pratiquées le modelage sur la par les anciens: à savoir, en premier lieu, surface du panneau, à l'aide du cautérium, des matières colo­ rantes mêlées à la cire; secondement, la peinture au pinceau au moyen de couleurs incorporées à de la cire fondue (4). Les dis­ cussions étendues dont l'objet se trouvent ces textes ont été résumées dans les ouvrages de Laurie et de Berger (5). Il suffit de noter que l'encaustique s'appliquait non seulement à la pein­ ture portative, mais aussi au décor mural (les comptes de construction de l' Erechtheion mentionnant le salaire des « encaustes » (6) ont été cités ailleurs; on sait encore que, selon les de terre cuite des Thermes d'Agrippa à Pline, ornements Rome étaient coloriés méthode). Nombre de por­ d'après cette traits sur panneau, exécutés à la cire et attestant dans leur facture l'emploi du cauterium et du pinceau, ont été découverts à Hawara par Flinders Petrie ; citons enfin les peintures hellé­ nistiques trouvées à la nécropole de Rubayât dans le Fayoum, PLINE: ibid., xxxv, 40. «Lala Cyzicena perpetuo virgo, Marci Varronis juventa, (I) Romœ et penicillo pinxit, et cestro in ebore ... » (2) Cf. LAURIE: Materials of the painters craft, etc., p. SI. «Probably the process consisted of some method of engraving on the ivory with the sharp-pointed cestrum and following up the lines with coloured wax; but it is difficult to understand what exactly pictorial effect would be gained in this way, though the results may have been similar to the Italian graffito in effect. » C. Plinii Historiarum Mundi elenchos : Lib. XXXV, c. 39. (<'Qui encausto cau­ (3) terio vel cestro vel penicillo pinxerint.)) Cette version est donnée comme la plus correcte (Beitrage, vol. I, p. 191) d'après l'édit. de Pline par le prof. C. Mayhoff. par BERGER Celui-ci écrit: Nach Aussage sâmtlicher verglichenen Handschriften, var aÜen der « áltesten und auschlaggebenden in Bamberg, die ich selbst nachverglichen habe, lautet die ursprüngliche Fassung der Inhaltsangabe im Index zu XXXV, sect. 41. so : qui encausto cauterio vel cestro vel penicillo pinxerint », Il ajoute en note: « Diese Fassung der Satz ist zwar vollkommen verbürgt, aber nicht durchgângig fehlerfrei und unverstümmelt überlie­ ich daher hier die handschriftL Varianten : statt encausto hat der Bamb. B mit fert; gebe mehrfach vorkommender Verschreibung encauto, der Riccard. R. encausta, der Voss. V. und Paris. E, causta; statt cauterio bat B cauteri (o var u ausgefallen). Vollstândig bietet den Satz nur B; etc. )) (BERGER: ibid.). (4) Cf. LAURIE: op. cit., p. SI-52. (5) LAURIE: Greek and Roman methods of painting, p. 36-68. - Berger: Beitrage, vol. I, p. 185-238. (6) « Encausta, picta; quia Encaustae dicuntur pictores qui muros pingunt. » EtymoL magn. verb. 'E1x€X"v¡.téY,! (Eméric-David : Hist. de la peint. au moyen âge, p. 95, note 5). 1 r I ' .. .. I49- - s'étendant depuis qui s'échelonnent, selon Ebers, sur une période en l'ari 392 l'époque des Ptolémées jusqu'à l'édit de Théodose de notre ère (1). La peinture à la cire se maintint en Occident pendant toute la durée de l'empire romain, et de nombreuses allusions à son Ovide (2) emploi se trouvent chez les auteurs du temps comme et Martial (3). Atque materia ipsae (pictoris), « cera, colores, pigmenta lit-on dans l'Onomasticon de Julius pharmaca, », Pollux (4), rhéteur et grammairien du second siècle de notre ère. Après le transfert du siège de l'empire à Byzance, l'encaus­ ateliers d'artistes de la tique continua à être pratiquée dans les à capitale nouvelle. L'historien Procope en fait mention, propos du palais impérial construit par l'empereur Justinien (5). Si », « écrivait Eméric-David (6), nous consultons les écrivains qui se « sont succédé pendant une longue suite d'années, Apulée, Ter­ saint tullien, Eusèbe, Nazaire, saint Ambroise, saint Athanase, Chrysostome, Hirnérius, Ausone, Prudence, Boëce, Procope, les les rédacteurs des lois de Justinien, saint Jean Damascène, Pères du second concile de Nicée, Nicéphore, patriarche de mort vers l'an 828, tous semblent s'être attachés Constantinople, à rappeler que les peintures dont ils parlent, soit portatives, soit imprimées sur des' murs, étaient exécutées à la cire et au l' ac­ pinceau; tous parlent de cire fondue, de cire pénétrée par semble tion du feu » (7). Après cette période de floraison il ... FLINDERS-PETRIE: Hawara, Biadmu and Arsinoé (Londres 188g). - G. Ebers (I) Antike Portràts, die hellenistischen Portrâts aus dem Fayum (Leipzig, 18g3). (2) « Coloribus ustis », Ovide: Fast. L. IV, vers 274, Encaustus Phaëton )J. Martial. L. IV. Epigr. 47. (3) « il (4) Né à Naucratis, en Egypte, mort à Athènes. Son Onomasticon ou Lexique, l'usage des orateurs, fut dédié à Commode. Voy. Onom. L. VII, c. 27. segm. 128 (Eméric­ David: op. cit., p. go). Voir aussi les Sententiarum receptarum libri du jurisconsulte - Paulus. L. III, t. VI, § 63. (5) PROCOPE: De Aedif. L. I, c. 10. (6) Hist. de la peint. au moyen âge. p. g6"97 . nubit • (7) « Cera inustum. » Apul. Apolog. ed, ad usum, p. 424. - « Pingit illicite, I »l, etc. ac Voy. encore De Mayerne, § 158. - (II) Voy. l'art. de Berthelot sur l'alch. dans la. Grande Encycl. Tome Il, p. 18, col. 2. 171- - le chesbet naturel du artificiel (1); celui-ci, un verre produit coloré par un minerai de cuivre, est mentionné par Théophraste sous le nom de cyanos sceuastos » (2). Une composition ana­ « logue, de teinte verte, figure dans le Traité sur l'art sacré, d'Olympiodore (3). Vitruve fournit certains détails sur la com­ position de la couleur bleue vitrifiée connue sous le nom de fritte d'Alexandrie, et ajoute que Vestoriusen avait établi une fabrique à Pouzzoles (4). C'était un composé de sable, de natron et de limaille de Chypre, soumis à la vitrification, puis pulvérisé. La présence de ce bleu a été signalée au cours de di verses analyses, entre autres celles de Davy, portant sur des fragments de peintures extraites de ruines situées près du monument de Caïus Ces­ tius (5) ; celles, effectuées par Chaptal, de couleurs trouvées à Pompéi (6) ; les recherches de Chevreul sur les couleurs décou­ vertes dans la villa gallo-romaine de S. Médard-des-Prés (7), etc. Selon Berthelot, les anciens connaissaient le verre bleu teint par le cobalt; ce dernier serait le bleu mâle de Théophraste, opposé au bleu femelle, dérivé du cuivre (8). Au onzième siècle, on cherchait, à en croire le moine Théophile, des verres colorés antiq ues « dans les anciens édifices des païens» (9); ceux de teinte bleue étaient employés par les verriers, qui en fabriquaient « tabulas saphiri pretiosas ac satis utiles in fenestris » (10). Oublié pendant tout le moyen âge, le bleu d'émail reparaît sur la palette des artistes vers la fin du quinzième siècle. En 1492, Léonard de Vinci nomme cette couleur parmi celles fournies pour la décoration des appartements de Ludovic le More (11). D'après Baldassare Orsini, le Pérugin aurait employé (I) Ibid. (2) Ibid. Voy. sur le cyanos et le chesbet, Helbig: L'Épopée Homérique, ch. VIII, - p. 128-134 (Paris, 1894)' (3) Traités Démocritains. Olympiodore : Sur l'art sacré, § r3 (Berthelot: Coll. des - alch. grecs. Vol. I, p. 83. Trad.). (4) VrTRuvE: L. VII, c. II. (De cœruleo et usta). (5) Manuel du fabricant de couleurs. Introd., p. r4. - (6) Ibid., p. 18. Ce rapport de Chaptal fut présenté en mars 180g à l'Acad. des Sciences. (7) CHEVREUL: Mém. sur plus. objets d'arch., etc. Mémoires de l'Académie des - Sciences. Tome- XXII, p. 19I et 206. (8) BERTHELOT: Les Origines de l'Alchimie. Les métaux chez les Egyptiens; § 5. Le saphir ou chesbet, p. 220. (g) « In antiquis edificiis paganorum. » Schedula Theophili : L. II, c. 12 (De diversis vitri coloribus). (ro) Ibid. (II) AMORETT! : Memorie Storiche di Leon. da Vinci, p. 38. 172- - le « srnaltino » dans un tableau à Montone (1). A l'époque où Caneparius écrivait son traité De Atramentis », -on en-fabri­ « quait en quantité considérable à Venise, sous le nom de « zaffre dérivé du {a(firo ou safireus (2) médiéval, Le », terme manuscrit de Bruxelles (1635) le qualifie de cërulëe ou d' atur à poudrer (3); Christophe Ballard, d' émail (4). Bleus végétaux (indicum, glastum, lazur, Iulax, indigo bagadel, indebas, etc.). Les teintes bleues extraites des plantes et utilisées en pein­ ture sont mentionnées par Vitruve et par Pline qui relate un (� pròcédé de falsification de l'azur par une décoction de violettes fixée sur une base de craie d'Erétrie (5). Les auteurs du manus­ crit de Lucques (6) et de la Mappae Clavicula (7), Héraclius (8)) J ehan le Bègue (9) et- plusieurs autres écrivains rapportent des procédés analogues, évidemment directement dérivés des mé­ thodes antiques. L'indigo était employé err teinture par les Egyptiens; et les Romains, qui s'en .servaient pour la peinture, le recevaient directement de l'Inde. Hérodote semble avoir ignoré son existence (10), mais d'après le Périple d'Arrien (11), cette plante aurait été exportée des bords de l'Indus en Egypte, exportation dont l'origine remontait probablement à une haute antiquité (12). (I) BALDASSARE ORSINI: Elogio e Memorie di Pietro Perugino, p. �o8 et suiv. (a) « Safireus color est color quilibet saphiri lapidis assimilans, videlicet proprie inter celestem et rubeum, plus ad celestem trahens colorem quam ad rubeum. » Table des Synonymes de Le Bègue, à l'art. Safireus. (3) Ms. de Bruxelles; chap. VII, § 3; ch. VIII, § 39. (4) Traité de Mignature de Christophe Ballard, p. 216-217. (5) PLINE: Hist. Nat. L. XXXV, c. 57. « Fraus, viola arida decocta in aqua, succoque per linteum expresso in cretam Eretriam.» Dans le même chapitre, Pline écrit: cc Tingitur autem omne (cœruleum), et in sua coquitur herba, bibitque succum » (Camp. le Sillacetus de la Table des Synonymes de Le Bègue). Cf. aussi Vitruve: L. VII, c. 14. (6) ANONYMUS LUCENSIS : c. 75 (De Lazuri), c. 76 (Compositio Lulacin). (7) MAPP./E CLAVICULA: cap. CVIIl (Compositio Lazurin), CLXVI, CLXVII, etc. (8) HÉRACLIUS; L. I, c. 2 (Quomodo fiant diversi colores de floribus campestris, etc.) • � (9) Mss. de jeh, le Bègue; § 314 (A faire couleûr blauet comme d'azur). . (IO) Hérodote parle cependant de peuplades caucasiennes cc qui ont une sorte d'arbre dont les feuilles, broyées et mêlées avecde l'eau, leur fournissent une couleur avec laquelle ils peignent sur leurs habits des.figures .d'animaux » Voy. Clio, Livre I, c. 203. Selon - Pline (H. N. XXII, c. 2), les femmes des Bretons se teignaient le corps avec la plante nommée glastum (guède, isatis tinctoria], - (II) Arrien (Flavius), historien, géographe et philosophe du Ile siècle de l'ère chré­ tienne. Né â. Nicomédie en Bithynie, vers la fin du 1er siècle, mort sous le règne de Marc­ Aurèle. (IZ). Cf. WILKINSON: The Ancient Egyptians ¡'vol. II, P: 77:79 (éd. abr.). - 173- .Dioscoride distingue deux sortes d'indigo (1) ; en outre il cite le « glastum sativum, quo infectores lanarum utuntur (2). » Pline consacre à l'indigo un chapitre du trente-cinquième livre de son Histoire Naturelle : ilIe place au premier rang après-le - purpurissum, et fixe s_on prix à vingt deniers la livre (3)-. L'indigo reparaît dans la Mappae Clavicula (4), le manuel d'Héraclius (5), l'Umdet-el-Kuttab (6), etc. Il est cité dans les tarifs de Marseille de l'année 1228 (7). On le nommait en Italie indigobagadel, indigo baccadeo ou bandas, indaco del golfo (8). Jehan le Bègue écrit inde de Bandas, c'est-à-dire Baguedel (9). Des « ) succédanés de l'indigo véritable étaient souvent employés au moyen âge; nommons ici la guède (l'uvatum du ms. de Luc­ ques) ou pastel, tirée de l'Isatis tinctoriaivcè, La concurrence de cette dernière entrava même longtemps le commerce de l'in­ digo véritable. Au dix-huitième siècle, les teinturiers de Nurem­ berg engageaient encore par serment à ne se servir que de la s' . guède, et Henri lV alla jusqu'à prononcer la peine capitale contre tout artisan qui emploierait l'indigo, -qu'il qualifiait de drogue pernicieuse (11). « » (1) DIOSCORIDE: L. v., c. 107. « Indici duo genera, unum' sua sponte nascitur, tan­ quam spuma, germinatione Irrdicis.arundinibus exiens. Alterum infectorie dant officinae : et est spuma purpurea innatans cortinis, quam detractam artiûces siccant. » Etc. Comp. Isidore de Séville: Etym. XIX, 17. (2) Diosc., L. -II, c. 215 (Glastum), (3) PLINE: Hist. Nat., L. XXXV, c. 27. (4) Mappae Clavo Ire part., § 8 (De diversis Coloribus). (5YHéraclius: L. III, C. 56. (6) Umdet-el-kuttab., c. XII (BERGER: Beitrage, vol. II, p. 61, note). - Cf. encore Marco Polo, I, 25. _ (7) Depping : Histoire du commerce; T. I, P.-1.4I. (8) DEPPING: op. cit. - Merrifield: Orig. Treat., vol. I, p. CCXV. (9) JEH. LE BÈGUE: Experimenta de _Coloribus, .§ 96 (Pour faire l'eaue perse). Voir encore sur cette couleur Vincent de Beauvais: Speculum naturale, L.VIII, C.lOO (De sirico, . et indico cerusa). ac (10) Vitruve (L.VII, C. 14) parlé d'une imitation de l'indigo faite « en teignant lacraie sélusinienjie ou l'annulaire avec la guède, que-les Grecs appellent ísatis », (II) Cf. Grande Encycl., art. Bleu. II (Bleus végétaux), § 2. Le pastel (T.VI, p. II20). r: • r-' CHAPITRE III Couleurs vertes. Le vert de cuivre. - Les verres colorés; la colonne d'émeraude d'Héro­ dote. - L'aerugo et le iarin. - Le vert de cuivre chez les alchimistes. - Recettes diverses. - Sa conservation. La terre verte. L'orobitis et le théodotion. Le prasin. Pratiques - - - de Pierre de S. Audomar et de Cennino. Verts végétaux. Leur usage en - miniature. - Articles du manuscrit de N aples, du Liber Illuministarius, etc. • Vert de cuivre (aerugo, flos aeris, jarin, viride salsum, viride Hispanicum, viride Rothornagense, viride Graecum, etc.), Cette couleur, qui occupe une place si importante sur la palette des peintres médievaux, ne paraît avoir été guère moins prisée par les anciens. Les Egyptiens fabriquèrent de bonne heure des verres de teinte verte colorés par le cuivre; il est pro­ bable que la colonne d'émeraude qu'Hérodote vit dans le temple d'Hercule à Tyr, en Phénicie (1), se rangeait parmi les produits analogues. Vitruve (3) rapportent les pro­ (2) et Pline cédés de fabrication de l' aerugo proprement dit; ses propriétés corrosives sont signalées par Celse (4). L'anonyme de Lucques, qui fournit sur la produ-ction de l'oxyde de cuivre des indica­ tions correspondantes à celles des auteurs antiques, appelle cette (I) HÉRODOTE: Euterpe, L. II, Le moyen âge fabriqua également des objets c. 44. - similaires; telle fameux Sacro Catino Gênes, etc. de (2) Vitruve; L. VII, C. 12. Voy. aussi Dioscoride : L. V, C. 91 (Aerugo rasilis), - L'appellation cc aerugo rasa» se trouve aussi chez Aetius Amidenus; op. cit. L. II, c. 55. (3) PLINE: Hist. Nat. L. XXXIV, c. 26. «Aeruginis quoque magnus usus. Sed pluribus fit ea modis. Namque et lapidi, ex quo coquitur aes, deraditur ; et aere candido perforato, atque in cadis super acetum suspenso, aereo obturatis opercula, multo probatiore, quam si hoc idem squamis fiat. Quidam vasa ipsa candidi aeris fictilibus condunt in acetum, radunt­ que Xdie. Alii vinaceis contegunt, totidemque post dies radunt, Alii delimatam aeris scobem aceto spargunt, versantque spathis saepius die, donee absumatur ; eamdemque scobem alii terere in mortariis aereís ex aceto malunt. Ocyssime vera contingit coronariorum recísamen­ tis in acetum additis. » (4) CELSE: Traité de la médecine; L. V, § 6, 7, ·8. - 176- couleur jarin (1). Héraclius et Théophile (2) décrivent une « » variante du produit, connue sous le nom de viride salsum ». « Le vert-de-gris est une des substances colorantes les plus fré­ quemment citées dans les ouvrages des alchimistes. La « rouille de cuivre » est nommée dans la Chimie de Moïse Livre (3) et le de la coloration des pierres précieuses (4); le Traité de Bubacar la range parmi les espèces incorporelles Sa manufacture « » (5). est décrite dans l' ç>uvrage arabe intitulé « Le Livre de la Concen­ tration » (6)- et dans le dixième livre de la « Doctrine de Démo­ crite» (traité d'alchimie syriaco-arabe) (7). Le Liber Sacerdo­ tum y consacre également un article (8). On la dénommait, en terrninologie alchimique, « semence de Vénus», suivant l'habi­ tude, déjà connue du reste par l'antiquité, de conférer aux substances des noms symboliques, tel celui de « semence d' Her­ cule qui désigne selon Dioscoride le safran (L. l, c. 25) ou » l'éllébore (L. IV, c. :-148), ou de sang de-Cronos, qui signifie, selon le papyrus V de Leyde, l'huile de cèdre, etc. (g). Il est inutile de citer ici tous les nombreux passages des manuels techniques où il est question de cette matière colorante. Des recettes pour sa fabrication se succèdent dans les Experi­ menta de Coloribus de Le Bègue (10), les écrits de Pierre de S. Audomar (qui la nomme « viride Grecum »-OU « viride Rotho­ suivant lès variations du procédé) magense », (11), le manuscrit, de Naples, etc. L'altérabilité du vert; de cuivre préoccupait con- (1) Anonym. Luc, c. 120 (De Jarim quomodo debeat facere), Cf. aussi Mapp. Clavo § 106 (De compositione jarin). (i) Héracl. L. III, c. 38 (Quomodo efficitur viridis color cum sale) . .: Sched. Theoph. L. I, C. (De viridi salso), 42 (3) Chimiede Moïse, c. 8 (Pour faire sortir larouille du cuivre) et C. 15 (Rouille du cuivre). (4) Traité de la coloration des pierres précieuses, etc. § 2 (Berthelot: Coll. des anc. alch. grecs; Vol. III, .p. 335,.trad.). (5) Voy. l'analyse du « Liber Secretorum Bubacaris » dans Berthelot: La chimie au '" moyen âge; Vol. I, p. 306 et suiv. . (6) Le Livre de la Concentration; Appendice (Berth., ibid. Vol. III, p, 205). Cet article est probablement dû à interpolation plus récente, une (7) Doctrine de Démocrite; L, X, § 8 (Berth., ibid. Vol. II, p. 93'94)' • ,� (8) Liber Sacerdotum; § 197 (Qualiter fiat viride es). Voy. aussi § 207. (9) Cf. BERTHELOT: Coll. des alch, gr., Vol. I. Introd., p. 10-12. Rappelons, au - sujet de l'appellation susdite appliquée à l'oxyde de cuivre, que le « chesbet dérivé de ce métal, personnifiait la déesse Hathor, et » égyptien, plus tard, par assimilation, Aphrodite et aussi Cypris, déesse phénicienne de Chypre, qui a donné son nom au cuivre (Berth.; Origines de l'Alchimie, p. 219). (10) Exper. de Color. -§§ 8, 43, 44, etc. (II) Pierre de S._Audom. §§ ISS, 156. sidérablement artistes techniciens: et Cennino note défautd'ans ce . son Trattato, au chapitre qui traite du « verderame .» (1). Les premiers peintres à l'huile obviaient à cet inconvénient par l'usage Ïd'une résine protectrice (2); les draperies vertes du .célèbre tableau de Van Eyck, représentant présumablement'Ies époux Arnolfini, au National Gallery, à- Lon­ actuellement dres (3), doivent sans doute à cette précaution leur étonnante fraîcheur. Une variété de vert-de-gris, désignée sous le 'nom de « verde eterno», est mentionnée par Volpato (4), Baldi-nucci, etc. Terre verte (creta viridis, prasminum, viride terrenurn, terra verde, etc.). Pline traite, au trente-troisième livre de I' Histoire N aturelle, de la chrysocolle native, trouvée dans les mines de cuivre et employée par les peintres (5). On la soumettait aux opérations du broyage, de la macération teinture; ainsi préparée, et de la elle recevait le nom d'orobitis. On s'en servait pour peindre les parois, sur un enduit de paraetonium et d'atrament (6). C'était un sous-sel -de cuivre mêlé- de fer (7). Vitruve, du reste, avait déjà indiqué une terre verte véritable, provenant de Smyrne, qu'il classait dans la catégorie des couleurs naturelles ». Les « « Grecs », ajoute-t-il, l'appellent théodotion, parce qu'elle fut « premièrement trouvée dans un endroit appartenant à Théo­ dotus (8). Isidore de Séville écrit dans ses Origines: Prasina, » « id est creta viridis, etsi in aliquibus terris promiscue generetur, optima tamen in Lybia Cyrenensi. Chrysocolla colore prasina est, dicta quod vena ejus aurum habere traditur (9). Héraclius » (I) Trattato c. 56. « È bello all' oechio, ma non dura. » , (2) V9Y. CHl'RCH : The Chemistry of Paints and Painting, p. 20r. XVIe siècle à Don (af Ce tableau, peint en 1434 par Jean Van Eyck, appartint au Diego Guevara, conseiller de Maximilien, etpassa ensuite dans la collection de Marguerite d'Autriche. Comme dans toutes les œuvres des Van Eyck, les couleurs se trouvent en UIl état de conservation remarquable. Sur ce tableau, cf. Van Mander: Le Livre des Peintres (trad. Hymans, p. 40); Fierens-Gevaert : La. Renaissance septentrionale, etc., p. t46-148; Crowe . et Ca valcaselle, etc. (4) Ms. de Volpato (Merrifield: Orig. Treat., vol. II, p. 745)' PLINE :,Hist. Nat. L. XXXIII, e 26. (5) .. -(6) Ibid. - Pline relate dans le même chapitre que l'on vit, « dans les- spectacles de Néron, l'arène du cirque sablée de chrysocolle, quand l'empereur, vêtu d'une étoffe de même 1 couleur, devait en personne conduire un char », .1 Les traités de minéralogie modernes appliquent le nom de chrysocolle à (7) un silicate doe cuivre hydraté, souvent ferrifèrë. (8) VITRUVE: De Arch. L. VII, c. 7. (9) Isid, de Sév.; Orig. L. XIX, c� Voy. Du Cange: Glossarium, etc., à l'art. - 17. 12 178 - rapporte, à peine modifié, le passage de Vitruve: « Creta viridis pluribus locis nascitur, sed optima in Creta Cirina, quae Graece dicitur Theodote quaedam, in cujus solo primum est inventa » (1). Pierre de S. Audomar conseille de mêler du « viride terrenum » au vert de cuivre de couleur médiocre (2). Cennino, chez qui se perpétuent les traditions de l'école byzantine, recouvrait les chairs de ses personnages d'une couche de « verde-terra » mêlée de blanc, sur laquelle il revenait avec des teintes rosées Le (3). « verde azurro du même auteur est à identifier » peut-être avec la malachite (4) (carbonate hydraté de cuivre). Verts végétaux (pasta verde, verde giglio, verde di vesicha, safftgrün, etc.). Diverses couleurs vertes, extraites de plantes et utilisées surtout en miniature, sont citées par Héraclius, l'anonyme de Naples, le manuscrit de Bologne (5), etc. L'auteur du De Arte Illuminandi mentionne le vert de prunelle (prugnamerola), celui de l'iris (Iilium azurinum), qui fournissait un vert « pulcerri­ mum et nobile ad ponendum in carta » (6). D'autres recettes analogues se trouvent dans le Liber Illuministarius (7), I'Illumi­ nirbuch de Valentin Boltz (8), le manuscrit de Padoue (9), etc. Nous renvoyons pour ceci aux ouvrages de Mrs Merrifield et de Berger. Prasminum. Du Cange cite le texte suivant d'une lettre de Frothaire, abbé de Saint­ Evre-de-Toul (mort en 846) : « 'Peto ut nobis mittas ad decorandos parietes colores diversos, qui ad manum habentur, videlicet auripigmentum, folium Indicum, minium, lazur, atque prusium, et de vivo argento juxta facultatem (Frotharius Tullensis. Epist. 20). « Ubi nemo " non videt legendum prasinum », ajoute notre lexícographe, Le terme prasina servait à - désigner, aux derniers temps de l'Empire d'Occident, la faction verte du cirque. (I) HÉRACLIUS: L. III, c. 50. Cf. aussi Le Bègue; Table des Syn.' à l'art, Terra. - (2) Pierre de S. Audom., c. I59. « Si non bene est viridis misee terrenum viridem. » (3) Trattato, c. I47' (4) Trattato, c. 52. (5) HÉRACLIUS: L. I, c. 2. Ms. de Bologne; L. IV (De viridibus fiendis, - etc.). (6) Ms. de Naples, c. II. Voy. aussi c. I : « Viridis color fit - ex prunis que vul= ... gariter nuncupantur prugnameroli, et reperiuntur tempore vindemiarum juxta sepes vinea­ rum; et aliter etiam fit ex fíoribus liliorum azurinorum ». (7) Liber Illuministarius ; Fol. 24 et 24'. « Viridem si queris colorem ad scribendi usum facere, recipe folia viridia ex herba que morella nuncupatur n, etc. (8) ILLUMINIRBUCH : « Safftgrün zu machen. Durchscheinig Grün, etc. ». - (9) Ms. de Padoue, § 3I (Pasta verde come si faccia), §§ 35, 65, 79, 86, H2, I27, etc. CHAPITRE IV Couleurs rouges. ) Le minium. - Différentes substances désignées sous- ce vocable. - Le For­ minium dans les traités hermétiques. Rubriques des manuscrits. - - mules -relatives à sa fabrication. Le cinabre. - Récit de Théophraste. - Son caractère symbolique chez importation à Rome, prix et ses falsifications. - les Romains. - Son son Fabrication artificielle du vermillon au moyen âge; recettes des écrits alchi­ et des traités Substitutíon du vermillon au minium dans miques techniques. - ' les rubriques des manuscrits. Le kermès. - Différentes appellations de cette substance. - Son emploi en teinture. - Les (( pezzette ». Le rouge de garance. - Sa désignation dans divers formulaires. - - La mention de J ehan le Bègue. Le "ouge de brésil. - Signalement de ce produit par le rabbin Kimchi, le Pseudo-Héraclius, etc. - La relation de Marco Polo. Le sang-dragon. La - légende de Pline. - Emploi et altérabilité. - Survie de la fable de Pline moyen âge. au Le Ses trois variétés. Origine de son nom. Le folium folium. - - - d'Isidore de Séville. L'ocre rouge. - La sinopis et -le miltos. - présence dans les recueils Sa d'alchimie. - Mentions diverses du moine Théophile, de Pierre de S. Audo­ mar, etc. Minium (minium, sandaracha, sendracum, minium rubeum, stupium, etc.). Les anciens auteurs confondaient sous ce nom plusieurs substances rouges d'origine minérale, telles que les oxydes de fer et de plomb, le sulfure rouge de mercure ou vermillon, le sul­ fure d'arsenic ou réalgar. Cette confusion a été signalée par Pline (1) et par Dioscoride, qui écrit au cinquième livre de son ouvrage: Hallucinantur qui cinnabarin minio eandem esse « existimant On lit aussi dans l'Histoire Naturelle: « Milton » (2). (1) PLINE; Hist. Nat. L. XXIX, c. 8. « Comperique vulgo pro cinnabari Indica in medicamenta minium addi, inscitia nominis, quod esse venenum docebimus inter pig­ menta. » (2) DIOSCORIDE ; De Mat: Med., L. V, c. 109. - 180- vocant Graeci (1); miniumque, cinnabarim. Unde natus .error, indico cinnabaris nomine. Sic enim appellant illi saniem draco- o nis elisi elephantorum morientium pondere, perrnixto utriusque animalis sanguine, ut diximus (2). » \ Au moyen âge, le terme minium servait à désigner l'oxyde rouge de plomb. C'était la fausse sandaraque dé Pline, produit de la calcination de la .céruse (3). «. Minium », écrit J ehan le Bègue (4), est color tam rubeus ut non « synopis, sed magis pal­ lidus, aliter dictus sendracum vel senderaca. », Pierre de S. Audomar indique en quelques mots' la manière de le pré­ parer (5): Nisi fallor minium id est sandaracum et album « plumbum id est cerusa unius naturae sunt, si in ignem mittas cerusarn nomen et colorem et fortitudinem , accipit quia quanto plus ustum fuerit plus rubet, et quo minus ustum plus pristinum colorem retinet,: id est alborem vel pallorem », etc. Le minium figure en nombreux endroits des traités hermé­ tiques; dans l'ouvrage d'e Pierre Théoctonicos (6), le Livre de Cratès, etc. Cedernier écrit note, en passant, l'identité de la matière première productrice de la céruse, de la du litharge et minium (7). Le terme « minium» restait néanmoins arbitraire : dans ce même Livre de Cratès lisons: nous (( Quand le pro­ duit rouge, il s'appelle fleur d'or et ferment d'or, est ou encore minium, soufre rouge, arsenic rouge » (8). Dans le Lexique de la Chrysopée, le minium de « montagne » est identifié avec un (I) Pline parle ici de la rubrique. (2) PLINE: Hist-. Nat. XXXIII, co. 38. (3) Ibid.,'L. XXXV, c. 22. « Sandaracha quomodo fieret, diximus, Fit et adulterina ex cerussa in fornace cocta. Color, esse debet fiammeüs. )) Le prix en était, d'après notre encyclopédiste, de cinq as la livre. L'usia de Pline, dont la découverte aurait été due au hasard, « de la céruse ayant été brûlée dans des vases lors de l'incendie du Pirée » (Hist. Nat. XXXV, 20), paraît plutôt s'identifier à notre jaune de plomb ou massicot. Une autre variété de cette couleur était fabriquée à Rome, èn calcinant du sil marbré - qu'on éteignait dans du vinaigre (Ibid.). - (4) JEHAN LE BÈGUE : Table des Syn. aux art. Minium et Sandaracum. (5) Pierre de S. Aud, De color.' fac. § 27, - Cf. aussi Isidore de Séville"; Etym XIX, , 17. (6) Cet ouvrage consiste en une version igrecque, par Pierre Théotonicos, d'un ouvrage latin d'alchimie attribuéà Albert le Grand (Berthelot: Coll. des alch. gr., vol. I, Introd. p. 207-211). (7) « Ces quatre choses proviennent d'une matière unique, qui est le plomb », etc. (Berth. La chimie au moyen âge; vol. III, p, 58. Cf. également p. 59). Comp. Olympiodore: Sur l'art sacré (Berth. Coll. des alch. gr" I, p,' 106, § 47. "I'rad.). (8) Le Livre de Cratès La chimie (Berth. au moyen âge; II.I, p. 65). Cf. l'Iñtroduc­ tion à la chimie des anciens, p. 261. - 181 - oxyde de fer{r). Le huitième livre du Speculum naturale de Vincent de Beauvais se terminé par une description de matières colorantes empruntée à Pline et à d'autres auteurs, le minium y est également mentionné (2). 'rôle considérable dans l'ornemen­ Cette couleur jouait un tation des manuscrits période médiévale. Sui­ au début de la vant la définition d'un ancien glossaire, minium, rote dint, « .est color rubeus, quo. depingi solent litterae capitales» (3). Nom­ exhibent les lignes initiales bre de volumes des premiers siècles de Florence, le Pen­ du texte tracées au minium, tels le Virgile le Prudence de la Bibliothèque Natio­ tateuque Ashburnham, texte entier ou à une nale (4). On étendait parfois -ce procédé au de Commentaire sur les Psaumes, de Cassiodore, ses parties; un cité par Wattenbach, était écrit (� cum texto rubeo psalmorum » ; contenue dans de même la traduction des Psaumes par Notker, transcrite en 'le cod. 21 de la bibliothèque de Saint-Gall, est caractères rouges (5) ; etc. lettres noires, le texte original en Une foule de recettespour la manufacture du minium, les , se suc­ méthodes à employer pour le laver, le détremper, etc., cèdent dans les écrits médiévaux. Citons entre autres quelques de fabrication, contenus articles intéressants sur les procédés sa dans le dixième livre de la Doctrine de Démocrite (traité syriaco- C'est le celui qui coule tout seul» (I) « Minium de montagne. - misy jaune, avec des alch, gr., I, p. II et note 6. Trad.). Dans le traité alchimique d'Avicenne, intitulé (Coll. de fer, le sul­ indique à la fois le cinabre, le minium, le peroxyde De l'âme, le mot al'en{ar La chimie au moyen âge, I, p. 297). fure d'antimoine, etc. (Berth. vermilionis et cinabrii et nat. L. VIII, c. 96 (De operatione (2) Vinc. Bellov. Spec. vermilionis per solum ignem et de sola cerusa, que cum sit albissima, auricalci). « Opus occultum est rubeum, licet manifestum ponitur in igne vehementi et fit rubea, eo quod ejus amnis habet contrariurn in oculto ejus, sit album. Nam in libro de LXX dicitur res quod "L'idée des qualités occultes des substances, quod apparet in manifesto et econverso. » Cf. le Livre de la Concentration de énoncée ici, est empruntée aux doctrines alchimiques. de Synésius et de Dioscorus, etc. Djâber, le Pseudo-Aristote, le dialogue (éd. 1896), - Schriftwesen im Mittelalter p. 247. Cité par WATTENBACH : Das (3) du vermillon (sulfure rouge de mercure) qui remplaça Toutefois, il s'agit probablement ici vers le milieu du moyen âge le minium (oxyde rouge de plomb) dans les rubriques des manuscrits. (4) Wattenbach; op. cit., p. 245. du verbe latin sait que les miniateurs ont tiré leur nom On (5) Ibid; p. 246. - miniator » le calligraphe qui « miniare», écrire au minium; au moyen âge on appelait « de « rubricator », que se servait de cette substance. Ce terme était à peu près synonyme tard en par « escriveur de vermillon », lorsque l'emploi du cinabre l'on traduisit plus français encre de luxe des scribes occidentaux est à distinguer du avait remplacé le mínium.: Cette (xlVV:l.f3cxf")' originairement fabriqué avec « sacrum encaustum» des empereurs byzantins la pourpre. Cf. Cod. Just. VI, c. r, 23. - I82 - arabe) (1).D'autres formules relatives à cette couleur sont four­ nies par Pierre de S. Audomar (2), Héraclius (3), Théophile (4), et en général par toute la série des écrivains qui se sont occupés de la technique de l'art. Cinabre (minium, cinnabaris, cenobrium, cynobre, ema­ per, etc.). cinabre naturel (sulfure de mercure Le connu des Romains sous le nom de minium. « cristallisé) était Théophraste rap­ porte », écrit Pline, « que quatre-vingt-dix ans avant l'archontat de Praxibule à Athènes, date qui répond à l'an de Rome 349, le minium fut découvert par l'Athénien Callias, qui au com­ mencement espérait obtenir de l'or en soumettant au feu ce sable - rouge des mines d'argent (5). » On en trouvait variété inférieure en Colchide, « sur une un certain rocher inaccessible, d'où on le faisait tomber à coups de traits » (6). C'était la couleur qui symbolisait.raux yeux des Romains primitifs, la victoire et le faste; on peignait de vermil­ lon, aux jours de fête, la face de la statue de Jupiter, ainsi que le corps des triomphateurs; Camille entre autres aurait triomphé ainsi (7). Les Hébreux accordaient pareillement un caractère sacré à la couleur rouge: l'Exode mentionne les parmi prémices offerts àu temple par les Israélites l'ordre de Moïse « de sur l'hyacinthe, de lapourpre, de l'écarlate deux fois teinte des ... peaux de bélier teintes en rouge» (8). Hérodote parle de peu- (I) Doctrine de Démocrite le Philosophe. L. X, § 3 (Préparation de la sandaraque), § 4 (Opér. de la rubrique), etc. (Berthelot: La chimie au moyen âge; vol. II, p. 92. Trad.). (2) De color. fac. § 154 (De minio faciendo, etc.), §§ 176, 177 (Quomodo misceatur minium cum vermicule). (3) HÉRACLIUS: L. III, c. 36 (Quomodo fit cerusa et de rubeum ipsa minium). (4) SCHEDULA : L. I, c. 44 (De cerosa et minio). (5) PLINE: Hist. Nat. L. XXXIII, c. 37. Cette tentative de Callias - est l'essai, fait sur l'ordre de Caligula, d'obtenir de l'or par calcination de analogue à Berthelot l'orpiment, essai que regardait comme le premier exemple de préparation artificielle de l'or transmis par l'histoire (Voy. Pline: XXXIII, c. 4)' 'Cf. aussi le poème astrologique de Manilius, contemporain de Tibère (Orig. de l'Alch., p. 69-70). (6) PLINE: Hist. Nat. L. XXXIII, c. 37. « Id esse adulterum ", ajoute toutefois notre auteur. (7) PLINE (Hist. Nat. XXXIII, 36) s'appuie ici sur le témoignage de Verrius. - Ailleurs, Pline relate que la statue de Jupiter, exécutée par de l'Etrusque Turianus sur l'ordre Tarquin l'Ancien; et consacrée dans le Capitole, « était d'argile, et que pour cette raison on était dans l'habitude de la peindre au minium" (Hist. Nat. XXXV, 45). Selon - Pausanias (Description de la Grèce, L. VII, 26, et VIII, 39) les Grecs décoraient de vermillon les statues de Dionysos. (8) Exode; cap. XXXV. 183 - Maxyes et les Gyzantes, qui peignaient se les plades libyennes, le même fait est rapporté le corps de vermillon (1) ; à peu près par PFne (2). Le minium était importé à Rome de l'Espagne. D'après « Juba» (3), écrivait Pline, le minium est une (( des productions de l' Ethiopie aussi; il ne nous de la Carrnanie : d'après Timagène, minium le plus réputé pro­ vient guère que de l'Espagne! Le Bétique; cette mine fait partie vient du territoire de Sisapon, en du domaine de l'Etat. Rien n'est gardé avec plus de soin; il minium sur place; on n'est pas permis de réduire et d'affiner le au poids d'environ l'envoie à Rome, en minerai et sous cachet, dix mille livres par an Une loi a fixé le prix de vente, pour ... cher. Ce prix est de soixante-dix ses­ qu'il ne devienne pas trop terces par livre» (4). On le falsifiait de diverses façons; Pline les peintres pour rapporte en outre un expédient imaginé par s'approprier le minium qu'on leur confiait (5), relation consti­ de l'anecdote de Vasari sur tuant en quelque sorte le prototype de Florence (6). le Pérugin et le prieur des Ingesuati est passé sous Le cinabre naturel, seul connu de l'antiquité, et ce n'est qu'au silence dans les traités de peinture médiévaux, dans les ouvrages de seizième siècle que la mention en reparaît Lomazzo et de Borghini (7). Il était connu des auteurs espagnols . Cespides, Pacheco et Palomino (8). Dès le haut moyen âge, dans le manuscrit de Lucques la d'autre on -rencontre part, fabrication artificielle (9). description de sa aux attribuable recherches L'invention probablement en est du cinabre se empiriques de l'alchimie; en effet, la préparation sur les appareils et les four­ trouve déjà indiquée dans le livre de Zosime Une recette détaillée traitant du même neaux, (10). c. 191 et 194. (I) HÉRODOTE: Melpomène, L. IV, constat JEthiopum 36. Quanquam et hodie id expeti « (2) PLINE: Hist. Nat. XXXIII, huncque ibi deorum simulacris colorem esse. » populis, totosque eó tingi proceres, chrétienne. né-vers S2 av. J.-C., mort l'an 18 de l'ère (3) Juba II, roi de Maurétanie, dont il ne reste de géographie, d'histoire naturelle, etc., Auteur de divers ouvrages d'histoire, Müller (Paris, 1849). les Fragmenta historicorum grœcorum, de que des fragments. Voy. (4) PLINE: Hist. Nat. L. XXXIII, 40. c. (S) Ibid. Pietro Perugino. (6) VASARI: Vie de Borghini : Il Riposo, p. 167. (7) LOMAZZO : Trattato, p. 191, 192. - vol. I, p. CLXXII. (8) MERRIFIELD: Orig. Treat., c. II9 (De Compositio Cinnabarim). (9) Anonym. Luc" c. 70 (Operatio Cinnabarin), lettre a. § 14 et fourneaux. Commentaires auth. surla (ro) ZOSIME: Sur les appareils les Météo­ trad.).Larecetteestassezobscure.-D'après (Berth. Coll. desalch. gr.Vol. II, p. 227, « l'exhalaison sèche », d'Aristote (III, 7) le cinabre naturel aurait été formé par rologiques sujet se trouve parmi les Indications générales qui précèdent, dans la Collection des alchimistes grecs, les Traités Démocri­ tains (1); d'autres allusions à ces .procédés se rencontrent dans - le Liure de l'âme d'Avicenne la (2), Summa du Pseudo-Géber (3) et les traités d'alchimie syriaco-arabes (4). Souvent, chez les ..... auteurs alchimiques, le cinabre porte le nom d'açU1', ce qui a donné lieu à une certaine confusion de termes (5); on rencontre cette .dénomination chez A vicenne, ainsi dans le Traité de que Bubacar (6)' et le Liber Sacerdotum Le nom de cinabre (7). s'appliquait du reste, chez les Grecs et les alchimistes, à une invraisemblable diversité de substances, il signifiait, selon Ber-: thelot, notre oxyde de mercure ; notre " minium, mot employé par les anciens dans des multiples; notre réalgar (sulfure sens d'arsenic}; tous les sulfures, oxydes, oxysulfures métalliques rouges; enfin le sang-dragon, matière végétale qui est le suc du dracoena draco" (8). Cette couleur: était ordinairement désignée au moyen âge sous le nom de cenobrium. L'orthographe de ce mot variait d'ailleurs fréquemment selon le lieu et l'époque; Théophile écrit _" cenobrium ,,; Jehan le Bègue, cynobre »; « l'Anonyme de Naples, cinabrium ,,; Valentin Boltz, zyno­ " " ber »: Hakluyt, cinaper (9), etc. " " La Mappae Clavicula consacre son premier paragraphe à la confection du vermiculus artificiel moyen de la subli­ " " au mation d'un mélange de soufre et de mercure (10) ; procédé que rapportent pareillement la Schedula Theophili (11), Pierre de S. Audomar (12), le manuscrit de Bologne (13), et-d'autres écrits (I) BERTHELOT: Coll. des anc. alch. gr. Vol. I, p. 39, trad.; I, 17 (Fabrication du cinabre). (2) BERTHELOT: La chimie au moyen âge. Vol. I, p. 297. (,) Ibid., p. 346. (4) Voy. le Livre III de Démocrite: § I (Préparation du cinabre), et Livre X, § XI (Le cinabre). Berth., op. cit. Vol. II, p. 31 et 94, trad. - (5)_Voir par ex. Hoefer: Hist. de la chimie (2e édit.), t, I, p. 387. (6) Berth., op. cit. Vol. I, p. 3lO. (7) Liber Sacerdotum; § 1,63, lO6, etc. Rappelons toutefois ici le côté symbolique - du-langage des alchimistes. C'est ainsi qu'on lit dans le Livre de Cratès : « Ainsi ce que nous nommons cinabre n'est point le vrai cinabre », etc. Voy. aussi le Livre de Comarius (Berth. Coll. des alch. gr., vol. III, p. 284-285, trad. et notes) et le Livre d'El-Habib. (8) Grande Encycl. à l'art. Cinabre -. Tome XI, p. 394. col I. - (9) Cf. Church: The Chemistry of Paints, etc., p. 166 . • (10) Mappœ Clavicula (Ire partie), § I (De Vermiculo). _ (II) SCHEDULA : L. I, C. 41 (De cenobrio). (12) De Color. fac. § 174 (De vermiculo faciendo), Cette recette se trouve dans lá Mappœ Clavicula, (13) Ms. DE BOLOGNE: § 263 (Affare cinabrio). - 185 aussi dans le Speculum majus de Vin­ analogues. N ous lisons cent de' Beauvais-í 1) : « Cinabrii vero transmutatio accidit ex proprietatecompositionis: fit enim ex argento et sulphu¡e albo, vel citrino, quae rubedinem -quidem, quae in eis non est, in < conjunctione acquirunt, ex violentia sulphuris illata argentó vivo, mediante igne et ingenio artificis ». Le vermillon avait fini par remplacer le minium dans les rubriques des manu­ scrits; de multiples passages des écrits techniques 'attestent ce changement: ainsi le manuscr-it de Naples consacre tel chapitre " ad faciendum corpora litterarum de cinabrio" (2), et Ie Libel' Illuministarius telle formule à la confection d'une encre de cina­ bre (3); l'anonyme de Strasbourg fournit à l'enlumineur des 'instructions pour le délayement du vermillon (4); Valentin Boltz indique également dans son Illuminirbueh un rubry- « eken temperatur» (5), etc. D'après Héraclius (6) et Jehan le Bègue (7)., on opérait, pour enluminer de mme», un « mélange de vermillon et de minium. Kermès (coccigranum, vermiculus, coccum, chermes, grana, etc.). kermès, tiré par les anciens de 'plusieurs Le rouge de insectes du genre Coccus, niais plus particulièrement du Coccus ilicis, constituait une des principales matières tinctoriales rouges connues de du moyen âge. Elle est mentionnée l'antiquité et dans l'Exode comme ayant servi à teindre les voiles du sanc­ tuaire (8); D'après Mrs Merrifield, les Grecs auraient nommé ce produit coccus baphica et les Latins g"anum infectorium ; Pline _ l'aurait.appelé coccigranum, les Arabes charm en chermès, ou les Allemands scharlack ber, les Espagnols grana para teñir, les (1) Vincent. Bellov., Speculum naturale; L. VIII, c. 96. (2) Ms. de Naples; c. 24, ILLUMINISTARIUS : « (Ad rubricam). Wildu ain schôn rubrick machen, so (3) LIBER nym zynober als vil du wild », etc. incorporieren », etc. (4) Ms. de Strasbourg ; § 3. « Wiltu zinober - tempereren ze § 5. « Wiltu zinober tempereren ze florirende.», etc. -(5) VALENTIN BOLTZ: Illuminirbuch. 2" part. (Rubrycken temperatur). (6) HÉRACLIUS: L. III, c. I77 (Quomodo misceatur minium cum vermiculo). (7) JEHAN LE BÈGUE: C. 31I (Pour enluminer de mine, soit livre ou autre chose). Cette recette de Le Bègue reproduit presque textuellement celle d'Héraclius. - Voir aussi une formule du XV" siècle communiquée par le Dr K. Hamann à Wattenbach, et publiée' par' celui-ci dans le Schriftiuesen im Mitte/alter (1896), p. 249, note a, (8) Exode; c. XXVI, I. « Decem cortinas de bysso retorta, ·et hyacintho, ac purpura, coccoque bis tincto, variatas opere plumario, facies. II - I86- I taliensgrana( 1), etc. Le manuscrit de Lucques et la Mappae Cla­ vicula le désignent sous le nom de coccarin .( 2); ce dernier traité paraît d'ailleurs l'identifier avec le uermiculus (3). On lit dans le Catholicon, à l'article Vermiculus : « Nam Greci coccum, nos rubeum sive vermiculum dicirnus. Est vero verrniculus tinctura • "t;' ex silvestri bus frondibus in qua lana tingitur » (4). Le coccus est rangé dans I' ouvrage du Pseudo- Démocrite sur les Questions natu­ relles et mystérieuses parmi les couleurs qui entrent dans la « composition de la pourpre» (5). Les étoffes teintes au moyen du kermès provenaient généralement, au quatorzième siècle, de Florence et de Venise, d'où on les exportait au Nord de l'Eu­ rope. Mention est faite de cette teinture dans le poème de Wil­ liam Longland, The Vision of Piers the Plowman », écrit cc probablement vers 1360 (6). Les pezzette utilisées par les « » miniaturistes semblent avoir été souvent colorées par cette matière tinctoriale ; il est probable que la « cimatura scarlate fine rubee de grana » de Jehan le Bègue n'était autre chose qu'un lainage teint kermès (7). Le manuscrit de au Bologne parle de même de cimatura de scarlacto de grana fina « (8) ; et le Traité » de Mignature de Christophe Ballard, compilé vers 1674, nous apprend que les miniaturistes employaient à cette époque un rouge tiré du « quermès » (9). Le kermès est encore cité dans l'Herme­ neia athonite (10), le manuscrit de Naples, qui le nomme grana « tinctorium (11), le manuscrit de Bruxelles (12), etc. » Rouge de garance (warancia, waranz, sandis, etc.). Mentionné dans le troisième livre d'Héraclius, au para­ graphe 33, sous le nom de « warancia ». Au cinquante-deuxième (I) MERRIFIELD: Orig. Treat., Vol. 1. Introd., p. CLXXIV. (2) Anonym. Luc., § 78 (Alia compositio vermiculi). « Coccarin nascitur, sicut superius est, in folia cedrin non tritae. » Mappœ Clavicula, § 175. - (3) Mapp. Clavic., § 174. « Vermiculi terreni, qui in foliis ceri nascitur.)) § 175. - cc Coccarin nascitur, sicut supra dictum est, in foliis ceri. )) (4) Catholicon Johannis Januensis. Jehan le Bègue reproduit cette définition du - Catholicon dans la Table des Synonymes. (5) Voir plus haut, 2· part., ch. III, à l'art. de la pourpre. (6) L'expression cc in grain », appliquée par Longland au rouge de kermès (grana), se retrouve dans Shakespeare. Cf. Twelfth-Night; acte I; scène 5. (7) Le BÈGUE; Experimenta de Coloribus, § II (Ad faciendum lacham finam). (8) Ms. de Bologne ; L. V, § 138 (Affare laccha per altro modo per minii fina). (9) CHRISTOPHE BALLARD: Traité de Mignature ; article 8. (10) Hermeneia, c. 42. (II) Ms. de Naples, c. II. (12) Ms. de Bruxelles, § 1 I. ) 187 - article du même recueil, on lit : « Sanguis drachonis aut sandis, id est,garancia », etc. Le terme « warancia» ou « waranz » est également employé par Pierre de S. Audomar (1) et le manuscrit Sloane 1754. Le Bègue écrivait dans la Table des Synonymes: « Sino pis est color magis rubeus quam vermiculus; aliter dicitur ceno­ brium, aliter mellana, et fit de warancia, et aliter est qui fit ex lacha vel gumma edere et aliter sinopis fit ex-warancia et lacha ... . superscripta ». Et plus loin: Warancia est color seu materia « coloris, quia cocta in aqua cum lacha seu gumma edere fit qui­ dam color rubeus sinopis vocatus, et etiam ex ipsa warancia fit color rubeus ad tingendum pelles parcium » (2). Nous ren­ voyons, pour l'étude de cette couleur, ainsi que pour celle des rouges tirés de la cochenille, du lierre (la lacea d' Héraclius (3), le de melLana de Pierre de S. Audomar) sinapis (4), etc., aux ouvrages précités de Mrs Merrifield et de Berger. Rouge de bresil (brasilium, brexilium, albakim, verzino, persilien holtz, etc.). Selon Mrs Merrifield, le bois de teinture rouge était connu des Hébreux et est cité dans le Livre des Racines du rabbin David Kimchi (5). Les Arabes le nommaient albakim ou bacam. Le recueil d' Héraclius le cite à deux reprises (6); d'autres mentions se relèvent dans l'Umdet-el-Kuttâb (7), l'Hermeneia (8), l'anonyme de Naples (9), le manuscrit de Strasbourg (10), etc. Marco Polo relate que ce bois crois­ sait abondamment dans l'île de Nocueran ,(11), Ceylan, et le (I) De Color. fac., § 183. BÈGUE: Table des Synonymes, art. Sinapis et Warancia. (2) JEHAN LE aux (3) HÉRACLIUS: L. l, c. 8 (De edera et lacea). (4) De Color. fac., § 182. (5) David Kimchi, fils de Joseph Kimchi, né vers 1160 à Narbonne. Il écrivit un commentaire de plusieurs livres bibliques, une grammaire (Livre de la perfection) et un dictionnaire hébraïque (Livre des racines). Il mourut à Narbonne en 1240. Cf. Merrifield: Orig. Treat. Vol. L Introd., p. CLXXX. HÉRACLIUS: L. III, § 34 (Quomodo poteris de bresilio operari) § 35 (Quomodo (6) j rosa color fit de ligni braxillii). (7)' CF. BERGER: Beitrâge, Vol. II, p. 61, note. (8) Hermeneia, c. 32. (g) Ms. de Naples, § 12 (De colore brasilii liquido, etc.). (ro) Ms. de Strasbourg, § 28. « Wiltu roselin varw machen ... NinÍ. persilien holtz, etc.» Probablement des îles Nicobares. L'édition latine écrit « Necuran » celle de (Il) une ; Bâle « N ecuram », . - 188 - royaume de Koulam {I). On lit aussi dans la Géographie d'Aboul-féda : « Narravit mihi aliquis qui eo suscepit iter .' .v.ibi esse arborem al Bakkami (seu Brasillam), cujus lignum simile sit mali (2). L'auteur anonyme du De Arte Illu- granati ) "minandi le lignum brasili (3); Valentin Boltz, pre­ nomme « » « silgen (4). On en fabriquait des laques à l'usage des peintres (5), » ainsi que des teintures (6) et des encres (7). Voir sur cette cou­ leur l'ouvrage de Mrs Merrifield,' Sang-dragon (sanguis draconis, sangue di drago, Trachen­ blut, etc.). Pline rapporte.que le cinabre des Indes n'était autre que « la sanie du dragon écrasé par le poids de l'éléphant mourant, mélangée avec lesang des deux animaux» (8), et signale la con­ fusion qui se faisait entre cette substance et le minium véri­ table (g). Le sang-dragon» du moyen âge était la résine rouge « qui s'extrait des arbre? Dracoena draco et Pterocarpus draco. Il apparaît dans la Mappae Clavicula, où il sert à fabriquer une encre d'or , (10). On le trouve mentionné à plusieurs reprises dans les écrits alchimiques, tels que .les Livres de Démocrite (traité syriaco-arabe) (u), le Lexique de Bar- Bahloul (12), etc. Cette résine fournissait un beau rouge transparent employé surtout dans la miniature, mais son altérabilité lui valait une mauvaise réputa­ tion dans les ateliers de peintres Laissez-la », écrivait Cennino .. ( dans son Trattato, et ne soyez point trop désireux de vous en ( servir, car elle ne vous fera pas grand honneur» (13). La légende (I) Probablement Koularn ou Kolam sur la côte de Malabar, _. Voyages de Marco Polo: L. III, 17 et 25 (Edit. Wright. Londres, Ig07, p. 376 et 410). ' c. (2) Abilfedae Geographia; p. 274. (3) Anonyme de Naples, c. 12. (4) VAL. BOLTZ: Illuminirbuch (Pariszroht zumachen. Presilgen mancherley, etc.), _ ' (5) Ms. de Bologne: L. V, § II2. (6) M3. de Bologne: L. VIII, § 35'7, 365,366, etc. (7) Liber Illuministarius (Wildu roslein varb schreiben oder floriren, etc.). Ms. _ Marciana, § 323. De Mayerne, § 122. _ Caneparius : Quinta descriptio. De atramentis _ diversicoloribus. Cap. VI (De Brazilio, Verzinove Ligna tinctorio). (8) Hist. Nat. XXXIII, c. 38. Voy. aussi L. VIII, C. 12, et Isidore de Séville: _ Etym. L. XIX, 'e,17 (De éoloribus) . . (9) Hist. Nat. XXIX, c. 8. . (IO) Mappœ Clavicula, § 41, (u), Livre v. de Démocrite, § XIV (Berthelot: La chimie au moyen âge. Vol. II, p. 50. Trad.) . (12) Berthelot, ibid., p. 138.- . _ (13) Trattato, c. 43. « Lascialo pur stare, e non te ne curar troppo : chè non è di condizione da farti molto onore. » 189 - relatée par Pline sur l'originedu sang-dragon avait encore cours au moyen âge, favorisée probablement par les fables du Physic­ logue et des bestiaires ; on en trouve une amplification dans un passage du « Propriétaire des choses», traduit par J ehan Corbichon de l'ouvrage- latin deBarthélémy l'Anglais (t) : Du et de loliphant est dénommé le sinobre, car, selon' « dragon Avicenne, le dragon lie de sa. queue les jambes de loliphant et loliphant se laisse cheoir sur le dragon, et le sang du dragon rougist la terre, et toute la terre que le sang touche devient sinobre, qu'Avicenne appelle sang de dragon: et est sinobre une pouldre de rouge couleur, si comme dict Ysidore (2). Voir sur » cette résine Héraclius (3), la Table des Synonymes de Jehan le Bègue (4), le manuscrit de -Bologne (5), l'Llluminirbuch de Valentin Boltz, où elle est nommée Trachenblut (6), etc. « » r Folium_(folium, tôrna-ad-solem, tournesol). Le nom de folium désignait, au moyen âge, la couleur extraite de la crozophora tinctoria, la maurelle des teinturiers, qui se cultivait surtout aux environs de Nîmes (1). Les manuscrits de Montpellier et Sloane í 754 attestent en effet que le folium provenait d'une plante nommée morella »­ cc terra Sancti q ui croissait dans le territoire de Saint-Gilles, cc Pierre de S. Audomar (9) en Egidii ». Le moine Théophile (8) et signalent trois variétés de nuance différente, à savoir -du rouge, du pourpre et du bleu, ce qui correspond au_ changement de - transí, Corbichon. L. XIX, Ce des choses ; J ehan c. 27. - (I) Le Propriétaire par le o" de l'Escalopier, dans ses notes à la Schedula de Tliéophile (p, 280). passage est cité par Le De proprietatibus rel'lIm fut rédigé au XIII" siècle par le frère. Barthélémy (Barthele­ « solennel ïnœus Ang1icus), et, en 1372, Jehan Corbichon, d€ l'ordre de saint Augustin, le Livre des des choses delatin françois maistre en théologie, mist et exposa Proprietez en de France », à la requeste et commandement de très puissant et noble prince Charles,.:: roy Une traduction italienne du même ouvrage avait été faite dès 130g, par Vivaldo Belcalzer de Mantoue. Cf. Langlois : La connaissance de-Ia nature et du monde au moyen âge (Paris, rçr r), p. 122. Isidore de Séville. Cf. Etym. XIX, 17. « Est autem pulvis coloris rubri. )) (2) - (3) Héraclius, L. IIi, § Si. A l'article Sanguis drachonis. (4) Cf. aussi Vincent de - Ms. de Bologne; L. V, § 130: Beauv¡¡,_iffi: Spec. natur. (5) - . L. VIII, c. 106 (De cinnabri et armeno).' VALENTIN BOLTZ: Illuminirbuch (Trachenblut. Dasz ist ein Safft eines Baums, (6) - � ist roth als "Menscp:enblut, etc.). (Ú-Cf. Merrifield,op. cit., vol. 1. Introduction, p.·CLXXXVIII-CXCI. (8) Schedu1a, L. I, c. 40. « Folia tria sunt genera, unum rubëum, aliud - purpureum, -tertium saphireum )J, etc. (g) De color. fac., § 166 (Qu,od folii tria sunt genera, etc.). - IgO- -teínte du tournesol sous l'action diverse de's alcalis et des acides. Le de folium que lui donnait le mGyen âge provient proba­ nom blement de ce que l'on conservait entre les feuillets d'un livre • les morceaux de toile (canapi peciae, pezzette, panni lini, etc.) 1 que l'on imprégnait du suc coloré de l� maurelle (1). Jehan le Bègue écrit: (( Folium est pro tingendo lanas, et est color rubeus, et quidam alter est purpureus et alter saphireus, scilicet est quidam alter qui fit miscendo ipsi rubeo cine rem vel lexivium cinerum ligni ulmi, et vocatur folium scampnense (2). D'après » le passage, précédemment cité, de Frothaire de Toul, on don­ nait parfois à l'indigo le nom de folium Indicum (3). (( » Le folium de Théophile est à distinguer d'avec celui dont parle Isidore de Séville dans ses Origines : Folium dictum, « quod sine ulla radiee innatans in Indiae Iitoribus colligitur. Quod lino perforatum, siccant Indi, atque reponunt. Fertur autem Paradisi esse herba, gustu nardum referens » (4). La plante mentionnée par Isidore était le malabathrum de Dios­ coride (5) et de Pline (6). Sur l'usage du folium ou tournesol par les peintres et les miniateurs, voir Héraclius (L III, § 52), Théophile (L. I, c. 40), Pierre de S. Audomar (§ 166), l'anonyme de Naples (c. 10), etc. Ocre rouge (miltos, sinopis, rubrica, terra rubea, etc.). Le nom de sinopis» était donné dans l'antiquité à l'ocre « rouge provenant des environs de Sinope. La sinopis », écrit « Pline, « d'abord été trouvée dans le royaume du a Pont; le nom qu'elle porte lui vient' de la ville de Sinope. Il y en a aussi en Egypte, dans les îles Baléares, en Afrique; mais la meilleure est dans l'île de Lemnos et dans la Cappadoce Il Y a trois espèces ... de sinopis : la rouge, la rouge pâle et l'intermédiaire. Le prix de la meilleure est de trois deniers la livre. On s'en sert soit pour peindre aupinceau, soit pour colorer le bois (7). Celle qui vientd'Afrique se vend huit as la livre: on la nomme cicercu- (I) Voy. l'introduction au ms. de Naples par Lecoy de la Marche, p. 5g. ' (2) LE BÈGUE: Table des Synon., à l'art. Folium. (3) Voir le passage de Frothaire reproduit plus haut (ch. III), à l'art. de la terre verte. (4) ISIDORE DE SÉVILLE : Etymolog. L. XVII, c. g. o (5) Cf. DIOSCORIDE : L. I, e I I (Malabathrum). .. (6) Cf. PLINE: Hist. Nat., L. XII, c. 5g, et L. XXIII, c. 48. o (7) Comp. THÉOPHILE: Schedula, L. I, c. 20. « Tere minium et cum pincello ... linies super ostia », etc. -. .. - 191 - lum » (1). Pline indique également la fabrication d'une ocre rouge par un procédé de calcination ; on la nommait rubri­ I que (2). • parle de vaisseaux décorés par une peinture à la Homère �. rubrique (3\; il s'agit vraisemblablement d'une terre rouge. « Qui facit laquearia cedrina, pingitque sinopide », lisons­ ... nous dans les Prophéties de Jérémie (4). La sinopis était, selon Pline, le seul rouge que connussent les peintres primitifs de la Grèce, les Echion, les Nicomaque (5), etc. Dioscoride nomme cette substance miltos de Sinope « (6). Aetius d'Amida cite la » (e terra Lemnia, sphragis Lemnia », ainsi que la « rubrica sive miltos provenant de la Cappadoce (7). La sinopia est men­ » cc » tionnée dans un passage de¡ écrits de saint Agobard de Lyon contre les adorateurs des images (8). L'anonyme de Lucques et la Mappae Clavicula la font entrer dans une composition imi­ tant le cinabre (g'). Dans les ouvrages alchimiques, elle est sou­ vent confondue avec d'autres substances rouges d'origine miné­ rale sous les noms génériques de miltos, minium ou rubrique. La terre de Sinope cc proprement dite est toutefois » nommée dans le Livre des Balances de Géber (10); au surplus, dans le Dialogue de Synésius et de Dioscorus (11) et le Lexique (I) Hist. Nat. L. XXXV, c. 13. (2) Ibid., c. 16.« Nascitur autem et in ferrariis metallis ochra: ex ea fit exusta rubrica in ollis navis luto circumlitis. Quo magis arsit in caminis, hoc melior. » (3) HOMÈRE: Iliade,. II, 637. Pline, XXXIII, c. 38. - (4) Prophetia Jeremire, c. XXII, c. 14. Sur le terme shashar, employé dans - ce passage, Layard écrit: cc Shashar occurs also in 14, where it is rendered in Jeremiah, XXII, our version « vermilion ». Gesenius translates it « red color, red ochre, rubrica »; the Vulgate « sinapis », i.e. rubrica sinopensis, which was the most celebrated (Plin. Hist. Nat. XXXV, 5, 13); the Septuagint p.IÀTo,,· which in Homer is rubrica. All the commenta­ tors, the Septuagint, and the Syrian and Chaldee versions, give to Shashar the. meaning of a colour. The Rabbis make it « cinnabar », which is near to vermilion », Cf. Layard : Nineveh and its remains (Londres, 1849); vol. II, p. 3°7-308, note. (S) Hist. Nat. XXXV, c. 32. (6) DroSCORIDE : L. V, C. III (Rubrica Sinopica). (7) lETIUS AMID. De med., L. II, c. 4 et 5. lEtius parle aussi (L. II, de : re - c. 47) la terre d'Arménie dont se servent les peintres (« Armeniacum pictorum »), (8) Voy. les notes dont Chr. Herringham accompagne son édition du Trattato de Ceanino, p. 246. Saint Agobard naquit vers 779 dans la Gaule Narbonnaise, succéda en - 814 à Leidrade, archevêque de Lyon, et mourut le 6 juin 840' (9) Anonym. Luc. § 30 (De colores simili cinnabarim).« Colores similiter cinnabarim senopidem decocta partes duas, siricum partem unam », etc. Mapp. Clavo § CCXLIII - (De colore cinnabarin). (10)« Le Petit Livre des Balances, composé par Djâber i (Berthelot: La chimie au moyen âge; vol. III, p. 153). (Il) Traités Démocritaíns : Synésius le Philosophe à Dioscorus, etc. (Berth. : Coll. des alch. gr., vol. I, P: 70, trad.) . . . Suscitabo mihl sacerdotem 1874 Longltudine dlerum replebo Bum 1924 EN RECORDANÇA DE LES BO­ DES D'OR SACERDOTALS DEL RND. EDUARD MASVIDAL I MARSAL, BENEFICIAT DE LA SÈU DE VICH. CANTA LA PRI­ MERA MISSA A L'IGLÉSIA DELS TRINIT ARIS, EL DIA 22 DE JUNY DE 1874 I HA CELE­ BRA T LA MISSA SOLEMNE DE RECORD EN L' IGLÉSIA DEL SANTUARI DE LA GLEVA EL DIA 22 DE JUNY, A LES VUIT HORES DEL MA TÍ VICH I JUNY DE 1924 ��� ��-'+ . . . ��jHS l' Cínquanta . I· ->----[0 I anys i.» que'n L I vostres mans ponzelló d'or hi floria, ponzelleta és l'Infantó, Hereu de la Palestina. Perla i Floreta del cel del roseret de Maria qui, al entrar-vos cor endins vos negava desseguida de dolçors jamai tastades i de inexplicables ditxes. Que per més anys, vós pogueu, copsar-hi a dolls la Vida en aquell ponzelló d'or que, un jorn, trémules-les mans a l'Altíssim oferíeu! .... TIP. FRANCISCANA - VICH. • syriaque de Bar Bahloul (1), la sinopis est identifiée avec le « rninium du Pont » ou «- minium des peintres ». Les terres rouges sem blent avoir été en général moins utilisées par les artistes du moyen âge que par ceux de l'antiquité. Théophile parle de la sinopis dans les 'chapitres sur les « mélanges des cou­ leurs }), et le « rubeurn }) de la Schedula est à classer parmi les ocres (2). Celle de Pierre de S. Audomar paraît avoir été une laque rouge. « Sinopis », quidam- color magis écrit-il, « est rubeus ut didici quam vermiculum. Unde et ipsum vermiculum sit valde preciosum in pulchritudine fuerit quasi laudando scu­ tariisinopidem vocant cum tantum modo verrniculum in rubeo _ teneat ejus similitudinem (3). Les traités de Jacques Cona et » d'Antoine de Compiègne, compris dans le recueil d'Alcherius, parlent également de la sinopis (4). Au reste, la signification « » dé ce terme était apparemment indéterminée: « sinopis », lisons­ nous dans la Table aes Synonymes, de Le Bègue; est color « .... rubeus ; aliter dicitur cenobrium, aliter meliana, et fit de .. warancia, et aliter est qui fit ex lacha vel gumma edere (5), etc. » Le Bègue nomme d'autre part le rouge d'ocre calciné (rubeum combustum) (6) et la terre rouge (terra vel creta rubea) (7) « » . / . La sinopis )) ou « sinopia » véritable reparaît dans le huitième «- Iivre du Speculum naturale de Vincent de Beauvais et le Trat­ tato de' Cennino (8); l'anonyme de Naples cite une terra rubea, « alias vulgar-iter dicta macra (9). » (I) Lexique de Bar Bahloul, § SI. « Sinops (ü'Ylol'WY¡ p.0.'1:0" Diosc.), minium des pein­ tres » (Berth. : La chimie au moyen âge, vol. II, p. 131, trad.). (2) SCHEDULA L. I, c. i « Admisce cenobrium vel sinopidem )), et c. 3 : «Rubeum, : , ... qui _comburitur ex agra. » (3) Pierre de S. Audom. : De Color. fac. § 179 (De sinopide). Rappelons, au sujet - de ce passage de Pierre de S. Audómàr, qu'il y avait, d'après un texte de 1400 cité par Mênestrier, le sinople rouge et le sinople vert.vee qui explique le sens que l'héraldique a donné à ce mot. 301 (Numération des mss. de Le Bègue). (4) Alcherius, § 294, 295, (SHEHAN LE BÈGUE: Table des Synonymes, à l'art. Sinapis. (6) Ibid., à l'art. Posch. Camp. avec le § 315 des mss. de Le Bègue. - - (7) Ibid., aux art, Creta viridis et Rubei colores. (8) CENNINO : Trattato, c. 38. (9) « Cette terre rouge servait en Italie à marquer la porte de ceux qu'on voulait � -outrager. Charles Quint fut obligé de sévir, en 1549, contre ce genre d'insulte, etPhilippe II prononça même la peine de mort contre les abus de la Macriata )) (Cf. l'introd. par Lecoy de la Marche au ms. de Naples, p. 1.5). · ,. 'CHAPITRE V - Couleurs jaunes. L'orpiment. - Sa description par Pline et Dioscoride. - Les termes « arsenic )) et « orpiment n , - Fréquence de apparition dans les traités son hermétiques. « Arzicon )) - et « arzica n Succédanés de l'orpiment. , - Le jaune de safran, - Culture du safran dans l'antiquité. Passages de - l'Anonymus Bernensis et de Pierre de S. Audomar. - Emploi du safran dans la peinture des manuscrits. - Autres produits jaunes utilisés au moyen âge. et à la Renaissance. "Orpiment (arsenicon, auripigmentum, arzicon, jalde, oro­ pimente,' etc.). Le sulfure d'arsenic qui porte le nom d'orpiment était connu dès l'antiquité comme une êouleur à l'usage des artistes. Ce minerai », relate Pline, « s'extrait en Syrie pour les pein­ « tres; il est, it fleur de terre, de- couleur-d'or, mais fragile comme les pierres spéculaires» (1). Pline rapporte ensuite une tentative, faite par Caligula, d'extraire l'or que l'on supposait contenu dans cette substance (2). Ailleurs, il le.nomme arsenic (3), en se conformant au terme arsenicon que Vitruve dit avoir été donné par les Grecs à l'orpiment (4). Selon Dioscoride : « Auripig­ mentum in eisdem metallis, quibus sandaracha gignitur. Opti­ mum existimatur crustosum, aureò colore micans, ñulli materiae permistum, in squammas fissile; quale in Mysia Hellesponti nascitur » (5). Le Papyrus X de Leyde le désigne à plusieurs reprises comme ingrédient d'une encre d'or (6); il apparaît dans (I) Rist. Nat. L. XXXIII, C. 22. - Voy. aussi L. XXXV, C. 31. _ (2) Ibid. Invitaveratque spes « Caiumprincipem avidissimum auri: quamobrem jussit excoqui magnum pondus : et plane fecit aurum excellens, sed ita parvi ponderis, ut detri­ mentum sentiret», etc. (3) L. XXXIV, c. 56. (4) VITRUVE: De Arch. L. VII, c. 7. « Auripigmentum, quod &pai txOY graece dicitur, foditur Ponto. » (5) DlOSCORlDE : L. V, C. 121. (6) Papyrus de Leyde, § 50, 58, 74. 194- - les écrits d'Aetius d'Amida (1). Le terme arsenic» continua à « être appliqué à l'orpiment par les alchimistes: toutefois dans Ja version grecque faite par Pierre Théoctonicos du traité d'al­ chimie dJl)Albert le Grand, on rencontre le nom &op!1r�'Y¡.Ut:roll, forme grécisée del'auripigmentum latin (2). Ce sulfure reparaît fréquemment dans les formules hermétiques; dans le Livre de l'âme d'Avicenne (3) et le Livre des Soixante-dix, traduit par Renaud de Crémone d'un traité de Djâber (4), il est rangé parmi les quatre esprits créés sous la terre »; dans les écrits médi­ « caux de Rasès, imprimés à Bâle en 1544, il est cité comme pos­ sédant des vertus thérapeutiques (5); on lit encore dans l'Al­ chimie d'Avicenne, à l'article consacré à la nomenclature symbolique des adeptes L'aigle et le griffon sont nos : « pierres, c'est-à-dire l'orpiment, le feu et le sel »; au cin­ : quième livre, l'orpiment entre dans la composition d'un or factice (6). Lecolophane constitué par du soufre couleur de safran « » du Liber ignium de Marcus Graecus n'était probablement autre que ce produit (7). Le Liber Sacerdotum le fait intervenir dans des recettes de peinture (8). L'auteur du troisième livre d'Héra­ clius, de son côté, fournit des instructions « quomodo auripig­ mentum praeparatur ad operándum » (9). On l'appelait aussi articon, terme dérivé de Yarsenicon grec « Auripigmentum est .. ' \ color croceus qui aliter arsicòn dicitur », écrivait J ehan le Bègue dans sa Table des Synonymes (10). Le Bègue semble du reste confondre l'ar{icon et l'ar{ica (11); ce dernier, selon Cennino (12), était une couleur utilisée par les miniaturistes; le manuscrit de - Bologne l'identifie avec une laque jaune confectionnée avec la (I) Aetius Amiden. L. II, c. 48. (2) BERTHELOT: Coll. des alch. gr. Vol. l, Introd., p. 210. - (3) BERTHELOT: La chimie au moyen âge. Vol. I, p. 297. (4) Liber de Septuaginta lo. transl. a Magistro Renaldo Cremonensi. Lib. De LXI, ablutione argenti vivi (Berth., ibid., p. 333). (5) Berthelot, ibid., P- 319. (6) Ibid., p. 303 et 304. (7) Liber ignium ad comburendos hostes; § 8 (Recette relative au « feu inventé par Aristote quand il voyageait avec le roi Alexandre dans des régions ténébreuses »). (8) Liber Sacerdotum, § 166, 168. (g) HÉRACLIUS: L. III, c. 40. Voy. aussi c. 56 et 57. - (10) Voy. aussi HÉRACLIUS: L. III, c. 50. « Arzicon, id est, auripigmentum, in Ponto nascitur. • » (Il) LE BÈGUE: Table des Synon. à l'art. Arzicon, «Arsicon vel arxica sicut est auri­ pigmentum, est color croceus », etc. (12) Trattato, c. 50. 195 -- gualdà (1). Des succédanés de l' orpiment véritable étaient d'un usage courant; l'un d'eux est mentionné dans la Table des - Synonymes: « Aürlpigmento similis est color qui vocatur (sic), ... et fit de felle piscis rnagni marini, credo balene, mixto cum creta alba seu gersa et modico aceto » (2). Cennino, d'autre part, parle de l'orpiment artificiel; « fatto d'archimia » (3). Lejaune de safran -(crocus, satfrannum, zafferano, zafa­ ramj, etc.). La culture de cetteplante tinctoriale se pratiquait, dans l'antiquité, en Cilicie, en Lycie -et en Sicile. Elle est citée par plusieurs auteurs anciens; Pline parle de l'enduit au safran - . dont le peintre Panainos avait recouvert les murs du temple de Minerve, à Elis (4), et cite Mucien sur la cultivation de la plante (5). Le papyrus de Leyde fait entrer le safran de Cilicie dans la composition d'une encre d'or (6). L'Anonymus Bernen­ sis donne quelques détails sur la préparation du safran pour la peinture en miniature (i). Pierre de S. Audomar écrit: Om­ « nem crocum ad pingendum assumere non oportet vel ad seri­ bendum. Illum enim qui in hac nostra patria galliae et in toto Francia crescit bonum non esse non nescias ... In Sicilia autem, ut Ysidius (8) quidam, ait qui melior dicitur, undeest cariseas crocum plurimum et optimum venit. Spirarnine flagrantius et colore pulchrius auro (9). » Suivant une légende rapportée par Hakluyt, le safran fut importé en Angleterre de l'Orient par un pèlerin qui, au risque de sa vie, cacha la précieuse plante dans son bâton de voyage, qu'il avait creusé pour la recevoir (10). Au seizième siècle, sa-­ culture était florissante dans le Sud-Est français, dans l'Albi-' -geois, le Lauraguais et l'Angoumois. La matière colorante que (I) Ms. de Bologne, § 194 (A fare larzica bona et bella). (2) Voy-aussi HÉRACLIUS: L. II, § 15 (De colore auripigmento simili). (3) Trattato, c. 47. (4) Hist. Nat. L. XXXVI, c. 55. (5) Ibid. XXI,17. Voy. aussi Dioscoride, L. L, c. 25. c. - Papyr. de Leyde, § 74. (6) . (7) « Safrannum, quod alió � quibusdam nuncupatur nomine. crocus, nullam habet temperaturam aliam. Nisi, sicut invenis illud herbido flore, ita pones in vasculum coloreum atque desuper clarea pura et forte infusa, parvo intervallo glauciatus fuerit ", etc. (8) Isidore de Séville. C'est une allusion à un - - passage mal compris du livre -des Origines. Cf. Etym. XVII, 9. (9) De Color. fac., c. 165 (De croco et de diversitatibus ejus). (10) Cf. MERRIFIELD: Orig, Treat., vol. I, Introd., p. CLXV. .� l'on en extrayait conserva durant tout le moyen âge sa place sur la palette des artistes. Elle était surtout utilisée dans la miniature. La Mappae Clavicula la classe parmi les colores « in pargameno spissi et clari » (1) ; le moine Théophile consacre un chapitre à la méthode .d'orner à l'étain et au safran les « peintures des livres (2); un article sur le safran est compris dans » le recueil de l'anonyme de Naples (3); d'autres références à cette couleur se trouvent dans la Table des Synonymes de Jehan le Bègue (4), le manuscrit de Bologne (5), l'Illuminirbuch de Valentin Boltz (6), etc., ainsi chez les alchimistes. que D'autres couleurs jaunes étaient connues des artistes médié­ vaux; telles sont entre autres lé giallolino ou giallorino, men­ tionné par Cennino (7) et plus tard par Borghini (8), Baldinucci, Léonard de Vinci, Lomazzo, le manuscrit de Padoue, etc.; le jaune de curcuma, glaucus qui fit ex radiee curcumi » (9); le « jaune orangé du réalgar (risalgallo) (10); l'ocre jaune (le sil de Vitruve et de Pline), dont Cennino relate avoir découvert une qualité supérieure « aux confins de Casole, à l'orée du bois de la commune de Colle, au-dessus d'une villa nommée Dome­ taria (11), etc. Nous renvoyons, pour l'étude de ces » matières, aux précités de Merrifield, Berger, Laurie, ouvrages . Lecoy de la Marche, etc. (1) Mapp. Clavo (Ire part.). De diversis coloribus. (2) SCHEDULA: L. I, C. 32. - Voy. aussi C. 36', § 3; c. 37, § 1. (3) Ms. de Naples, c. 27 (De croco). (4) « Saffranus, qui reddit colorem croceum, dicitur crocus, et perfectior qui sit Sicilianus, tam in colore quam in sapore, qui vocatur coriscos. » Voy. aussi Le Bègue, § 324 (Pour faire lettre qui semble dor et dargent, qui na ne or ne argent). (5) Ms. de Bologne, § 234 (A preparare el zafaramj). (6) VALENTIN BOLTZ: Illuminirbuch (Saffrangelb). (7) Trattato, c. 46. (8) Riposo, p. 166, (9) Anonyme de Naples, c. I. (10) CENNINO : Trattato, c. 48. - Cf. Borghini : Riposo, p. 166; Lomazzo : Trattato, p. 191, etc. (II) Trattato, C. 45. CHAPITRE VI Couleurs brunes et noires. Couleurs brunes. Leur usage restreint. Le (( brunus » du Pseudo·· - --:- Héraclius et de Le Bègue. - Le morellus. Les bruns de bitume dans les - / écrits postérieurs. Les noirs de fumée, d'os, de vigne, eté. Divers noirs énumérés par - Textes de J ehan le Le noir de Scythie, Autres Vitruve et Pline. Bègue. - - - cités par Cennino, Le Bègue et les auteurs des XVIe et XVIIe siècles. produits Conclusion. Les matières colorantes de teinte brune paraissent avoir été peu utilisées dans la peinture médiévale. L'auteur du dernier qualifie de - livre d'Héraclius mentionne une couleur qu'il « brunus » (1), terme dont la signification est ainsiprécisée par Jehan le Bègue: Brunusest color quem puto esse bularrnirrium ({ alibi ponitur pro sanguine drachonis qui quasi coloris bularmi­ nici est» (2). Mrs Merrifield identifie cette substance avec l'hé­ matite rouge (3). Le morellus de Le Bègue avait probablement une teinte brunâtre (4). Le manuscrit de Strasbourg parle d'un (5), et Valentin Boltz range la braune farb et le » « brunrot « » ( mumian» parmi les couleurs énumérées dans I'Illuminirbuch (6). Des auteurs postérieurs, tels que Borghini, recommandent l'usage du bitume, nero di spalto, e da medici e chiamato « bitume giudaico, questo e una grassezza del lago Sodomeo» (7), etè. L' asp alto « est encore mentionné par Volpato, Palomino, » ' Marcucci et.d'autres contemporains. HÉRACLIUS: L. III, c. 56, 58. Voy. aussi Mapp. Clavo - (¡re part.), §§ 8, 9 et 10., (I). (2) LE BÈGUE: Table aes Synonymes, à l'art. Brunus. note 3. (3) MERRIFIELD: Orig. Treat., vol. I, p. 20, _ à l'art. Morellus, Voy. aussi l'art. Fuligo, (4) Li BÈGUE: Table des Synonymes, (5) Ms. de Strasbourg, c. 70. « Braune Farb. Nimb weiss Galitzenstein (6) VALENTIN BOLTZ: Illuminirbuch. - - thue das Pulver in heísse Presilgenfarb, etc. in der Apoteck, reibe ihn gar klein, und - in den Apotecken, das ist Menschen-Pleisch Mumian.- Mumian findet man nirgend denn Gibt auch ein Haarfarb den Kleidungen », etc. künstlich auszgedorret und bereitet. II. (7) BORGHINI : Riposo, Lib. - 198- Noirs de fumée, d'os, de vigne, etc. (atramèntum, tryginon, lapis niger, fuscus, sanctonicus, terra nera, etc.). On fabrique le noir de ({ plusieurs façons », écrit Pline, ({ la fumée que donne la combustion de la avec résine ou de la poix; aussi a-t-on construit cela -des laboratoires pour qui ne lais­ sent pas cette fumée s'échapper. Le noir le plus estimé se fait de cette façon avec le pinus teda; on le falsifie avec le noír de fumée des fourneaux et des bains, et c'est de celui-là écrire les livres. Il qu'on se sert pour calcinent la lie de vin desséchée; en est qui et ils assurent que si la lie est d'un bon vin, le noir ainsi obtenu ressemble au noir indien. Polygnote et Micon, très célèbres peintres d'Athènes, en ont préparé avec le marc de raisin, le nommant tryginon. Apelle a imaginé d'en préparer avec l'ivoire brûlé, et lui 9- donné le nom d'éléphantinum. On apporte aussi de l'Inde le noir indien, dont jusqu'à présent la composition m'est inconnue» (I). Vitruve, que nous savons avoir été souvent copié par Pline, parle également des noirs de suie et de lie de vin, et mentionne celui qui se fabriquait avec des sarments carbonisés (2). L'emploi de la plupart de ces substances se maintint au moyen âge. La Mappae Clavicula cite un noir de vigne, « nigrum optimum ex carbone vitis» (3), analogue à celui de Vitruve. Suivant Jehan le Bègue (4) : Niger est color terre « nigre, que lapis niger dicitur, satis mollis ad color niger est etiam ex carbone protrahendum, et molito, vel ex fumo lampadis aut candele factus, aliter fuscus dicitur, et aliter sanccenicus (sanctonicus) », A l'article Fumus de la Table des Synonymes, on lit : « Fumus est color niger, si igne candele sepi velcum ab cere, vel a lampadis lumine exit, colligatur ", etc. Le procédé semble avoir été universellement adopté; d'après le traité de Chen-ki-suen, écrit vers 13g8, on obtenait ces noirs par la com­ bustion d'huiles dans des lampes de terre cuite (5). L'anonyme de Naples parle également du noir de suie que l'on recueillait dans un bacchinum de auricalco « (6). » (I) PLINE: Hist. Nat. L. XXXV, c. 25. (2) VITRUVE: De Arch. L. VII, c. ro, (3) Mappœ Clavicula (Ire part.), § 8. Voy. aussi Ms. de Naples, c. 4. - (4) Table des Synonymes, à l'art. Niger. Voy. aussi les articles Fuligo, Fumus, - Lapis-niger, Attramentum, Carbo, Fuscus, Sanctonicus. (5) Cf. Church: The chemistry of paints and painting, p. 239. (6) Ms. de Naples, c. 4. - I 199- - Le noir de Scythie (atramentum Scithicum) de la Mappae était peut-être analogue de Pline; noir indien }' Clavicula (1) au « dans le livre VI de Zosime (traité d'alchimie syriaque) il est de l'encre question, au cours d'une formule de teinture, « d'Inde ou de Scythie Cennino énumère, au trente-sep­ » (2). tième chapitre du Trattato, les noirs de vigne, de fumée et de il recommande une cer­ noyaux de pêche calcinés; ailleurs, « taine pierre noire, provenant du Piémont» (3). Le manuscrit de Strasbourg classe le noir (swartz) parmi les varwen die man mit oli tpier « (4). Le noir de fumée ser­ . vant à fabriquer Yincaustum grecum est cité dans le Liber Illu­ ministarius (5). D'autres produits, variant sensiblement entre eux, se rencontrent assez fréquemment dans les recueils tech­ niques. Noir », « écrit Jehan le Bègue (6), « est fait de charbon ou vin et destrempez doile ou deil, mais le broye avec eaue fait darrement Se carbon qui est fait de bon est (7), etc. ce nest paille de fer boulu et cuie avec oille. Ou vous prenez escorce d'alne et le broiez en eue avec molure deferre yaue, et mettez en avec arcement et destrempez » (8). Les noirs d'os et d'ivoire, la terra di campana, le nero di schiuma di ferro, etc., sont nera cités par les écrivains du seizième et du dix-septième siècle, Borghini, Lomazzo, Baldinucci, Marcucci, Lebrun (9), etc. De cette revue sommaire se déduisent les conclusions sui­ vantes: 10 employées dans l'antiquité que nombre de couleurs se retrouvent à peu près inchangées, au moyen âge, sur la la palette du, peintre, telles la céruse, l'indigo, le vert-de-gris, verte, le minium, l'ocre rouge, le noir de fumée, etc. ; terre 20 que certaines matières colorantes naturelles, utilisées par les (I) Mappae Clavicula, § 14. Ce traité est contenu dans un recueil d'alchimie (2) Traité de Zosime, L. VI, § II. - syriaque (Ms. de Cambridge) analysé par Berthelot (La chimie au moyen âge, vol. II, de la Clavicula fait mention p. 225, trad.). Notons que la recette susnommée (no 14) Mappre tradendum secretum, neque alicui dederis des prophétes )J (Absconde sanctum, et nulli « de l'antiquité égyptienne. propheta), ce qui semblerait attester sa descendance « Ancora per disegnare ho trovato certa pietra negra, che viene (3) Cf. Trattato, c. 34. del Piemonte )J, etc. (4) Ms. de Strasbourg, c. 70. Wildu machen ain swarcze varb dy klain aus (5) Liber JIluministarius (Fol. 28): « der veder gee ... dy tincken haiszt incaustum grecum sic cum )J, etc. (6) Mss. de j ehan le Bègue, § 316. Atrament, Voy. S. Audomar De Color. fac. § 172. (7) : Cf. aussi P. de S. Audomar : De Color. fac. § 172, 173. (8) CCXXV-CCXXVIII. (9) Cf. MERRIFIELD: Orig. Treat., vol. I, introd., p. anciens, furent supplantées en partie ou en entier par le produit artificiel, résultat dû aux progrès réalisés la chimie" médié­ par vale; tel est notamment le cas des carbonates bleus de cuivre et du cinabre et, en un moindre degré, de l'orpiment ;-30 que d'au­ tres, comme l'azur vestorien fritte ou d'Alexandrie, si réputée pendant la période classique, le blanc de craie ou la pourpre antique, tombèrent graduellement en désuétude et finirent par disparaître; enfin 40 que ces pertes furent compensées par l'ac­ cession d'éléments nouveaux, tels que le bleu du lapis-lazuli ou les rouges de garance et de brésil. A ces teintes essentielles s'ajou­ taient du reste quantité de matières colorantes d'importance secondaire qui paraissent avoir été ignorées de l'antiquité et dont l'usage remonte à différentes époques du moyen âge: le blanc d'os calcinés (album de ossibus combustis) de l'anonyme de Naples; l'alumen d'Héraclius; le giallolino de Cennino ; la laque rouge tirée du ,lierre, décrite par Héraclius, Pierre de . S. Audomar et Jehan le Bègue; le succus sambuci ou me­ ce » ce nesch de Théophile, etc. » ; BIBLIOGRAPHIE (1) Théophraste: nEpi Al9wy; éd. J. Hill (Londres, 1746). Vitruve: - De Architectura; éd. Nisard (Paris, 1846); Va­ etc. lentin Rose (Leipzig, 1899), Pline: Historia N aturalis; éd. Littré (Paris,. 1848); C. Mayhoff (1906). Dioscoride : De Materia Medica; éd. Kühn (Leipzig, 1829), Berthe- Papyrus X de Leyde: éd. C.Leemans (Leyde, 1885); trad. par lot. Coll. des alch. gr. (Paris, 1887): JEtius d' Amida : De Re Medica ; trad. de Cornarius (Venise, 1553). Paul Eginète : . 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Achaïe: 129. Anastasius Sinaïta : 110. � Acre (azur d') : 167. Anazarbe: 17. Acropole : 88. Anna (princesse) : 65. Actes: 12. Annales de Thoutmosis III: 170. Actes de S. Procope: 15. Anbertus Miraeus : 158. Adalbéron de Würzburg: 48. Andechs : 144. Adamnan : 49. Anderson: 52. Adelard : 54. Andrea Tali (v. Tali). Adornes (Anselm) : 49. André de Fleury: 44. Adrien (empereur) : 69, 154. Andres von Colmar (Meister) : 74. Advocate's Library: 151. Andronic 1er: 62. Aetius d'Amida: Angeli (couvent des): 138. 22,153,155,164,175,191,194. Afrique: 35, 190. Angelico: 70, 138. Agatharcus : 16, 106. Angelo in Formis (S.,) : 66. Agathon (pape) : lla. Angers: 97. Agnel (évêque) : 100. Anglais: 137, Agnolo Gaddi: 67, 68, 97, 117. Angleterre: 31,44,52,53,54,97,110,132, Agobard de Lyon (saint) : 191. 158,195. • Agrippa (v. Cornelius). Angoumois (l') : 195. Aix: 134. Ani: 123. Alaric: 21. Anno de Cologne: 48. Alberic : 40. Anonyme de Lucques: 16, 20, 22, 23, 24, Albert Dürer (v. Dürer). Albert le Grand: 16,37,78, 25,26,27,28,31,36,42,48,59,64,75, 170, 180, 194. 83,91, 92, 103, 109, 110, 113, 114, 123, Albert de Strasbourg: 53. 129, 150, 153, 155, 164, 172, 173, 175, Alberti (Leo Battista) : 75,83, 100. 176, 183, 18b, 191. Albertus Argentinus (v. Albert de Stras- Anonyme de Naples (v. Ms. de Naples). bourg). Anonymus Bernensis : 39, 49, 75, 76, lla, Albigeois (1') : 195. 123,133,140,141,193, 195· Albrecht: 53. Anselme (archevêque) : 44. Alcherius (jean) Antapodosis : 39, 51, 55, 56,57,59,75, : 29. 76,78,115,116,130,136,140,141,151, Anthonius de Compendio (v. Antaine de 168, 192. Compiègne). Alchimie- ti'Avicenne: 194. Antigone: 16. Alcuin: 7; Antioche: 20, 33. Aides: 143, 155. Antiquitates Italicae : 22. Alessio (Don) : 43. Antiquités judaïques: 79. Alexandre :41, 112,194. Antoine (saint) : 68. Alexandrie: 155. Antoine de Compiègne: 55, 59, 76, 116, Alexandrie (fritte d') : 167, 171, 200, 136, 141, 192• Alexis Comnène: 61, ' Antonello de Messine: 66, 99, 117. Allemagne : 30, 31, 39, 43, 44, 47, 51, 52, Anubis: 104. 53,73,95,140,143,151• Apelles de Cos (ou de Colophon): 16, 105, Allemands: 185. 106, 147, 153, 165, 198. Allier: 97. Aphrodite: 88, 176. Almeria: 35. Appollonius (mosaïste) : 66. Alpes: 59,97, 101. Appellicon de Téos : 124. Alphonse le Sage: 35. Apulée: 149. Alsace : 25. Arabes: 7,18,29,33,35, 123, 127, 185, 187. � I 2I2 - Aragon: 43, 73. Basile le Macédonien: 59, 60, 92. Arcadius: 61. Basile II Porphyrogénète: 60. Arcésilas de Paros: )-47. Bast (De) : 158. Archaeologia: 25, 26, 2'J, 132. Bataille d'Issus (peinture) : 126. Archerius . (v. Alcherius), Bavière: 78, 134. Archimède : 35. Bayet: 30, 33,·62. Arculf: 49. Bayle: 45. Ardenne; 75' Beauneveu (André) ; 79, 138. Arezzo: 99. Bède le Vénérable: 11Q, 129, 132. Argélius 16. , Bègue (Le) (v. jehan le Bègue). Argyropée: 34. Beitrâge, etc. : 74. . Aristide: 147. Bélisaire: 100. Ariston : 16. Benedetto (Fra) : 138. Aristote: 15,77,112,128,129,183,194, Benedict BisCQP : 110; 132. Arles: 52.' Benedictional d'Aethelwold : 132. Arménie: 41, 120, 169, 191. Bénévent: 41. Arnaud de Villeneuve: 35,43. Béni-Hassan: 86, !O4. Arnolfini : 177. Benjamin de Tudèle ; '29. Arnstein: 134. Benoît (saint) : 99, Arras: 51. Benziger (C.) : 142 .• . Arrien; 172. Bérenger: 43. Artaxercés Mnémon (palais d') 84. Berger (Ernst) : 27, 36, 47, 48, 65, 70, 73, ; Artémis: 88. 74, 75, 78, 79, 87, 89,90,92,94, 96, 91l, Artémius: 127. 99, 104, 105, IlO, 115, 117, 11!l, 121, Artevelde (Van) : 53. 122, 141, 142, 148, 150, 153, 156, 159, Artis aurifer ae : 35, 73. 160, 173, 178, 187, 196. Asclèpios : 89. Bernard-de Lobbes: 44. Asie-Mineure: 23, 59. Bernard le Sage : 49. . Assise; 97, 99. Berne: 49. - Assyriens: 169. Bernward de Hildesheim: 44, 47, 134. Astérius (saint) : 29, 110. Beringar: 54. Athanase: 61. Berlinghieri (Bonaventura) : 66. Athanase (saint) : 149. Berry (duc de) : 53, 54, 79, 137, 138. Athéna (temple d') ; 89, 126. Bersuire (Pierre): 137. Athènes: 60, 85, 88, 149, 182, 198: Berthelot: 7, 12, 13, 14, IS, 18, 19,20, 23, .. Athos : 61, 62,65,68,_ 165. 24, 25, 26, 27, 31, 32, 33, 34, 35, 36, 37, :Attavante : 139. 41,43,77, !O8, !O9, 111,112,126,127, Atticus': 124. 128,129,155,157,164, 166, 169, 170,. Attila: 21. 171,176, 180, 1!l1, 182, 184, 188, 191, Audomari fanum : 58. 194, 199. Audomarus (saint) : 58. Bertin (Saint-) : 51, 58, 115 . . Aufidius Bassus j 18. Bertrand (A.) : 84. Auguste': 17. Béryte : 33. Augustin (saint) 132, 189. : Beseleel :13. ,AUI:ora resurgens : 73. Bestiaires: 45. Ausone: 20, 125, 149. Bétique (la) : 183. . Aventin: 91. Bible (la) : 137, 138. Averroès : Bibled'Alcuin: 7,126,133. 37. Avicenne: 37, 181, 184, 194. Bible de Lothaire: 31. _ Avignon 55. : Bible Ma.¡arine : 143 Azbch-{v. Azoth). Bible de Saint-Paul : 76. Azoth: 74. . Bible d'Ulfilas: 127. Azzoguidi (Balthasar) : 143. Bible de Worms: 134. Biblia pauperum : 45. � Biblionomia ide.Richard de Fournival): 76. B Bibliotheca chemica curiosa: 35. Bibliotheca universalis : 45. Bádakhshan : 167. Bibliothèque Bodleiênne : 137. Badurad (évêque) : 48. Bibliothèque de Bruxelles: 130, 136, 138. Baeza: 35. Bibliothèque de S. Gall: 181. Bagdad: 35. Bibliothèque Marciana :' 13. Balbus : 17. Bibliothèque de Munich: 78,79, 134, 144. Báldinucci r 170, '177, 196, 199. Bibliothèque Nationale: 33, 60, 181. Bâle: 43,. 142, 155, ¡_64, 169, 187, 194, Bibliothèque Royale.e .39. Baléares (îles) : 190. Bibliothèque de Strasbourg: 74. Ballard (Christophe) : 80, '143, 172, 186. . Bibliofhèque d'Upsala ; 127, . Bamberg: 30,- 134. •. Bibliothèque Vaticane; 60, 123,125,140. Bar Bahloul de Bar (v, Lexique • Bahloul). Bibliothèque de Vienne: 1.43 . Barbaro; 17. »Biographle universelle: 17. Barberousse (v, Frédéric Barberousse). Bithynie: 172. Bardi (chapelle) : 97. Blois: 138. Barisanus de Trani : 31. Bobbio: 132. . Barthélêmi de Glanville (v, Bart�élémy Bodleienne (v. Bibliothèque Bodleienne). cl'Anglais). . Boèce: 110, 149. . Barthélémy l'Anglais: 45, 138, 189. Boileau (Etienne) : 52, 69, lS7. Bartsch e 75. . Baissier (G.) 85, 12�. . � Bologne: 56,57, 71, 72, 73. 78,143, 169 .. Capétiens: 137. Boltz de Rufach (Valentin) : 14, 80, Capitole: 107, 182. 123, 131, 141, 142, 178, 184, 185. 188, 189. Capitolin (Jupiter) (v. jupiter). 196• 197· Capoue: 66. Bonaventure (saint) : 45. Cappadoce: 190, 191. Bondolf (v. Jean de Bandol). Carmanie (la): 183. Bongars: 44. Carrara (famille des) : 68. Boniface VIII: 43. Cartailhac (E.) : 84. Boniface (saint) : 127. Cartailhac et Breuil: 84- Bonifazio Lupi (hôpital de) : 67. Carthage: 107. .. Bonnardot (Lespinasse et) : 52, 157. Casole: 196. Bordeaux: 34, 155, Cassien: 137. Bordier: 125. Cassiodore: 181. Borghetto : 158. Cassius (André) : 74. Borghini: 100, 170, 183. 196, 197. 199. Cassius (pourprede) : 74. Borso (duc de Ferrare): Castagno (Andrea del) 138. ' : 70. Botticelli: 70. Castille: 73. Bouchot (Henri) : 14. Catalogne: 43, 73· Boulacq : 104. Catherine de Bologne (v. Catherine dei . Boulogne-sur-Mer: 58. Vigri), Bourassé : 46. Catherine dei Vigri (sainte) : 79, 140. Bourges: 54. Catholicon (le): 57, 186. Bourgogne (ducs de) : 56, 73, 137, 158. Caucase: 60. Boutebrie : 54. Caumont (De) : go. Brabant (duc de): 158. Cavalcaselle (Crowe et) : 177. Bradley: 77, 143· Caxton (William) : 142. Branchi (GIUseppe): 151. Céan Bermudez: 55. Brême: 52. Cécile(caveau de sainte): 91. Brera (la) : 119. Cédrenus: 12,127. Bretons: 172- Cefalu: 60. Breuil (Cartailhac et) : 84- Celse: 175. Breviarium diversarum artium : 45, 46. Cennini (Bernardo) : 143, Brioude : I 19. Cennini (Cennino) : Sl, 59, 60, 67, 69, 83, British Museum (v. Musée Britannique). 97,98,99,101,1°3,113,114,116,117, Brockhaus (H.) : 63. 118,119,120,121,123,136, 140, 154, Broederlam (Melchior) : 158. 159, 165, 166, 167, 168, 169, 175, 177, Brown (Baldwin) 117. : 178, 188, 192, 194, 195, Ig6, 197, 199, Bruges: 49, 52, 54, 158• 200. Brunetto Latini: 45. Cennini (Drea) : 67, 68, 117. Bryès: 147. Ceolfrid : 132. Buffalmaco : 99. Céramique d'Athènes: 126. Buonamico di Cristofano : 98. Cérigo: 127. Buonarroti: 102. Certosa de Pavie: 57. Burchardt de Halberstadt: 44. César de Heisterbach : 144. Bürger (Johannes): 79. Cespides: 183. Burgos: 73. 137· Cetus Faventinus : 17- Bury St. Edmunds: 133. 144. Ceylan: 187. Busketus : 44. Chaldée: Il, 13,84- Buytrago (hôpital de) : 72. Champagne: 30. Byzance: 7, 24,29,30,31,47,51,60,65. Champollion: 124. 66, 128, ISS. Changenet (Jean) : 14. Byzantins: 29, 34. 64,112,123,127. Chantilly: 138. Chapelle (Samte-] : 97. Chaptal: 171. e Charlemagne: 22, 24, 3°,40,48, 132, 133, 150. Cahier (le Père Charles) : 21, 76, 132, 139. Charles (dauphin) : 157. Caire (le): 167. Charles V (roi de France): 69, 137, Caïus Cestius : 171. 138. Charles VI (roi de France): 137, 138. Caïus Plinius Secundus : 18: Charles VII (roi de France) : 79. Calabre: 59. Charles d'Anjou : 65. Calatès : 107. Charles-Quint: 100, 192. Caligula: 182, 193. Chartres: 97. Calli as : 182. Chartreuse de Dijon: 73. Callidès : 107. Chartreuse de Mirafiores : 73. Calliste II : 66. Chartreux: 144. Calliste (cimetière de) : 91. Chern (dieu) : 104. Cambrai: 30, 69. Chen-ki-suen : 198. Cambridge: 25, 34, 39, '46, 48, 131, 132, Chéops: 41, 42. 199· Cherson: 65. Camille.: 182. Chesne (A. du) : 144 Campanie: 17. Chevreul : 96, 150, 171. Campo-Santo: 99. Childebert 1er: 101. Caneparius: 131, 170, 172, 188. Childéric III : 58. Canosa: 31. Chilpéric:30. Canterbury: 44. Chimie de Moïse: 13,26, 127, 176. 2I4 Chipiez (Perrot et) : 86, 87. Cornelius Tiberius : 154. Chiusi: 85. _ Corneto : 85. Chosroës II : 41 � Corporali (Giacomo}; 138. Christ (le) : 63, 11g, , Corrège: 102. Chroniqu�s (de Guillaume): ,137. Cos: 128. Chry sopée : 34, 42. Cosmas Indicopleustès: 7. Chry sopée de Cosmas : 111.' Cossart (Labbe et): 44. Chrysostome (saint) (v, Jean Chrysostome). Coste (Jean): 157. Church: 177, 184, 198. Cratévas-; 18, 124. Chypre: 171, 176. Credenze : 52. Cilicie: 17, 108, ioç, 19S. Crescentius : 40. Cimabué: 66,67,116,117. Crète: 165. Cimon: 85. Crimée; 65. Cimon de Cléonées : 15. Crivelli (Carlo) : llg. Citadella : 68. Crivelli (Taddeo) : I38. Citéde Dieu (la): 137, Croce (Santa-) : 97. Cité Léonine: 40. Cronos :' 176. Clavis-sapientiae : 35. Crowe (et CavalcaselIe) : 177, Clef dela peinture (v. Mappœ Clavicula).' Cumas : 33. Clément d'Alexandrie: 12, 15, 20. Curie Hostilie : 107. Clemente (S.-) : 66. Curopalate (le) : 2g. Cléopâtre: 41, 42.' Cuvier: 18. Cléopâtre la Savante: 41. Cyprien (saint) : 12. +Clermont : 101. Cypris: 176 . .Cloet (Pierre) : 6g. Cyranides (v. Livre des Gyranides). Clotaire 1er: 101. Cyrène: 103, ,65. , Clovis: 58. Cyrille de Chio: 62. Cluny: 4g. Cyzique; 124. Cnosse: 15,83,84, 87. Coblence: 134. Codex Ottoboniensis : 67, 6g. D Codex Riccardiano : 68. Codex Rossanensis : 23. Dagaeus (moine) : 76. Codinus : 2g. Dagobert; 58. Cœlius Rhodiginus : 150, 151. Damme: 158. Coene (Jacques) ; 54, 56, 57, 59, 76, 115, Dante: 76,77, 136,14l,lg2. Daphni : 60. Coppo di Marcovaldo : 70. Dardanus: Ig. -Corbichon (jehan) : 45, 137, l8g. Davy: 163, 166, 171. Cordoue: 35, 127. '. De Architectura : 11,'16, 17,91. Corinthe ; 105. De Arte Illuminandi: 71, 77,123,136, l39, Cornarius: 155. 178, 188. (v, aussi Ms. de Naples.) Cornelius Agrippa: 45. De Atramentis : 131, 170, 172. Cornelius Cethegus ; I g, Décades (de Tite-Live) : 137. Colard de Laon: 53. De Coloribus faciendis : 115. Colchide: 182. Dédale: 114. Collations (de Cassien): 137, Defrasse (et Lechat) : 89. ColIe_(commune de) : I96. Dehaisnes : 56,- 7g. Collection des alchimistes grecs: 184. Dello di Niccola : 72. Collegia opificum : 52. Délos; 88. Colle di Valdelsa 67, 68, : 1 17. Delphes: lOS. _ Collignon (Maxime): 88, De Materia Medica : 17, 18, 20, 154. Cologne: 52, 142. De Medicamentis empiricis, etc. : 155. Columelle: 121. Démétrius (roi) : 106. Comarius : 36, Démétrius de Phalère: 126. Combefis : 6g. De Mineralibus : 37. ' Côme: 18. Démocrite: 16, 19, 34, 12g, 184. Comentarios de la Pintura: 100. Denis (peintre) : 54. Commentaires (de Ghiberti) : ISg. Denis Ferdinand) : 54. 76. Commode: l4g. Denysffrnédecin grec) : 124. Commodille : 30. Denys (le moine): 47,61,62,63. 6g, g2, 99, Compagnia di S, Luca: 53. 115· Compositionës : 22, 23, 27, log, 110. Depping; ,67, 173. Cona (v. Coene). De Re /Edificatoria: 100. Condé (Musée) : De Re Medica: 153, 155. 138. Cône (v Coene), .. De Secretis operibus artis et naturœ : Conflans: 157. 112. Conrad de Franconie: 43. Desmarx (Nicolas) (v, Niccolo de' Marsi). Conrad de Mure: 144. Désiré (Saint-) : 97. Contadin : 65. Detlefsen: 18. Constance: 58. Diacre (v. Paul Diacre). Constantin: 2g, 33,61, 127. Dialogue de Synesius et de Dioscorus : 164, Constantin VII: 127. 181, Igl. Constantinople : 2g, 30, 3 I, 4-7, 51, Sg, 60, Diccionario (de Céan Bermllde:rJ : 55. 61,65· Dicembrio (Pietro Candido) : 57. . Constantin Porphyrogénète; 15, 29,' 1 12, Didier (abbé) : 10. 215 Di.dron: 61, 62, 63.75,92,94,115,119, '150. Erembourg de Brie: 54, Diehl: 31, 33.110., Erfurt: 30. Diemel: 48. Ernest de Prague: 144. Dijon: 44. Ernestus :134. Dioclétien: 15. Ernulfe : 44. , Diodore de Tyr : 41. Escalopier (Cte de 1') : 46,95, 189. Diogène: 32. Espagne: 18, 35, 72, 73, 84, 169, 183. Diogène Laërce 15, : 16,34. Espagnols.: 72, 185. Dion Cassius: 43, Esphigménou 61, 94. . Dionysos: 182. Essai sur divers arts : (v. aussiSchedula 44. Díoscoride . 7,11, 17, 18. 2°.24,35.121, , Theophili.) 153, 154, 164. 173, 175, 176, 179. 190• Estienne: 143, 155. 191, 193, 195· Etats de Venise: 151. Dioscoride (ms. de): 125. Ethelwold : 54. Dioscorus: 164. 181,191. Ethiopic: 183. Dioscures: 85. Etienne (Saint-): 101. Djâber : 35. 37.41, 191, 194· Etienne d'Auchoirre : (v. Etienne d'Au- Doctrine de Démocrite : 34, 43, 73, 111, xerre). 112,164,176,181,182. Etienne d'Auxerre: 54. Dolet: 143. " Etienne Boileau (v, Boileau). ' Dometaria (villa) : 196. Etrurie 163. : Dordogne: 84. Etrusques: 83. Dubochet: 16, 18. Euclide: 35, 52. , Du Cange: 131,144,150,177, 178. Euclide d'Athènes: 124. Duccio; 66. Eugène IV (pape) : 79. Dümmler : 144. Eumarès d'Athènes: 15. Duomo de Milan: 57. Euphranor de Corinthe: 16, 126. Durand '( Guillaume) : 54, 137. Euphranor de l'Isthme (v. Euphranor de .' Durand (Martenne et) : 44, Corinthe). Durand (P.): 61. Euphronius 34. : Dürer (Albert) : 106. Euripide: 88. Durham: 97, 133· Europe: 7, 28,29, 3°,34,35,51,52,59,78, Durrieu (Paul) : 56. 96,97,101,128,131,139,186. ' Eusèbe: 149. Eusebius: 33. E Eustache (saint) : 68, 69. Eustathe (v. Eustache). Eadburga : 127, Euthycratès : 16. Eadfrith: 54. Évangéliaire de Godescalc : 34. Eaduvius de Lunebourg: 50. Evangéliaire de Lindisfarne : 21, JI. Eastlake: 74, 159. Euangéliaire de S.Médard de Soissons: 34. Ebers (G.) : �49. Evangélistaires : 47. Ebertramnus : 58. Evangiles d'Et schmiadxin : 34. Echion : 16S, 191. Evangiles de Sinope : 23. Economiques (d'Aristote) : 137. Evangiles de Trinity College: 132. Eddius: 127. Evesham: 75. Edesse: 33. Evrard d'Orléans: 56. Edgar (roi) : 132. - Evre-de-Toul (Saint-) : 178. Edim bourg : lSI. Eyck (les Van): 7°,74, 153, 157,160. Edrissi : 35. Excurs über die Oelmalerei: 160. Egbert (archevêque) : 134. Exode: 12, 182, 185. Egbert de Trèves: 47. Eccperimenta de Coloribus : 131, 170, 176. Egine: 147. Ezéchiel ; 84. cl Eginète (v, Paul Eginète). Ezzelino : 68. Egypte: Il, 12, IS, 26, 32,41,85,87, 103, 1°4,109,124,126,129, 149, .165. 170, F 172, 190• Egyptiens: 14,41,84,89,165,172,175. Fabérius (notaire) 91. : Eitelberger von Edelberg : 30, 39. Facio (Bartolomeo): 160. Ekkehard : 48. Falconet: rç, Eléazar : 126. Faraday: 88. El-Hakam II : 35. Fayoum: 147, 148. Elis: 89, 195. Félicité (cimetière de Sainte-) : 91. El-Kindi : 35. Feller (joachim] : 45. Ely: 158. Ferrare: 36,43, 138, 169. Eméric-David: 20,21, 22, 40, 44, 48,66, Ferréol (saint) : 2I. ' 101,110,148,149,15°,151. Fidriano di Lucca (S.-): 73. Emmeran (Saint-) : 54. Fierens-Gevaert : 56, 177. Empire: 20,33,52,59.60.91,109,123, Filarete: 100. 133, 163', 178• Filipo (Giacomo) : 169. Enenkel : 41. Fillon (Benjamin) : 150. Ephraïm le Syrien: 129. Flandre: 51, 52, 53, 57,100. Epidaure : 89. Flaviens: 17. Flinders Petrie: 87, 148, Epiphane (saint) : 41. 149. Erechthëion : 89, 148. Florence: 53,66,67,98, 17, 51, 99, 138, Erétrie : 172. 139,143,181,183,186. • - 216 Folchard : 50, 54. Girolamo de Crémone: 138. Fond de Gaume : 84. Girolamo de Vérone: 79. Fontenay: 150. Giuliano (orfèvre) : 68. Formies : 17, Giulio Clovio : 143. Fortunat (v. Venance Fortunat). Giunta de Pise: 66, lSI. Fortunato da Rovigo (Fra) : 165. Giustina (Sta) : 169. Forum romain (le): 3°,66, Glaber Rodulfus.: 44. 107. Foulechat (Denis) : 138. Glanfeuil: 132. Foulques: 75. Glockendon (famille des): 143. Fouquet (Jean) : 79. Glockendon (Nicolas): 143. Fourna d'Agrapha (couvent) : 62. Godehard: 44, 48. France: 30, ,li, 33, 34, 42, 43, 44, 51, 52, Godemann : 54, 13z. 53,54,59,65,69,76,137,140, 143, lSI. Goderannus : 134. Francesco de Bologne: 77. Godfrid de Croyland : 130. Francesco dai Libri : 79. Godon: I3z. Francfort: 106. Golein (Jean) : 137. Francho da Russi : 138. Goths: 101. I Franciscains: 158. Goujon (Jean) : 17. I, François 1er: 17. Gozzoli: 70, 99. I François (Basilique de Saínt-) Grandes Heures (les) Françoís de Carrare: 68. : 97. Graux (Ch.) : 126. : 138. 1 Frédéric Barberousse: 65. Grèce: 11, IS, 17, 18, 88, 105,106,1°7, Frédéric le Beau: 43. 123, 124, 163, 191. . Frédéric II de Hohenstaufen: 65. Grecs; 7, 18, 31, 67, 69. 83, 88, 89, 95, Friburger (Michel) : 142. 1°3, 106, 11O,116,128,145,173,177, Frothaire de Toul: 178, 190. 182, 185,193. Grégoire de Naqianxe (Ms. de) : 60. Grégoire de Nazianze (saint) : 63. G Grégoire de Tours: 21, 34,91.' Grimoald (abbé) : 66. Gaddi (Agnolo) (v, Agnolo Gaddi). Grisar: 93. Galatie: 129. Gualandi : 169. Gali'en : 12, 14, 17, 35, 153, 154. Gudrun-Lied: 135. Gall (Saint-): 48, 127, 134, 144. Guevara (Don Diego) : 177. Galleria delle Belle Arti (Sienne): 119. Guevara (Don FelipeLadrony): 83, lOO. Gand: 53. Guglielmo de Magni : 138. Gaucëlin (cardinal) : 130. Guhl: 99. Gaule: 21, 30,131,132,191. Gui (Bernard) : 137. Gaulois (les) : 128. Guichard: 45, 46. Gautier d'Arras: 41. Gui de Dampierre: 136. Gautier de Coincy: 137. Guide de la peinture (du moine Denys) : 62, Géber (v. Djâber), . 118, 156 (v. aussi Manuel de Denys et Geiger: 87. Hermeneia). Generosa: 30. Guido de Sienne: 66, '119. Gênes: 51, 53, 56, 60, 175· Guillaume (évêque) : 137. Genèse Cottonienne : 125. Guillaume Durand (v, Durand). Genèsede Vienne: 23, 125. Guillaume de Hirschau : 5z. Genséric : 21. Guillaume de Malmesbury: 44. Gentile da Fabriano: 119. Guillaume de Warenne: 137. Genua (v. Gênes). Guittone d'Arezzo (Fra) : 138. Geoffroi de Villehardouin (v.Villehardouin). Guizot: 5z. Geoponica : 42. Gundovald : 21. Georges (miniaturiste) : 60. Gunther de Bamberg: 30. Georgie (Ia) : 60. Gyzantes (les): 183. Gérard: 53, 169. Gérard de Crémone: 164. H Géréon de Cologne: 47. Gering (Ulrich) 142. : Hadès: 129. Germain d'Auxerre (Saint-): 54. Hagen (Hermann) : 49, 133. Germanie : 18. Hagion Oros : 61, 96. Gesner (Conrad) : 45. Hakluyt: 184, 195. Ghélati : 60. Halitcharius : 30. Gherardo (miniaturîste) : 140. Halliwell (Wright et) : 130, 144. Gherardo Stamina: 72. Hamann (K.) : 185. Ghiberti (Lorenzo) : 159, Hambourg: 52. Gian Galeazzo Visconti: 57. Hardouyn : 142. Gibbon : 40. Harduin : 18. Gilles (Saint-): 189. Harleian Ms. : 46. Giocondo: 17. Harlinde : 54. Giocondo (Fra) : 79. Harold de Norvège: 65. Giorgio d'Aquila : 158. Haseloff(A.): 47. Giotto: 66,67,70,97,98,99, 117, 158, 159. Hathor: 176. Giovanni da Fiesole: 66. Hawara : 148. Giovanni di Miniato : 138. Heaton (N.) : 87. Girard (P.) : 84, 85, 86, 89, 106. Hebdomades: 124. Girart d'Orléans : 54, 157. Hébreux: 182, 187. j to r 217- - Heidelberg: 75. I Heideloff: 53. Heimskringla : 29. Ialysus (l') (de Protogène) : 1°3,106. Heinrich von lübegge : 74. Iaroslav le Grand: 65. Helbig: 171. Ibn Hauqâl: ,167, Heldric : 54. Ibn Hayyan : 127. Héléna (peintresse) : 126. Ile-de-France : 53. 97· Helgaud : 44. Ilg (Albert) : 39, 40, 41, 43,45, 46,48, 49, Hellade: 89. 67,154,157, 158, 160. Hellènes (les) : 88. Iliade (/') (de l'Ambrosienne) : 125, 126. Heller Qakob) : 106. Ilion: 85. Hellespont: 129. Ilioupersis : 85, Helmershausen: 48,49,51,96, 115· Illuminata Bembo: 79. . Hendrie : 40, 46. Illuminierbuch : 80, 123, 131, 141, 142, Hennequin Bruges (v, Jean de Bandol). de 178, 185, 189, 196, 197· Hénoch (livre d'): 12. Imouth: 12. Henri 1er (roi de France) : 65. Inde: 41,172, 188, 199. Henri II (roi de France) : 17. Indus: 172. I Henri II (empereur) : 47, 134. Henri IV (roi de France): 173. Ingbert (moine) Ingesuati (les) : : 183. 76. I Henri l'Oiseleur : 44. Innocent II : 66. Héraclite: 32. Inquisition: 43. Héraclius: 31,36,37, 39,40, 41,42,43, Interprétation (livre de l') : 12. 48,57,59,75.96, 112, 113, 114,115, Introduction aux arts du dessin 66, 130, 134, 141, 155, 156, 164, 165, 166, 116. 172,173,176, 177, 178, 182,185,186, .Iona : 49, 132• 187,189, 190, 194,195,197, 200.(V. aussi Irlande: 132_ Pseudo-Héraclius). Isabelle (infante) : 73. Herbert (J. A.): 132, 133, 134· Isidore de Séville: 22, 24, 40, 42, 43, 92, Herbert de Reims: 44. 95, lla, 124, 126, 144, 166, 173, 177, Hercule: 176. 179, 180, 188, 189, 190, 195· Hercule (temple d'j : 175, Isis: 12, 14, 104, 164. Hercule 1er (duc de Ferrare) : 138. Israëlites : 182. Hercule II (de Ferrare) : 4,. Isthmiques (jeux) : 105. Heriveus : 58. Italie: 7, 13,21,30,31,4°,42,43,44,49, Hermann: 138. 51, 53, 59, 65, 70,73, 75, 76, 79,83, Hermeneia : 47, 51, 59, 63, 65, 69, 70, 83, 97, 100. 101, 109, 129, 132, 138,143, 92,94,96,101,1°3,114,115,118,121, 151, 158, 169,173, Italiens: 166, 186. 130, 150, 151, 157, 165, 166, 186, 187 aussi Manuel de Denys et Guide Itinéraires: 125, (v, I de Ia peinture). Hermès: 13, 14,41, 52. Ivirôn: 61. Hérodote: 103, 172, 175, 182, 183. Herrade de Landsperg : 45. Herringham (Christiana J.) : 67, 68, 92, J 96,99, 154, 155, 191. Hervée de Reims: 44. Jabal: 52. Heures de Boucicaut: 56. Jacobins ( église des) : 97. Heures d' Etienne Chevalier: 79. Jacobus de Tholeto : (v. Jacques de Heures d'Hardouvn : 142. Tolède). Heures d'Henri II: 143. Jacopo (Don) : 138. Heures de Simon Vostre: 142. Jacopo di Casentino: 53. Hexham: 132. Jacquemart de Hesdin: 13, 54, 79, 138. Heyd: 30. Jacques d'Armagnac: 138. Hilaire (saint) : 131. Jacques Coene (v. Coene). Hildebert (archevêque) : 144. Jacques de Tolède: 71, 72, 121, 159· Hildefonse (saint) : 41. Jacques de Voragine: 41. Hildesheim: 134. Jaen : 35. Hill (J.) : 16. Jamblique: 14, 32. Himérius: 149' James (st_) : 144. Hippocrate: 18. Janua (v. Gênes). Histoire Naturelle (de Pline) : 18, 89, 91, janua (J. de) : 144· 108,147,148,173, 177, 179, Janus: 56. Hoefer: 12, 43, 184. . jativa : 35. Hôflin (Joh.) (von Augsbourg): 79. Jean: 35. Homère: 126, 191. Jean (maitre) : 56. Homolle : 88. Jean III (pape) : 21. Jean IV (pape) : 100. Hongrie : �4. Honorat d Arles (saint) : 131. Jean V(pape): lla. Honoré (maitre): 54, 76• Jean XII (pape) : 40, Honorius lor (pape) : 21, 100. Jean XXII (pape) : 45. Horace: 128. Jean 1er (roi de Castille) : 73· Hortus Iïeliciarum : 45. Jean II (roi de Castille) : 73' Horus: 12, 104, 164. Jean III (duc de Brabant) : 158. Hubert (abbaye de St-) : 75. Jean (monastère de Saint-) : 34· Hugues de Provence: 40,43, Jean d'Antioche : 15· • - 218- • Jean l'Archiprêtre: 15,36. L Jean de Bandol: 138. . Jehan le Bègue: 39, 45, 49,51,55,56,57, 58,59,71,78,80,95, 99, 101, 103, 116, Labbe (et Cossart) : 44. 123, 130, 131, 140,150,151,159,164, Laborde (Léon dé) : 69. 166, 168, 170, 172,173,176,178, 179, Labyrinthe de Salomon: 13, 180, 184, 185, 186, 187, 189, 190, 192, Lachmann : 39. 194, 196" 197, 198, 199, 200. Laconie: 128. Jean de Berry: 56, 137. Laet (Jean de) : 17. Jean le Bon: 54, 69, 76, 137. Laia (v. Lala), Jean de Bruges (v. Jean de Bandol). Lalade Cyzique: ¡-07, 124,148. Jean de Bruges: 153, 160 (v. aussi Jean Landerer : 88. . Van Eyck). Lanfranc: 44. Jean de Calabre: 40. . Langlois: 45, 189. Jean Chtysostôme (saint) : 110, 126, 149. Lanzi: 48, 57, 150. Jean Damascène (saint) : 110, 149- Laodicée: 129. Jean de Fiesole: 138. La Stellata : 43' Jean Goujon (v, Goujon). Latins: 18, 185' Jean de la Huerta: 73. Latran: 30, 66. Jean de Hollande: 13, Launebode (duc): lOI. Jean de Modène: 57, 159, 168. Lauraguais (le) : 195. Jean de. Montmartre : 137. Laurent (Saint-) : lOI. Jeanne de Naples: 77. Laurie (A.): 86,87,88; 90, 91, 92,94,96, Jean le Noir (enlumineur) ; 76, 138. 100,104,105,124,148,151, 153, 160, Jean d'Orléans : 53. 69. 168,196. Jean de Salisbury: 138. Lavisse (E.) : 79. Jean Sans Peur: 73. Lavra : 61. Jean de Spire: 143. Layard: 169, 191. Jean Van Eyck: 73,160,177, Lebrun: 199. J ehannequin: 138• Lechat : 88. . Jérémie: 191. Lechaf (Defrasse et) : 89- J érôme (saint): 126. Lecoy de la Marche: 76, 77, 124, 139, 158, Jérusalem: 49. Iga, Ig2, 196. Joasaph : 61, 62,94, Lectionnaire d' Uta: 134. Johannes: 36. Leemans: 19 John (chimiste) : 105. Legenda aurea : 41, 69. J orge Inglés (peintre) : 72. Légende dorée (v, Legenda aurea). Josèphe : 126. Leidrade : 191. Juan Alfan (peintre) : 72. Leipzig: 46. . Juan Flamenco: 73. Leiste (Christian) : 46. Juba II (roi) : 183' Leitschuh : 34. Ju-illa.rd,(Raymond) : 14. Lemnos : 190. Jules Romain :' 102. . Lenoncourt (cardinal de) : 17. Juliana Anicia: 125. Lentulus : 63' � Julien (Saint-) 119. : Léon III (empereur) : 22. Julien Capitolin: 126 Léon IV (pape) : 40. Julius Africanus : 33. Léon VII (pape) : 40. Julius Pollux: 149, 150. Léon VIII (pape) : 40. ' Juntes: 143, Léon d'Ostie: 30. Jupiter: 88. 126, 182. Léon le Philosophe: 92. Jupiter Capitolin: 88. - Leprieur (Paul) : .34. Juste (Saint-) : 60. Lepsius: 124. Justiníen: 29,41, 149· Lérins: 131. Lesbos: 15.. . Lesché de Delphes: 15,85,' Lespinasse (et Bonnardot}: 52, 157, K Lessing: 39, 46, .48. . Leucippe: 15. , Lexique de Bar Bahloul : 169, 188, 191, Ka-Rnum-ab-Ahmès : 103' 192. Kemke (J.): 144· 18. Lexique botanique: Kerver: 143. Lexique de la Chrysopée : 180. Ketham (Jean): 159. - Leyde: 74'. K1zitâb-al-Fihrist: 35, 36• Libanius : 20. Khiti jles) : 84. Libérale de Vérone: 79, 138. Khorsabad: 84. Liber de Coloribus faciendis Kiew: : .51, 57, 58, 60, 65.110. ... Kimçhi (David) Kimclii (Joseph) : 187. : 179, 187. Libe�9de Compositíône.alchemiae : 35. Liber diversarum artium.: 24, Kloss: 52. Liber Ignium : 24, 157, 194. 'Kondàkoff: 59, 60. Liber Itlumínistarius v Koulam: 188. 71,78,79,131,136, 137,141,159,175,178, 185, 188, 199, Koutaïs : 60. Liber Sacerdotum : 35, 36, 73,75, Ill, 123, Krantz (Martin): 142. 130, 176, 184. 194 (v, aussi Livre des Krause :.53. . Prêtres). Kunstbûchlin d'Augsbourtf - : 37,80. Liber de Septuaginta Johánnis : 35. • 2_I9 Liber septuaginta praeceptorum : 35 M Libri Eraclii : 39,40,41,42,43, 113. Libro dell' Arte: 51, 159. Mabillon: 40. ¡¡; Libye: 129, _ Macarios de Karès : 61. Ligugé: 131. Maciot (enlumineur) : 76. Lindisfarne: 54, 132• Madone (la) : 119. Lindos: 126. Madrid: 55, 100. Lippi: 70. Maeseyck : 54. Littré : 16, 18. Magdebourg : 30. Liuthard : 54. Mahaut d'Artois: 76. Livre de l'Ame: 184, 194. Mahomet II : 61, Livre des Balances: 191. Maius: 106. Livre de la Coloration des pierres pré- Malabar: 188. cieùses : 176. Malaga: . 35. Livre de Comarius : 184. _ Malepeyre: 80, 165. Livre de la Concentration, 176, 181. Mander (Van) : 177, . Livre de Crates : 77, 164, 180, 184. Manéthou : 14. Livre des Cyran ides : 41. Manget: 13,35,112. Livres de Démocrite: 188. . Manilius : 182. Livre des Daure Chapitres: 41, Mannius (abbé) : 75. Livre dEl-Habib : 184. Mantegna (Andrea) : 169. Livre d'Hénoch: 12. Mantoue: 45, 138, 189. , Livre des Huit Tombeaux: 111. Mantz (Paul) : 54, 55, 157, 158.· Livre de Josué: 125. Manuel de Christophe Ballard: 80. Livre de Kells: 21. Manuel de Denys: 32, 51, 61,62,64,70, Livre des Métiers : 52, 69, 157, 150, 157. (v. aussi Hermeneia et Guide Livre des Morts: 123, 124:. de la peinture). Livre d'or: 127. Manuel Pansélinos (v. Pansélirios). Livre des Pierres: 41. Manuels Raret: 80, 131. Livre des Prêtres: 29, 35 (v, aussi Liber Manuscrit de Bologne: 13, 37, 71, 78, 103, Sacerdotum). 121, 130, 140, 153,159,165,166,168. Livre de Prières de Guillaume de Bavière: 170, 178, 184, 186,188,189,194,195, 143· 196. . Livre des Racines: 187. Manuscrit de Bruxelles: 172, 186. Livre des Soixante-dix: 35, 194. Manuscrits de Heidelberg: np. Livre tiré du Sanctuaire: 111. Manuscrits de Jehan le Bègue: 55, 136, ' Livre du Trésor: 45. 140., 153, 199· Livre de la Vérité: 1-3,42. - Manuscrit de Lucques (v. Anonyme de Livre de la Vertu: 12. Lucques). Lomazzo: 57, 166, 183, 196, 199. Manuscrit Mar'ciana : 188. Lombardie: 52, 54· Manuscrit de Montpellier: 189. Londres: 142, 177.. Manuscrit de Naples: 78, 79,137, 139, 140, 186. Langland (William) : r41, 16�, 1ô6, 170,175,176,178,184, Lopez de Mendoza: 72. 185, 180, 187, 200. 190, 192, 196, 198, Lorenzetti (les) " 99. Manuscrit de Padoue: 131, 17!i, 196. Lorenzo Ghiberti (v, Ghiberti). Manuscrit de Saint-More : 32. Lorenzo Monaco: 119. Manuscrit Sloane nO 4[6 : 159, Lothaire: 133. Manuscrit Sloane nO I754: 71, 78, 153, 159, Louis XIV: 17. 166, 187, 189. Louis d'Anjou : 138. Manuscrit de Strasbourg: 47, 71, 74, 75, Louis l'Enfant: 43, 78. 100, 103, 121, 122, 131, 141,142, Louis d'Orléans : 137, 138. 153, 159, 168, 170,185,187,197,199. Louis de Tarente : 77. Manuscrit de Volpato : 177. Loumyer (G.) : 49, 133· Manzolli (Pier-Angelo) : 43. _ Louvain: J 58. Mappae Clavicula: 11, 22, 24, 25, 26, 27, Louvre: 1015, 137. 28, 36, 43, 48, 58, 75, 83, 92, 109, 110, Louxor: 84. 113, 114, 115, 12:2, 12], 129, 134, 136, Lubbecke : 74. 150, 155, 164, 168,170,172,173,176, Lubeck: 52, 74. 184, 186, 188, 191, 196, 197, 198, 199· Lübegge : 74. Marbode de Rennes: 41. Luc (saint).: 53,68. Marc (Saint-) : 33,60. Luchaire 52. : Marc-Aurèle: 172. Lucien de Samosate: 88. Marcellus: 17. Lucius Hostilius Mancinus: 107. Marcellus Empiricus: 155. Lucius Pomponius Secundus : 18. Marcellus-Palingenius : 43, _ Lucques: 11,101. Marchands de l'eau: 52. Lucrèce: 129. Marciana (v. Bibliothèque Marciana). Ludovic le More: 171. Marco Polo: 167, 173, 179, 187, 188. Ludovico da Forli (Fra) : 169. Marco (couvent de San-) : 138. Luitprand 29, 30, 40• : Marcucci: 197, 199· - Lu»�en animae : 39, 45, 46 Marcus: 17. Luxeuil: 13l, 132. Marcus Graecus : 24, 156, 157, 194· Lycie: 195. Margaritone d'Arezzo: 70, 118, 120. Lydie: 84. Marguerite d'Autriche: 177. Lyon: 43, 191. Markos: 24. Lysippe-: 147. Maria Antiqua (5.-) : 30, 66. •• 220 - Maria del Fiare (Santa-): 138. Minerve: 103. 195. Maria Maddalena (S.-) : 73. Miniato (San-) : 99. Maria Novella (Santa-): 96. Minutoli : 86, 87. 105. Marie (Sainte-) : 30. Miracles de la Vierge: Marie la Prophétesse: 26. 137. Misène: 18. Marmion de Valenciennes (Simon) : Missel d'Albert de Brandebourg: 79. 143, Marmoutiers: 131. Missel de Robert de Jumièges: Marozie : 132. 40. Mohammed ben Yezid : 35, 36. Marseille: 173. Moine de S. Gall: 30. Martenne (et Durand) : Moïse: 13, 182. 44. Martha (J.) : 85· Molinier: 127. 137, 138, 139. Martial: 124, 125, 149. Mommolin : 58. Martin (saint): 131. Monade de Moïse: 13, Martin (F.) : 12. Monnaie: 39, 55. Martin (Henry) : 76, 79. Montalembert: Martin 58, 75,131. (Jean): 17. Mont-Cassin: 30, 132. Martinez (Garcia) : 55. Monte (peintre) : 138. Martino de Rubeis de Mutina: Montone: 172. 57. Masaccio: 66, 70. Montpellier:24, 52. Maspéro: 84, 85. Monreale: 31.60: Mater Matuta (temple'de): 92. Monza: 21. Mathias Corvin: 139. Morelli : 57. Matteo da Colle: 68. Morienus Romanus : 13, 35, 42. Mattheus de Coli: (v, Matteo da Colle). Morienval : 97. Matthias Farinator : 45. Morinie : 58. Maurétanie: 183. Morrona : 98, 151. . Maurice de Philippique: Mortillet (G. et A. de) 22. : 84. Maximien (évêque) : 100. Moscou: 65. . Maximilien: 177. Mottez (Victor) : 67. Maximin le Jeune: 126. Mucien : 195. Maxyes (les) : 183. Müller: 183. Mayence: 142, 143. Munich: 134. Mayence (De): 79, 131, 143, 170, 188. Muñoz (A.) : 23. Mayhoff (C.) : 18, 148. Muratori: 22. Mazois : 106. Murcie: 35. . Médard (Saint-) : 96, 150, 171. Musée Britannique: 34,43.48,52,78, 123, Méditerrannée : 34, 59. 134,135, 159· Meïdoum : 86. �32, Mycenes: 15, 84. Meinwerk : 30, 44, 48. Mélanthius: 165. Mélibée : 129. N Mélos: 165, 166. Memmi ('Filippo) : 119. Namatius (évêque) : 21. 101. Mémoires authentiques: 12. Naples: 60, 77,99. Ménard (Louis) : 14. Narbonne: 187. Mende: ,3. Narsès: 40, 100. Ménechme de Sicyone: 16. National Gallery: 177. Ménestrier: 192. Nauck: 88. Ménologe de Basile II : 68. Naucratis: 149. Ménologe de Siméon le Métaphraste : 60. N autre parisiacœ : 52. Mérimée: 87, 104, 165. Nazaire: 149. Merrifield (M") : 31, 39, 41, 43, 45, 55, 56, Néalcès (peintre) : 107. 57,67,71,73,74,95,100,116,166, Nemours (duc de): 138. 13°,134, 136, 141, 151, 159, 165, 127, Nemrod: 52. 167,168,169,17°,173,177, 178, 183, Nephthys: 104. 185, 186, 187, 188, 189, 195, 196, 197, Néron: 17, 106. 126. 199· Nestor: 60 Mésopotamie: 22,32,34, 155. Neukam (Mathias) : 79. Météorologiques d'Aristote: 183. Neustrie : 58. Métrodore : 124. New-minster: 132. Metz: 134. Newton: 17. Michel (André): 53, 54, 56, 62,65,73,97. Nicandre: 7. Michel-Ange: 80. Nicanor: 147. Michel Blachernite : 60. Niccolo de 'Marsi: 54. Michelino di Vesuccio : 57, 168. Nicée: 110. Michelle Jeune: 60. Nicée (concile de) : 63, 149. Micon (peintre) : 85, 198. Nicéphore (patriarche) : 149. Middleton: 76, 126, 144. Nicéphore Blemmidès : 111. Midi: 52. Nicéphore Calliste: 68. Migne: 12, 144. Nicéphore Phocas : 29, 30,.61. Milan: 21, �S, 56,119. Nicias: 88, 126. Milan (concile de) : 63. Nicobares (iles) : 187. Milanesi : 67. Nicolas (S.-) : 66. Millet (Gabriel) : 62, 65. Nicolas le Florentin: 72. Minaeus : 60. Nicolas de Myre (saint) : 127. Minden: 74. Nicolas Oresme (v. Oresme). 221 Nicomaque: 165, Igl. Paolo Uccello: 66, 70. Nicomédie: 172. Papias (grammairien) : 131, 144, 150. Nicore: 154. Papyri Graeci : 19. Niedermünster : 134. Papyrus V de Leyde: 176. Nil (saint) : 63. Papyrus X de Leyde: 11, 19. 20, 24, 25, Nîmes: 52, l8g. 26, 27, 42, 48, 1°3, 108, 109, 110, 123, Nisibe r 33. 126,127,128,129,155,164, 193, 195. Nocueran(île de) : 187. Paracelse: 74. Nolhac (P. de) : 125. Paris: 25, 34, 39,43,54,56,57,76, 142, 157· Nomenclature de l'Œuf: Ill. Paris(P.): 124. Normandie: 97. Parsifal: 41. Notker: 181. Pascal II (pape) : 66. Numa: 19. Pas-de-Calais: 58. Nuremberg: 106, 143, 173 Passau: 30. Passavant: 159. Paul (apôtre) : 63. o Paul t cloître de Saint-) : 40. Paul Diacre: 21. Paul Eginète : 22, 155. Occident: 7, 22, 27, 29. 30, 31, 32, 33, 35, Paulus (jurisconsulte): 149. 41,51,60,63,65,91,95,110,111,112, Paulus Paulirinus : 144. 113,127,129,13°,131, 145, 149. 150, Paul Warnefrid : 22. 178. Paul le Xéropotamite : 61. Odbert: 58. Oderisi de Gubbio: 77. Pausanias: 85, 182. Oderisius de Bénévent: 31. Pausias de Sicyone: 147, Pavie: 57. Odoacre: 21. Odofredus, 76. Pays-Bas: 13, Odon de Cluny (saint) : Pébechius : 34. 40. Peisianax (portique de) : 85. Olga (reine) ; 65. Pélage: 36. Olympie: 88. Olympiodore: 13.14, 171,180. Pélage II (pape) : 21, 100. Omer (Saint-) : 58. Pentapole : 52. Onomasticon: 149. 150. Pentateuque Ashburnham: 181. OnophriusPanvinus : 66. Pentateuque de Tours: 21. Orcagna: 97. Pépin le Bref: 58. Oresme (Nicolas): 137. Pergame: 154. Oribase: 35. 155· Périple d'Arrien: 172. Pérouse: 138. Orient: 7, 28, 30, 33, 47. 63, 92, 103, 110, 111,112, ISO, 195, Perpétuus (saint) : 21. Perrault (Claude): 17· Origines (livre des): 92, lla, 177, 190, 195. Perrot: Orléans: 33, 44· 86, 87, 104,124, Psalter: 137. Perrot (et Chipiez) : 86,87' Ormesby Perse: 84, 112. Orase de Laon (ms.): 21. Orsini (Baldassare): 171, 172. Pertz : 44.48.76. 144· Orviéto : 99. Pérugin (le) : 171, 183. Osiris: 104. Peruzzi (chapelle): 97. Osirtasen : 1°4. Pescaire: 66. Ostanès: 13,34,36,41. Pétasius : 41. Othon 1er: 30, 40. Peterborough: 130. Pétrone: 43, 107. Othon II : 47, Othon de Petronio (S.-) : 57. Bamberg: 44. Petrus Comestor ; 144 . . Ouspenski (Porphyre) : 110. Phénicie: Ovide: 128, 149. 11,84,175. Philander: 17. Oxford: 137, Philippe II (roi) : 192. Philippe le Bel: 54, 55· p Philippe le Bon: 73. Philippe le Hardi (duc) : 69, 158. Philippe le Long: 157. Pacheco: 183' Philippe de Thaon: 45. Paderborn: 30, 48, 49. Philipps (Th.): 25. Padoue: 67. 68, 169. Philon:' 14. 16. Paie, (temple de la) : 106. Philosophe Anonyme (le): 26, 32, 112. Palatin: 85. Philosophe Chrétien (le) : 33, 112. Paléologue (Michel) : 60. Philostrate : 165. Paléologues (les) : 29,61. Phiménas le Saïte: 164. Palerme: 60. Photius: 12, 112, 155. Palestine: 49. Phrygie : 1 24. Palomino: 183, 197. Phtah: Ill. Pamphile (peintre) : 106,147. Physiologue (le) : 189. Panainos : 85, 89, 105. 195, Picardie: 53. Panckoucke: 18. Piémont: 199. Pannartz : 143. 'Piero della Francesca: 66. Panopolis: 12. Pierre (apôtre) : ,63, 119. 127. Pansélinos: 62, 64. 65. Pierre (Saint-) : 101. Pantaléon: 60. Pierre III (roi d'Aragon) : 43. 222 - Pierre de S. Audomar 39, 5 I, 57, 58, 59; : Psautier de S. Germain: 127. Psautier d' Hermann de Thuringe : 31. 75,76,78,115,123,135,136,140,153, Psautier de Peterborough. :-130. 155,156, 170, 175, 176, 178, 179, 180, 182, 184, 187, 189, 190, 192, 193, 195, Pseudo-Aristote: 13, 35, 181� 199, 200. Pseudo-Démocrite: 13, 23, 24,32, 34, 103, Pierre de Bruxelles: 56, 157, 112,127, 155,186. Pierre de Cluny: 144. Pseudo-Esdras: 34. Pierre de Hautvilliers : 130. Pseudo-Héraclius : 25, 39, 59, 103, 130, Pierre de Medici: 99. 153. 179, J97· Pierre de Navarre :_69. Pseudo-Moïse: 26, 32. Pierre de Vérone: 56. Pseudo-Sidrach : 45. Pietro (rue S.-) : 68. Pseudo-Turpin: 95. Pietro di Lianori : 73. Psychomachie (de Prudence) - : 7. Pigouchet 143. : Ptolémée: 35. Pinacothèque des Propylées: 15. ptolémée Philadelphe: 126. Pindare: J 26. Ptolémées (les) : 149. Pinerolo : 158. Pulchérie: 6 I. Pino (Paolo) : 168. Pyrénées: 73. Piraeïcus le Rhyparographe: 107. Pythagore : 26. Pirée (le): 180. Pythiques (jeux) : 105. Pisano-(Vittore) : 70.' Pise: 44, 150. Placidie : 100. Q Plantin: 143. Platon: 12, 15,88. de Pline: 7. 11. 16. 1,,/, 18, 19,24,37,42,43, Quatremère Quincy : 17, Quattro-cento : 70. 64, 77, 83, 88, 89, 92, 100, 10;1, 105, Quedlimburg: 47. 166,107,108,114,121, 124, 128, 1'17, Quentin-Bauchard: 143. 147,148,153,154, 163.164, 165, 166, - Questions naturelles et_ mystérieuses: 129. 167,169,172,173, l7S, 177, 179, 180, 186. ' J81, 182, 183, 185, 188, 189, 190, 191, Quiriace (Saint-) : 97. . 193, 195, 196, 197, 198, 199· Pline leJeune: 18. Plutarque: 88, 104, 107. R Pod linnik : 5 I, 65. Poecile d'Athènes: 15,85,89. Poitiers: 13, Rabula: 34. �4, 137. - Polio (v, PollIO). Raccolti di Secreti : 165. Politiques (d'Aristote) : 137. Ragnemod : 33. -Pol deLimbourg - : 138. Rainaldus : 44. Pollio: 17. Ramesseum (le) : 84. Pollion 18. : Ramsès II : 84. 'Polycrate de Samos: 124. Rangabé (Michel) : 61. Potycraticon (le) : 138. Raoul de Presles: 137, Polygnote : 85, 89, 147, 198. Raponde : 56. Pompée: 17. Raspe: 39,40,46,48. Pompéi: 18,85, 106, 125, 171. Rational (de Guillaume Durand): 137. Pont (le) : 190, 192. Ratisbonne: 30, 53,54, 133, 134· Pont-de-l'Arche: 157. Ravello: 31. -Pontien (cimetière de) ; 91. Ravenne: 52. Ponz (abbé) : 100. Raymond Lulle: 43. Porphyre; 32. Reeistrum Gregorii : 47· Portique Royal: 126. .Reichenau : 47, 134· Portugal: 73. Reims: 44, 132.­ Porzello (Alberto) : 55. Reinach (S.) : 84. Pouzzoles : 171. Reliquiœ Antiquœ : 130. Prague: 53. Rémi (Saint-): 132. Pratique de Justinien: 11 I. Renaissance: 17, 18, 27. 70, 79, 83,90,98, Praxibule : 182. 102, 145, 157, 163, r67, 193. -Praxitèle: 88, 147. Renan: 33. , Prémontrés: 134. Renaud deCrémone: 3S,_194. -Prisse d'Avennes: 86, 87, 104. "- René (roi): 138, -158. Probus: 33. Renilde : 54. Procédés de :Jamblique: 32. Reuchlin: 12. Proclus : 13, Reuvens: 13- Procope i 110, 149. Rhasès: 13, 37,49. l64;J93' - Propriétaire des Choses (le) : 45, 138. Rhizotome: 18 Propylées (les) : 88. Rhodes: 106, 108, .164. Protogène r 103, 105, 106. Ricca (Donna) : 68. Provins: 97. Richard de Cirencester : 129. Prudence: 7, I49· Richard de Fournival: 45. Prudence (ms. de); 181. Richard de Verdun: 76. - Prusse ': 74. Riffault : 80, 165. � Ps-alterium Aureum: 127. Riom: 54. Psaumes (les) : 181. Rituels funéraires: 124. Psautier de Charles le Chauve: 133. Rizzuti: 54. 223 - Robert(roi) : 44. Segreti per Colori: 71, 140(V. aussi Manu- Rockinger(Ludwig): 78, 131, 144· scrit de Bologne). Roger Bacon: 35, 112. Seigneur des Hébreux: 13. Roger (de Reims) : 44. Sélinonte: 89. 166. Rogerius d'Amalfi : 3 I.• Semper: 88. Rogkerus : 48. Sénèque: 124. Romàin II 65. : 47, Senior Zadith : 24. Romain (Jules) (v" Jules Romain). Sens: 91. Romains: 39, 83, i oo, 14.'), 172, 179, 182. Sententiarum receptarum tibri : 149· Romano(maison de): 68. Sépulcre (Saint-) 49. : Romanos II (v. Romain 1I).l Sergius de Resaïna : 33. Rome: 17, 18, 39, 40, 53, 19, 21, 30, Séverin(Saint-) : 56. 54, 92, 103, 106, 107, lla, 123, 124, Shakespeare: 186. 132, 143, 148, 163,166, 179. 180, 182, Sicile :'43, 59. 60, 195- 183. Sicyone: 106. Roselli (Francesco) : 138. Sidon: 33. Rossi da Modena (Giovanni) : 57. Sienne: 53, 66, 68, 98, 99, 138, 169. Rouen: 52, 101. Sigurd: 29. Rovigo: lSI. Silène: 16. Rubayât: 148. Silvestro (Don) : 138. Rubleff (peintre) : 65. Siméon Blachernite : 60. Rufach: lip. Siméon le Métaphraste: 135. Rugerus: 48 Simler (Josias) :. 45. Rumohr: 159. Simone di Martino: 99. Ruricius de Limoges: 21, 91. Simon de Hesdin: 138. Russie: 51, 65. Sinaï: lia. Sinope: 190, 191. Sintramn de S. Gall: 50. 54. s Sisapon : 183. Sismondi: 40, 52. Sithiu: 58. Sabaoth : 13. Skyros : 8"5. Sabatier: 65. Smyrne : 177. SaccoŒietro} 56. de Londres: 25. ; Sacramentaire de Dragon: 127, 133 So<;iété arc.hé�l�gique SOIxante-dix .. épîtres de Zosime: 35. Sacramentaire de Gellone: 21. Sophé I'Egyptient 13,42. Sacra Catino: 175. Sosandros : 62. Saewulf : 49. Souphis : 42. Sagrario (chapelle du) 72. : Speculum majus : 19. lil5." Sainte-Chapelle (v. Chapelle). Speculum naturale: 37, 181,192. Saint Livre (le) : 13. Spezia: 160. Salazaro : 77. 'Spinello Spinelli: 99. Salerne: 60. Statuts de l'Ordre du St Esprit: 77. . Salisbury (comte de) Stavelot: 134. . : 137. Salomon: 13,52,69. Stéphanus (alchimiste) : 42. Salonique: 62. Stéphanus: 128. 'Salvatore(S.-) 71, 169. : Steyner (Heinrich) : 37. Salvien de Marseille: 33. Stinchi (les) : 68. Salzbourg :.47. . Stockholm: 127. Samarcande: 35. Stoglaff: 5 I, 62, 65. Santillan: 72. Strasbourg: 78. 142. . Saqqarah: 86. Stratonicus : 154. Saragosse: 35. Straub (A.) : 4S. Sargon (palais de) : 84. Stromates : 20. Sarrasins : 40. Strozzi (chapelle) : 97. Sassanides : 3"3. � Strozzi (Zanobi) : 138. Saturnin (Saint-) : lOI. Stzrygowski : 34. Satyrus : 154. Sud-Ouest: 47. Saxe: 47. Suétone: 126. Schafer :-61. _ Suger: 44. Schedula (Theophili) : 23, �S, 32, 3n, 37, Suidas: 12, IS, 21,112. 39, 40,43,.45,46, 47,48,49. 57, 58,83, -Sulpitius: 17. 95,96,97,99,103,113,114, liS, 116, Summa du Pseudo-Géber (la) : 184. 118, 12!, 123,130, 134,135,136, 140, Suse: 84. ISS, 156, 164,171, 176, 182,184,189," Suzanne (Jean) : 137. Sviatoslav: . 192, 196. 6S' Schlestadt; 25, 26, 27, 169. Swarzenski (G.): 134. Schlumberger r 29,30.61. Sweynheim: 143. Schnaase: 1-58. Sy (Jean de) : 137. Scipion (L.) : 107.' Sylvestre (pape) : 63. � Scipion l'Africain: 107. Symmaque: 110. Scipion Emilien: 107. SynceUe (Georges Ie) : 12,33. Scuola della Carita-s 168. Synésius: 13,89, 164. 181. Scuola de Venise: 53. Syrie: Il, 23. :19, 32, 33, 34, 112, 129, Scythie: 167, 197, 199, " -93· Secreti: 43. Syriens: 7, 33, 34, 123, 127, 128. J I 224 Tractatus de Coloribus Illuminatorum T (v. Manuscrit Sloane nO 1754). Trade-guilds: 52. Table des Synonymes: 57, '95, 165, 166, Traité d'alchimie syriaque: 34. 172, 186, 187, 189, 192, 194, 195, 196, Traité sur l' Art divin; 15· 198. Traité sur l'Art sacré: 171• Tabula chimica : 24. , Traité de Bubacar : 176, 184. Tabula de Vocabulis Sinonimis : (v. Table Traité de Démocrite: 23, des Synonymes). Traité sur l'Eau divine: 33. Taddeo (peintre): 67,117' Traité de Mignature (de Christophe Bal- Taddeo di Bartolo: 99' lard): 186. Tafi (Andrea): 66. Traité sur I'Œuf philosophique : Ill. Tagliacozzo : 65. Traité dOrfèvrerie : 32,61,65,127. Tambroni : 67, 6g, 140. Traité des Simples: 18. Tarquin l'Ancien: 182. Traité de Zosime: 199. -Tartarie : 167. Traités démocritains : 123. 129, 164, 171', Tatien: 12. 184,191. Tegernsee (monastèrede) : 78, 141. Trajan: 6g. Tertullien: 12, 110, 149. Tr attato (de Ceninno Cennini): 59, 67. 68, Thalès: 32. 69,7°,71,73,97,98,99, 103, 116, 117, Theatrum chemicum : 26, 35. 118, 120, 121,136,14°,154,159, 166, Thèbes: 19, 26. 86, 108, lOg. 177, 178,'188,191, 192, 194, 195, 199· Théoctonicos (pierre) : 180, 194. Trawinski : 60. Théodelinde : 21. Trecento : 99. Théodora: 4P, Très Belles Heures (les): 138• Théodore (artisan) : 57. Très Riches Heures (les) : 138. Théodore 1er (pape) : 100. Treu (G.) : 88. Théodose: 19, 149, 155. Trèves: 47, 133,134· Théodose III : 127. Trieste: 60. Théodotus: 177. Trinity College: 39, 46, 48. Théodulfe : 22. Trismégiste (Hermès) : 14. Théophane: 65. Troja: 31. Théophano: 47. Trond (Saint-) : 54· ' Théophile(le moine): 23,25,31,32,37,39, Trosly (synode de) : 44. 44, 45, 46, 47, 48, 49, 59, 75, 95, 97, Troussevache (rue) 76. : Turba philosophorum : 35, 42• 100,101,113, 114, 121, 134,135,136, 140, 141, 142, 150, 153, 156, 164, 169; Turianus: 182. Tutilo : 48, 76. 171, 176,179,182,184, 189, '19°,192, 196,200. -, Typhon: 88. -. Théophraste: Il, 15, 16, 24, 35, 164, 167, Tyr: 33, 128, 175·_ 171,179,182. Théopistis : 6g. Théosébie : 12. u Thérapon : 62. Thermes d'Agrippa: 148. Uccello (Paolo) (v. Paolo Uccello.) Thérouanne: 58. Uffizi (galerie des) : 67. Thésée: 85. Umdet-el-Kuttâb : 36, 173, 187. Theseion (le) : 88, Uota de Niedermünster : 47· Thessalonique: 62. Thièmo de Salzbourg: 44. v Thierry (Aug.) : 52. Thomas d'Aquin (saint) : 68. Thoth: 14, 104. Valence: 73. Thoutmosis III (Annales de) : Valenciennes: 138. 170. Thuringe: 30. Valentin Boltz (v. Boltz). (Paolo) Valère-Maxime: 138. T�b:;ldi : 57. Valerius Antias: 19. 42, 52, 182. 'I'ibère : Tibère Constantin: 30. Valerius Messala: 107, Tieffenthal U ean) : 169. Valois: 15. Van Eyck (les) (v. Eyck). Timagène: 183. Van Mander (v. Mander). Timagoras de Corinthe: 105. Timanthe : Varron: 19, 107, 124· 105. Tirynthe: 15,84, Vasari: 53,66,67,.68, 79, 98,99, 100,1°3, Tite-Live: 137. 116,117,118,120,121,138, 140, 160, Titidius Labeo : 107. 183. Titus: 18. Vatican: 68. Titus (bains de) : 166. Vaticane (v. Bibliothèque Vaticane). Todtenbucb : 124. Vatopédi: 61. Tolède: 35, 72, Vaudetar (Jean) : 138. Topographie de Constantinople: 29. Vaudreuil: 157. Torgau: 53. Venance(Saint-): 3°,101. Totila: 21. Venance Fortunat : 101. Toulouse: 52. Vendée: 150. Tournai: 158. Venise: 13, 17,18,51,53,57,59,60, 143, Tours: 44, 54, 144· 168, 172. 186, Toussaint: 80, 165. Vénitiens: 68. Vénus: 176. Way (A.) : 25. 27. 92. Vérard (Antoine): 143. Wearemouth: 110, 132. Vergnaud : 80, 165. Wecker: 43. Vérone: 18, 56. '79. Westminster: 133, 158. Verrius: 182. Westphalie: 47. Vesta (temple de): 92. 'Westwood: 127, 132. Vestorius: 171. Wiesengebirge : 74. Vésuve: 18. Wiking de Prum : 50. " Vetus: 18. Wilfrid: 127. Victor III (pape): 30. Wilkinson: 26, 87. 1°4. 124, 165.172. Vie de Basile le Macédonien: 29. William Caxton (v. Caxton). Vieilles-Boutiques: 107. Willibald: 49. Viel-Castel (Oe Horace de) : 77. Willigis de Mayence: 48. Vienne: 49. . Wilson (H. A.): 132. Vierge (la): 63, 68. 99, 119. Winchester: 132. .. Vigénère (Blaise de) : 19. Wino: 49. Villard de Honnecourt: 54. Wladimir 1er: 65. Villehardouin '( Geoffroi de) : 30. Wolfenbüttel: 46. Vincent (Saint-) : lOI. Wolfram von Eschenbach: 41. Vincent de Beauvais: 16, 19, 35. 37, 173, Wright (et Halliwell): 130. 144. - 181, 185, 189. 192. Wuillaume du Gardin: 158. Vinci(Leonard de) : 75. 196. Wulff 171, (F.) : 95. Viollet-le-Duc: 97. Virgile: 124. Virgile (ms. de Florence): 181. x Virgile(dela Vaticane):123, 125. 126. Vital (pape): 132. Xenaias d'Hiérapolis: 22. Vitruve: 7. II. 16, 17. 26, 64. 83. 89, 42, Xénocrate: 16, 32. 9°,91,92.100.1°4.108.110.128,154, Xénophane: 77. 164,165.167.171.172.173. 175. 177. Xérès: 35. • 178• 193. 196• 197.198• Xéropotamou : 61. Vittore Pisano (v. Pisano). Vívaldo Belcazer : 45. 189. Vivarino di Murano (Aloese): 168. y Vivien (comte) : 132. Volpato: 177. 197. York: 127, Voragine (v. Jacques de Voragine). Yousouf }eifaschy : 167. Vosges: 131. Vostre (Simon): 142• 143. z w Zagba: 34. Waagen : 159. Zanetti: 53. Walbert de Luxueil : 58. Zeller: 40. Walpole: 158. Zeus: 88. Wandregisile: 132. Zeuxis : 105 Wandrille (Saint-) : 132. Ziraldi (Guglielmo) : 138. Warnefrid (v. Paul Warnefrid). Zodiac us vitœ : 43. Warner: 132, 134. 168. Zoroastre: 13. 42. Wattenbach: 126. 127,129, 13°.132.144, Zosime: 12. 13. 24, 26. 32, 34, 127. 1')6, 181. 185. ' 164, 170. 183. 199. Wauters: 53, 56. Zünfte : 52. I ¡ • TABLE DES MATIÈRES INTRODUCTION PREMIÈRE PARTIE - � Les traités techniques; leur filiation et leur histoire. ,. CHAPITRE I 1\ • Les origines légendaires et les premiers auteurs. Association de primitifs. _ Existence probable de documents techniques - Les traditions secrètes. d'idées - connaissances positives et mystiques. - . . Ecrits légendaires de l'Égypte. Le IIepl AWwv de Théophraste. - Traités - de la Grèce Le De Architectura de Vitruve. - techniques antique. - Le- Papyrus X de Leyde. -:- Lacune Ouvrages de Dioscoride et de Pline. - dans la série des écrits techniques; ses causes. Survivance de la peintùre à - Le manuscrit de Provenance et filiation de l'époque barbare. Lucques. - - formules. La Clavicula. Analyse dece manuel. ses - Mappae - CHAPITRE II -, et arabes. Les influences byzantines, syriennes Les arts à. Constantinople. Rapports entre l'orient grec et l'occident - Traces d'influences gr_ecques chez les techniciens occidentaux. Un - latin. - _ Civilisation et culture de la formulaire industriel et alchimique- byzantin. - Contact avec l'Europe occidentale. Traité d'alchimie syriaque. Syrie. - - - Assimilation de la science syrienne par les Arabes. Sa transmission en - Occident. Le Livre des Prêtres. - Influences arabes dans les formulaires - ' occidentaux. -CHAPITRE III Les grands formulaires de l'époque romane. Les Libri Eraclii et l'encyclopédie du moine Théophile. Les livres d'Héraclius sur les 'arts des Romains. Date probable des­ - Etat .socíal de Rome au Xe'siècle. Attribution apo­ - livres métriques. - Le troisième livre du Pseudo-Héraclius. - des Libri Eraclii. cryphe - Le mouvement artistique en Allemagne Analyse du contenu.de l'ouvrage. - au XIe siècle. Le traité du moine Théophile et le Lumen animae. - Contenu - de la Schedula Points de contact avec les écrits orientaux et Théophili. - latins. - Identitéde l'auteur. - L'Anonymus Bernensis. 227- - CHAPlTRE IV )J Les sources techniques de la seconde moitié du moyen âge. La collection de J ehan le Bègue, les traditions athonites et le recueil de Cennino. - Évolution de l'état social Les - les communes, corporations de métiers et les associations d'artistes. Indépendance de l'artiste laïc. Un àmateur - - technicien du XIVe siècle: Jean Alcherius. Voyages d'Alcherius et forma­ - tion de son recueil. Les manuscrits de J ehan le Bègue. - Lé Liber de Colo­ - ribus faciendis de Pierre de S. Audomar. :- Le monastère de Saint-Bertin. - Attaches de ces écrits avec les textes antérieurs. Le second âge d'or de l'art à Diffusion des modèles grecs. -:­ Byzance. - Survivance en Occident, après le de Constantinople en 1204, des traditions sac techniques byzantines. Les laures athonites. - L'Hermeneia dionysien - - Incertitude de la date de sa rédaction Ancienneté des préceptes primitive. - techniques de ce recueil. Analyse du manuel de Denys. - Les influences - grecques en Russie. Le Podlinnik et le Stoglaff. - L'art pré-giottesque Italie. La en peinture a tempera et les, méthodes - grecques. - Le peintre Cennino Cennini et le Libro dell'Arte. tion de cet - Composi- ouvrage, - Influences byzantines. - , • CHAPITRE V 7/· ' Les recueils mineurs au déclin de la période médiévale. -Le manuscrit de Bologne. ::__ Les instructions de maître Tolède. Jacques de Articles divers de ce formulaire; traces d'éléments - Le manuscrit de Strasbourg alchimiques. - Sa subdivision. d'un Hypothèse document - -., prototype. . _' Traités techniques consacrés à la peinture et à l'ornementation des manuscrits. +: Le « miniateur )) monastique du haut moyen âge. Dévelop- - • • pement de la bibliophilie au XIIIe siècle; enlumineurs laïcs, Le De Arte - Ilhrmínandi. Analyse de ce manuel. - Recueils divers : le manuscrit - Sloane, le Liber Illuministarius. Association des arts du - et de peintre ' l'enlumineur. - Conclusion. " . . ' . . ,- .. SECONDE PARTIE �'1. _ Les origines et l'évolution ydes procédés de la peinture médi.évale. AVANT - PROPOS CHAPITRE I La peinture murale. Peintures murales préhistoriques. Décor mural égyptien, chaldéen et - perse. La fresque chez les Grecs, les Etrusques et les Romains. - Variété, - des systèmes techniques. Procédés égyptiens. - Les peintures de Cnosse. - J - La polychromie dans l'architecture et la glyptique grecques. Incerti­ - tude relative aux méthodes des artistes hellènes. La peinture murale - romaine. Témoignages de Vitruve et de Pline. __:: Dégénérescence des - procédés antiques à l'époque barbare. Les textes de l'Anonyme. de - Lucques - 228- Formation d'une technique byzantine. Textes Clavicula. - et de la Mappœ _ Le système de la Schedula Theophili. Déchéance de la _ de l'Hermeneia, _ murale résultant de l'extension de l'architecture gothique. Sa _ peinture Modifications persistance en Italie. La méthode de Cennino. - apportées - Ecrits d'Alberti et de Guevara. _ aux procédés byzantins primitifs. Résumé des données précédentes. CHAPITRE II (/) ") et les connexes. La peinture « a tempera » proc�dés dans Subdivisions de cet" ordre de peintures. _ La peinture sur panneau N ature deIa technique l'Egypte ancienne. Sarcophages polychromés. _ - Le de Protogène. Les peintures Ialysus - employée. Œuvres - grecques. _ portatives à Rome. Les rapports de - Pline. Recettes du Papyrus de _ Leyde.et de l'Anonyme de Lucques, La vogue du tableau portatif pendant _ le haut moyen âge. Les recherches alchimiques. _ L'œuf, image de l'œuvre - Transmission des formules alchimiques de l'Orient. Un - philosophique. - article du Pseudo-Démocrite. Les indications du Pseudo-Héraclius, de la _ Schedula Theophili et de l'Hermeneia athonite. La peinture en détrempe _ de J ehan le Les instructions de Cennino. - dans les manuscrits Bègue. - Attestations de Vasari. _ Leurs analogies avec les méthodes byzantines. _ du _:_ Articles des manuscrits de Bologne et' Analyse des procédés Trattato. de Strasbourg. CHAPITRE III La peinture des manuscrits. 113- Le techniques de la miniature à travers les âges. _ Unité des procédés Le livre dans la Grèce antique et à Rome. _ Livre des. Morts. peint _ de l'Empire. Le Virgile de la Vaticane. temps - Manuscrits des derniers - Formules de chrysographie du Papyrus de Facture de ses miniatures. _ moyen âge. Son emploi dans et _ Leyde. _ L'écriture en or l'antiquité au les Recettes des manuscrits alchi­ et les Arabes. par les Byzantins, Syriens _ Association de la chrysographie et du parche­ miques grecs et syriaques. _ Un article des Traités Démo­ min pourpré. La pourpre des anciens. _ _ Liber­ critains. Textes du manuscrit de Lucques, de la Clavicula, du - Sacerdotum, etc. Abandon - de ces procédés; leur survivance dans graduel les formulaires. La miniature Peinture des manuscrits à l'époque mérovingienne. - Bernensis. La L'Anonymus _ angle-saxonne. Les écoles - carolingiennes. _ Le traité de Pierre de S. Audomar. - miniature allemande et la Schedula. _ Nouvelle technique de la dorure. L'âge d'or du livre miniaturé; biblio­ _ Le De Arte Illuminandi. Les traités de Cennino, philes et enlumineurs. - - de Le etc. L'Illuminierbuch de Valentin Boltz. '_ Décadence et Bègue, _ extinction de la peinture appliquée au livre. CHAPITRE IV La peinture à la cire. Diversité des Légendes relatives à l'invention de la peinture à la cire. _ Les textes de Pline. L'encaustique appliquée à l'archi­ procédés employés. - - tecture. Les portraits hellénistiques du Fayoum. - La peinture à la cire _ citée par les auteurs byzantins. Son déclin graduel et sa disparition des - manuels techniques. 'o lO .. 229- - CHAPITRE V, La peinture à- l'huile. Vernis des sarcophages polychromes égyptiens. L'invention d'Apelles de - Colophon. Mentions de Dioscoride, de Pline et de Galien. - Emploi de - I'huile dans la peinture murale romaine .._ Le De Re Medica d' - Aétius: . ,- Les recettes du manuscrit de Lucques x=- Indicaticnsfoumies par le Pseudo­ Héraclius, le moine- Théophile, Pierre.dè S. Audomar, etc. Textes -attes-' - tant l'emploi de l'huile dans la peinture médiévale. Les données des - .. manuscrits Sloane et de Strasbourg, de Le.Bègue et de Bologne. La légende - vasarienne de la-découverte de Jean-de Bruges. Les perfectionneinentsdéfi- - nitifs dus aux Van Eyck. - . ., . . '1. • . . - TROISIÈME- _PARTIE .... -: .. . � Matières colorantes utilisées en peinturé .< du .::' âge. .. au cours Il10yen . ... . . ." .. ... '" .. ,. • .. .. CHAPITRE I Couleu-rs blanches. . La céruse. Sa'fabrication d'après les auteurs antiques. �-Le -rsimithin; � - *' Le blanc de plomb da�.§ les écrits alchimiques. - - Procédés ete -rnanufac- ture dans les manuels techniques médiévaux. - ... " Le blanc decraie, de chaux, etc. Le blanc égyptien. --Le paraeto­ - .' "' __ ......;. Analyses de Autres mum . Davy. - substances blanches._ .:» -_ _' • �. . �- CHAPITRE II. Couleùrs bleues. JO Le bleu de Lapis Bleu artificiel et naturel de Théophraste. .. - Le lapis - ,- __ cité par Ibn etc.':_ L'outremer estimé par les peintres--- Son Hauqâl, . - Son emploi indiqué dans les contrats. _prix - . ... Sa manufacture. Mentions .des . - - auteurs alchimiques. -a Le. bleu de cuivre. Les minerais bleus de Pline. L'azzurro della - - .. magna de Cennino. -: Stipulations d'emploi. Autres bleus de cuivre artifi­ - ciels., Extraction d'un produit azuré de l'argent. - Son origine alchimique - ���. - Bleu-d'émail. :_ Le chesbet égyptiea. La fritte d'Alexandrie ou bleu - � vestorien. Analyses diverses. Réapparition du bleu d'émail à l'époque - - - de la Renaissance. Les bleus 'Végétaux. - Teintes bleues végétales mentionnées par Vitruve, Pline, etc. - L'indigo dans l'antiquité-et au -moyen âge. La guède.- -r-r- CHAPITRE III. Couleurs vertes. .. �� Le vert de-cuivre. Les verres colorés; la colonne d'émeraude d'Héro- - dote. L'aerugo et le iarin. - Le vert de cuivre chez les alchimistes. - _ - Recettes diverses. Sa conservation. ---- I I :¡3o - , : . • � L'orobitis et le théodotion, La terre verte. - - Le prasin. - Pratiques de Pierre de S. Audomar et de Cenníno.: • .' Verts végétaux. Leur usage eh miniature. - - Articles du manuscrit de Naples du Liber Illuministarius, etc. CHAPITRE IV. Couleurs rouges . • Le minium. Différentes substances désignées sous cevocable, Le - minium dans les traités hermétiques. -' Rubriques des manuscrits. - Formules relatives à sa fabrication. _ Le cinabre. Récit de Théophraste. -.Son caractère symbolique chez - .. les Romains. Son importation à Rome, son prix et ses falsifications. -; - Fabrication artificielle du vermillon au moyen âge; recettes des écrits alchi­ miques et des traités Substitution du vermillon' au minium techniques, - dans les rubriques des manuscrits. Le kermès. Différentes appellations de cette substance. - - Son emploi en teinture. Les « pezzette )J. - Le rouge de garance. - Sa désignation dans divers formulaires. - La • mention de J ehan le Bègue . Signalement par le rabbin Kimchi, . _ Le rouge de brésil . ...:::. de ce 'produit le Pseudo-Héraclius, etc. - La relation de Marco Polo. Le sang-dragon. - La légende de Pline. - Emploi et altérabilité. - .. Survie de la fable de Pline au moyen âge . .... ... .. .."", .;� . Le folium. - Ses trois variétés. - Origine de son nom. - Le folium . .. d'Isidore de Séville. L'ocre rouge. La sinopis et le miltos. - - Sa présence dans les recueils ti Théophile, de Pierre de I • d'alchimie. Mentions diverses du moine - • . S. Audomar, etc . • CHAPITRE V. Couleurs jaunes. L'orpiment. - description par Pline Sa et Dioscoride. Les termes - • ,#. dans les traités « arsenic » et « orpiment Il. -. Fréquence de apparition son hermétiques. « Arzicon » et « Arzica n. - Succédanés de l'orpiment - . • Le jaune de safran, Culture du safran dans l'antiquité. Passages de . - - Bernensis et de Pierre de S. Audomar. Emploi du safran dans I'Anonymus - la peinture des manuscrits. Autres produits jaunes utilisés au moyen âge - et à la Renaissance. CHAPITRE VI. Couleurs brunes et noires. . � .. . ' .. . Couleurs brunes. Leur usage restreint. Le « brunus )J du Pseudo­ - - . . Héraclius et de Le Bègue. Le morellus. Les bruns de bitume dans les - - ... ... . écrits postérieurs. Les noirs de fumée, d'os, Divers noirs énumérés par de vigne, etc. - Vitruve et Pline. - Textes de Jehan le Bègue. Le noir de Scythie. - - Autres produits cités par Cennino, Le Bègue et les auteurs des XVIe et .. XVIIe siècles . Conclusion . .... If PitJ ()� -J2,) )q�'t .Ios 5""""---_��.�-��=�-.� INSTiTUT l' 1 AMATLLER ¡¡1'.rJ:··::',t ¡-D_'A_RT_,f-l_.iS-.PÀN_IC_�ry" ..... ID. alB: A